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Patriarcat

8ème féminicide à Besançon : face aux politiques de façades, défendons un féminisme de combat

Une jeune femme de 20 ans a été tuée de 18 coups de couteau par son compagnon ce lundi 17 janvier à Besançon. Il s’agit déjà du 8ème féminicide recensé en 2022 en France : une femme meurt tous les trois jours des suites de violences conjugales. Ce meurtre atroce fait suite à un autre cas de féminicide déjà médiatisé trois semaines plus tôt à Besançon.

jeudi 20 janvier

Crédits photo : AFP

Une jeune femme a été tuée ce lundi 17 janvier par son compagnon avec qui elle vivait dans le centre-ville de Besançon. Le meurtre a été comme souvent dans les cas de féminicides très violent, la victime est décédée de 18 coups de couteaux portés sur des zones vitales. La jeune femme avait tenté d’alerter une amie, lui demandant d’appeler la police juste avant de recevoir les coups. Son entourage savait que sa relation avec son compagnon était difficile et se détériorait, qu’elle avait déjà essayé de le quitter plusieurs fois, qu’il était jaloux et violent. La victime avait déjà contacté la police à la suite d’une rupture quand son ex-compagnon s’était déjà montré violent et avait commis des dégradations à son domicile.

Ce féminicide fait suite à un autre féminicide très violent survenu lui aussi à Besançon trois semaines plus tôt. Une femme avait été égorgée par son mari. Ces deux féminicides ont conduit près de deux-cents personnes à venir rendre hommage aux victimes en allumant des bougies sur une place de la ville. Beaucoup de militantes féministes expriment de la colère : « ces féminicides ne s’arrêtent pas  ». Une femme meurt en effet en France tous les trois jours des suites de violences conjugales. NousToutes a ainsi comptabilisé 113 féminicides en 2021.

Les associations féministes sont d’autant plus en colère qu’Emmanuel Macron avait annoncé en 2017 faire des femmes la cause numéro un de son quinquennat. Pourtant les moyens mis dans la lutte pour une réelle égalité des sexes et pour la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ont été à l’image de l’ensemble des actions des gouvernements de ces dernières années, avares en moyens et axées sur des solutions répressives. Le bilan du quinquennat de Macron concernant « la cause des femmes » est extrêmement faible : on peut parler de la ligne téléphonique de luttes contre les violences sexistes et sexuelles qui renvoie presque systématiquement vers la police sans autres solutions à proposer aux victimes, ou encore du bilan de Marlène Schiappa au sous-secrétariat à l’égalité hommes-femmes dont on retient principalement la contraventionnalisation du harcèlement de rue… Des réponses pénales dont on voit d’autant plus les limites lorsque l’on sait que 2/3 des victimes des féminicides avaient déjà porté plainte pour violences conjugales avant d’être assassinées, objectivement les tentatives de répressions de fonctionnent pas. On peut ajouter à ça la prise en charge souvent terrible qui est faîte dans les commissariats

Ces réponses pénales ne permettent d’ailleurs pas de s’attaquer aux causes des violences sexistes et sexuelles dont les féminicides sont les expressions les plus atroces, à savoir le patriarcat et la précarité économique des femmes dans les sociétés capitalistes. Malgré une égalité de façade en droits, les femmes continuent à être très largement moins bien payées de que les hommes, occupent des emplois plus précaires, ont davantage d’interruptions de carrière… Il résulte de cela que les femmes tombent plus souvent que les hommes dans la précarité en cas de rupture et sont davantage susceptibles d’y rester dans la durée.

Pour s’attaquer aux causes des violences sexistes et sexuelles, la sensibilisation contre le sexisme et les violences de genre ne suffit pas, un renversement de ce patriarcat, qui passe par des revendications sur l’ensemble des terrains : qu’aucun revenu ne soit inférieur à 1800€, développer des centres d’accueil de victimes de violences, garantir l’accès à un logement à tout le monde pour en finir avec la précarité des femmes qui permet aux violences de genre de prospérer, ...



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