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Politique

Racisme décomplexé

Extrême-droite : Zemmour opposé à l’accueil des Ukrainiens qui fuient l’invasion de son héros Poutine

Au micro de RTL, Éric Zemmour a pris position ce lundi contre l’accueil des réfugiés ukrainiens en France. Dans un discours raciste et xénophobe habituel chez le candidat d’extrême-droite, celui-ci a expliqué qu’« il n’est pas bon de déstabiliser la France qui est déjà submergée par l’immigration ».

lundi 28 février

Crédits photo : AFP / Christophe ARCHAMBAULT

Ce lundi, Éric Zemmour était l’invité de RTL. Le candidat d’extrême-droite, qui rêvait encore il y a quelques semaines d’un « Poutine français » a pris clairement position contre l’accueil des Ukrainiens, contraints de fuir leur pays à cause de l’invasion de leur pays par la Russie. Dans un discours fortement marqué par la xénophobie qui le caractérise, le candidat d’extrême droite a déclaré qu’il préférait que les Ukrainiens « soient en Pologne », car pour lui, « il n’est pas bon de déstabiliser la France qui est déjà submergée par l’immigration ».

Zemmour a ajouté une couche de racisme en distinguant les réfugiés ukrainiens, « qui sont des populations européennes », et l’immigration en France, qui « n’est pas le plus souvent une immigration européenne ». Sur France Culture, Nicolas Bay, ex-RN ayant rejoint Zemmour, a, dans le même sens, décrit les réfugiés ukrainiens en précisant que ces derniers étaient des « européens de culture », « qui participent de notre espace civilisationnel » et qui appartiennent à la « classe moyenne ».

Cette obsession pour la catégorisation des migrants vient s’ajouter à la surenchère réactionnaire sur les plateaux télé depuis le début de la guerre en Ukraine, triant les « bons » et les « mauvais » réfugiés. Au cours des cinq derniers jours, les journalistes se sont ainsi scandalisés de voir des coups de feu dans une ville européenne « comme si on était en Irak ou en Afghanistan », pour citer l’éditorialiste de BFM TV Ulysse Gosset. Son collègue Philippe Corbé notait de son côté : « on parle pas de syriens qui fuient les bombardements du régime syrien, on parle d’européens qui partent dans leurs voitures. »

Sur Europe 1, Jean-Louis Bourlanges a de son côté tenu à préciser que les ukrainiens ne sont pas comme les « réfugiés qui cherchent à partir de zones au Moyen-Orient ou d’Afrique du Nord », mais qui « ressemblent à n’importe quelle famille européenne », ce qui impliquerait sans doute une « immigration de grande qualité ».

Ce lundi, au cinquième jour de l’offensive russe sur le territoire ukrainien, l’agence des Nations unies pour les réfugiés a déclaré que 500 000 réfugiés ont déjà fui l’Ukraine vers les pays voisins. Cette même organisation estime qu’en cas d’escalade de la guerre, jusqu’à quatre millions de personnes pourraient fuir l’Ukraine, sur une population de 44 millions d’habitants. Tandis que la droite réactionnaire et les journalistes débattent pour savoir s’il faut accueillir les « bons migrants » ou n’accueillir personne, nous devons exiger l’ouverture des frontières et l’accueil inconditionnel de tous les réfugiés !



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