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Politique

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Encore ?! Une enquête pour « soupçons d’abus de confiance » ouverte contre le ministre des PME

Plus on avance, plus l’ancien monde que Macron souhaitait faire oublier semble ressurgir avec force. Après les affaires Benalla, De Rugy, Ferrand et plus récemment Blanquer, c’est le ministre aux PME Alain Griset qui se retrouve épinglé dans deux enquêtes ouvertes pour « soupçons d’abus de confiance » et « omission substantielle ».

mercredi 25 novembre 2020

Crédits photo : AFP

L’affaire ne pouvait pas plus mal tomber pour l’exécutif, mis à mal par sa gestion catastrophique de la crise sanitaire en pleine seconde vague du Covid-19 et alors que la mobilisation contre la liberticide Loi Sécurité Globale, voté hier en première lecture et qui sera étudié par le sénat en janvier prochain, bat son plein et a provoqué des remous au sein même de la majorité. 

Cette semaine, ce ne sont pas moins de deux enquêtes qui ont été ouvertes contre un membre du gouvernement, Alain Griset, ministre des PME. La première, par le parquet de Paris, fait suite au contrôle des déclarations de patrimoine des membres du gouvernement par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), dont les résultats ont été rendu publics ce 24 novembre. La seconde, ouverte par le Parquet de Lille, est liée à un signalement de la cellule anti-blanchiment de Bercy, Tracfin comme le rapportent Les Echos.

Et le dossier est quelque peu chargé. Le Monde rapporte ainsi que le dossier du Ministre a été transmis au procureur pour des « soupçons d’abus de confiance » portant sur deux éléments centraux. Le parquet de Paris reproche d’abord à Alain Griset d’avoir omis dans sa déclaration, des parts financières d’un plan d’épargne en actions (PEA) pour près de 171.000 euros.  Manque de pot, l’argent provient "en grande partie" de la vente des parts d’une société civile immobilière (SCI) appartenant à la Confédération nationale de l’artisanat et des services (CNAMS) Nord, qu’il a dirigé de 1991 à 2020, et dont l’argent ne devrait pas transiter par le compte de l’ancien Président « bénévole » de l’organisation. Ce PEA aurais été enrichi d’une plus-value de 19 200 euros d’intérêts entre août 2019 et juillet 2020. Une seconde enquête sur les opérations effectuées sur ce compte bancaire a aussi été ouverte par le parquet de Lille, qui l’a confié à l’Office central de lutte contre la corruption (OCLCIFF). 

Alors qu’Alain Griset et le gouvernement plaident la maladresse, l’homme semblerait être un habitué de ces gestions « maladroites ». En 2007, alors qu’il occupe la présidence de l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat (APCM), la cour des comptes constate plusieurs irrégularités de sa gestion financière dans un rapport consulté par Médiapart 

Cette nouvelle affaire s’inscrit dans la pure tradition des casseroles macroniennes, dont les trois ans de mandats ont déjà été particulièrement chargés en affaires de corruptions et mise en examens. Richard Ferrand, soupçonné de détournement de fonds public, de prise illégal d’intérêt et d’emplois fictifs ; François de Rugy, ministre des homards et autres sèche-cheveux en or ; Jean-Paul Delevoye, précurseur d’Alain Griset en « maladresse » et omission de conflits d’intérêts dans sa déclaration à l’HATVP ; et bien sûr l’actuelle affaire Blanquer et son syndicat lycéen maison subventionné par l’Education Nationale. 

Une fois encore, le gouvernement Macron montre son vrai visage, celui du monde politique corrompu, qui n’a de nouveau que l’étiquette et la vaisselle à 50 000 euros . Et alors qu’il fait face à la colère d’une partie de la population incarnée d’abord par le mouvement dans l’Education Nationale d’octobre dernier, et aujourd’hui par les milliers de manifestants contre la LSG, cette nouvelle affaire ne peut que renforcer l’opposition à ce pouvoir. 




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