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Politique

Légion d'horreur

Eborgneur de GJs, responsable de la mort de Steve : Macron décore Lallement et d’Harcourt

Hier, Macron décorait de la légion d'honneur une nouvelle série de personnalités. L'occasion pour le gouvernement de remercier des acteurs clés de sa politique répressive.

mercredi 14 juillet

Crédits photo : AFP

Une matinée pluvieuse, une demande en mariage de la part d’un officier pour la dose publique de pathos, c’est dans cette atmosphère morne que s’est déroulé ce matin la cérémonie du 14 juillet, célébrant les forces armées.
Dans le contexte de la crise sanitaire et en but de rattraper le défilé manqué de l’année précédente, cette journée de parade et de démonstration de force a été l’occasion pour le gouvernement de légitimer son pouvoir et de rendre hommage aux acteurs lugubres de son agenda répressif.

Élevé au grade de commandeur de la plus haute décoration honorifique française, Didier Lallement voit ainsi sa carrière sinistre récompensée. Parmi ses nombreux faits d’armes on peut rappeler la création de la BRAV en 2019 dans le contexte des manifestation des gilets jaunes, une section à moto visant à intervenir rapidement et à procéder à des interpellations, et responsable de nombreux actes violents dans les manifestations de ces deux dernières années. L’existence de cette unité n’est pas sans rappeler les unités de voltigeurs mobiles de la police dans les années 80, qui ont été créées dans le même but, intervenir de manière immédiate et brutale dans les manifestations, et dissoutes après le meurtre de Malik Oussekine en 1986. Est également notable son passage à la télévision lors d’un reportage où, s’adressant à une gilet jaune, il a aboyé avec son sourire grinçant habituel : « Nous ne sommes pas dans le même camp madame. » Le ton est donné, l’architecte du nouveau schéma de maintien de l’ordre l’a choisi son camp, celui de la violence, des éborgnements et de la répression.

Une autre nomination notable aujourd’hui est celle de Claude d’Harcourt, préfet de Loire-Atlantique durant le décès de Steve Caniço à Nantes lors de la fête de la musique en 2019. La charge des CRS lors de cet évènement pacifique et la mort tragique de Steve qui s’en est suivie a été ensuite l’occasion pour l’IGPN d’accumuler les mensonges dans la volonté de cacher la vérité et de couvrir les policiers impliqués. Ce même préfet, qui coordonnait les services de police à l’époque est convoqué par la justice cet été en vue d’une possible mise en examen ou d’un placement sous statut de témoin assisté, mais pour l’instant il n’est inquiété d’aucune peine de justice. Son cas illustre une fois encore l’impunité dont jouit la police et le caractère systémique des violences policières.

Ces deux récompenses distribuées par la Vème république à ses molosses ont un but clair et précis : légitimer cette violence étatique en décorant les acteurs de cette politique sécuritaire violente.




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