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Du Pain et des Roses

VIOLENCE DE GENRE

Féminicide : une femme brûlée vive par son compagnon à Mérignac

Ce mardi, vers 18h30, dans une rue de Mérignac en Gironde, un homme a tiré dans les jambes de sa compagne, une femme âgée de 31 ans et mère de trois enfants, puis l’a aspergée d’essence et l’a brûlée vive. Un féminicide dramatique qui constitue le 39ème de l’année.

mercredi 5 mai

Une enquête a été ouverte suite au meurtre d’une femme de 31 ans à Mérignac, blessée par balles par son compagnon, puis immolée par le feu par ce dernier. Selon Midi Libre, l’homme aurait fait sortir sa femme de leur pavillon en y démarrant un feu. Dans un communiqué du parquet de Bordeaux relayé par France Bleu, il est dit que « deux témoins ont vu une femme tomber au sol sur la voie publique, touchée aux cuisses, manifestement poursuivie par un homme. Alors que la victime était au sol, l’individu a pris un bidon dans une camionnette stationnée à proximité, a aspergé la femme d’un liquide et l’a immolée par le feu ». Une cellule psychologique a été mise en place pour les témoins, ayant assisté à ce crime d’une violence inouïe.

Les trois enfants de la femme et de son meurtrier, âgés de trois, sept et onze ans, n’ont pas été blessés car ils ne se trouvaient pas à leur domicile à ce moment là, et ont été pris en charge psychologique par le SAMU. L’homme, âgé de 44 ans, a été interpellé environ une demi-heure après son crime par la BAC, il « était porteur d’un fusil de calibre 12, d’un pistolet à gaz et d’une ceinture de cartouches », selon le parquet de Bordeaux.

Toujours selon France Bleu, « l’auteur des faits avait été condamné en juin 2020 par le tribunal correctionnel de Bordeaux dans le cadre d’une comparution immédiate pour violences volontaires par conjoint sur la même victime. Il avait écopé de 18 mois d’emprisonnement dont neuf ferme  ». Aussi, les voisins du couple étaient habitués à entendre l’homme battre sa compagne : « Il arrivait qu’on entende des cris. Dès qu’il commençait à hurler, elle fermait les fenêtres, les volets, se calfeutrait. Des voisins sont déjà intervenus, la police aussi. Il a été condamné. Il était sorti de prison depuis peu déclare une proche voisine à Sud Ouest. Une voisine, interrogée par France 3, témoigne : Il la battait, elle avait porté plainte, la police était déjà venue. Elle était très gentille, discrète. C’est quelqu’un qui fermait les volets quand son ami gueulait pour pas que ses voisins l’entendent.. Alors que tous ces faits laissaient présager un dénouement tragique pour cette femme, les mesures prisent préalablement ont été vaines, ne faisant que retarder le drame de 18 mois, temps qu’a purger son meurtrier en prison.

Alors que ce mercredi, Marlène Schiappa tweetait : « Horrifiée par ce crime ignoble, j’adresse mon sincère soutien à la famille de la victime. Le combat contre les violences conjugales et les féminicides continue. Merci @PoliceNat33 pour leur intervention ayant permis d’interpeller le mis en cause. », son « combat » féministe est pourtant loin de porter ses fruits. Rappelons tout de même que les violences de ce genre sont les conséquences du mépris de la part du gouvernement qui devait faire des violences faites aux femmes la « grande cause du quinquennat », mais qui n’y accorde qu’0,01 % du budget de l’État. Les mesures prises par le gouvernement sont non seulement insuffisantes, mais elle n’effacent en rien le caractère structurel de ces violences, ce féminicide en étant une triste preuve.

Et si Marlène Schiappa est la figure de la lutte contre les violences faites aux femmes du gouvernement, celle-ci l’instrumentalise à des fins sécuritaires et islamophobes mettant au centre la gestion policière. Et son tweet en témoigne, puisqu’en 280 caractères, elle y consacre la moitié à remercier une police qui d’une part n’a rien fait pour empêcher ce meurtre, mais qui renforce d’autre part ces violences patriarcales. Car lorsqu’on voit qu’après le féminicide de Nathalie D, un policier déclare que « s’il voulait la tuer, on ne pouvait rien y faire, il l’aurait fait de toute façon », il est difficile de douter de l’indifférence policière en matière de violences conjugales. La police, comme les mesures cosmétiques du gouvernement, ne sera pas la solution pour combattre les violences faites aux femmes.

Ainsi, pour que plus aucune femme ne meurt de féminicide, il est primordial d’exiger de véritables moyens à la hauteur de la gravité de la situation, et de ne pas compter sur ce gouvernement qui ne respecte pas ses engagements et qui n’avance que des solutions sur le plan judiciaire et répressif. Face à Schiappa et sa politique policière, il est nécessaire de se battre pour imposer de réelles mesures, telle que la réquisition de logements vides pour ces femmes victimes de violences, qui étant trop précaires, ne peuvent quitter leur foyer.




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