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Élection à Chypre-Nord. Une victoire pour la Turquie qui relance les tensions en Méditerranée orientale

La victoire surprise Ersin Tatar, candidat pro-turc aux élections présidentielles de Chypre-Nord, est bien entendu une victoire pour Erdogan. Un résultat qui renforce la Turquie en Méditerranée orientale, et ravive les tensions.

mardi 20 octobre

Crédits photo : presstourism.ch

Ce dimanche 18 octobre, le résultat surprise des élections à Chypre-Nord a redistribué les cartes en Méditerranée orientale, zone soumise à de fortes tensions sur fond d’affaire d’exploitation d’hydrocarbures entre l’Europe et la Turquie. En effet, Ersin Tatar, candidat pro-turc et favorable à l’indépendance de Chypre-Nord, nation autoproclamé, a remporté le scrutin avec 51,74% des voix, devançant Mustafa Akinci, le président sortant et promoteur d’une réunification du pays. « Nous sommes la voix des Turcs chypriotes. Nous nous battons pour que la République Turque de Chypre du Nord existe » a ainsi déclaré Tatar dans la foulée de son élection.

Ce résultat, dû avant tout à une mobilisation électorale inattendue, en particulier des ressortissants turcs en Chypre-Nord, est bien entendu une victoire pour Ankara et Erdogan dans son bras de fer avec la Grèce et les puissances impérialistes européennes, en premier lieu de la France. « La Turquie et Chypre-Nord [vont] poursuivre leurs efforts pour résoudre la question chypriote » a ainsi déclaré Erdogan, à qui Tatar a réservé son premier coup de fil téléphonique en tant que président de Chypre-Nord. Les autorités turques ont également affirmé leur volonté de « poursuivre avec la même détermination leur coopération harmonieuse […] à commencer par les activités liées aux hydrocarbures en Méditerranée orientale et le développement de Chypre-Nord ». On ne peut être plus explicite.

En soi, l’élection de Tatar renforce donc l’emprise turque sur le nord de l’île, ou 40 000 soldats sont déjà en place, et source de tensions supplémentaires avec la Grèce, qui garde une emprise sur le sud du pays. Des tensions qui se sont déjà exacerbées depuis le mois d’août, laissant planer le risque de conflits armés dans la région. Si l’élection de Tatar est donc un point de gagné pour Erdogan, il est aussi une source de déstabilisation supplémentaire, ravivant les tensions guerrières qui serait, en cas d’explosion, une véritable catastrophe pour les travailleurs de la région.

Dans cette affaire, la France joue elle aussi un rôle déstabilisateur, cherchant à impliquer l’ensemble des grandes puissances européennes dans le conflit afin de tirer son épingle du jeu en termes d’exploration de gisement gaziers. Dans ce jeu géopolitique à plusieurs bandes, dicté par des intérêts économiques impérialistes, le rôle du mouvement ouvrier français est d’exigé la fin de l’ingérence et le retrait de la France de la zone, qui envenime la situation et est une des causes de l’escalade des tensions.




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