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Durcissement autoritaire en Russie : Poutine à l’offensive contre les médias et les réseaux sociaux

Ce vendredi, le parlement russe adoptait une loi criminalisant la diffusion de toute « fausse information », tandis que l'accès à plusieurs réseaux sociaux était suspendu. En Russie, Poutine durcit un régime déjà très répressif contre la presse

lundi 7 mars

Crédits photo : The New York Times - Les studios de la chaîne de télévision en ligne Dodj après l’annonce de la suspension de ses activités jeudi dernier
 
Depuis l’adoption par le parlement russe d’une loi contre toute « information mensongère » ce vendredi, la diffusion d’information contraires à la propagande du Kremlin quant à la guerre en Ukraine est passible de 15 ans d’emprisonnement, tandis que le discrédit des forces armées russes, l’appel à des sanctions ou la contestation de l’invasion russe en Ukraine est passible de 5 ans d’emprisonnement. Selon des propos rapportés par le New York Times, le porte parole de la Douma (chambre basse), Vyacheslav Volodin, a ainsi déclaré que grâce cette loi, « ceux qui ont menti et fait des déclarations discréditant nos forces armés seront obligés de subir une punition sévère ».
 

Offensive contre les médias et criminalisation de l’opposition à la guerre

 
Cette attaque claire contre toute forme d’opposition à la guerre constitue un volet de la répression féroce que mène le Kremlin contre toute contestation, à l’image des milliers d’arrestations de manifestants anti-guerre. Une offensive qui exprime par ailleurs la crainte du régime face à la réaction de la population face à la guerre, alors que les conséquences, aggravées par les sanctions occidentales, vont peser lourdement sur les classes populaires russes.
 
Cette loi censurant l’information couronne une offensive plus large contre les médias et les réseaux sociaux. La semaine dernière déjà, les médias d’opposition tels que la chaîne de télévision en ligne Dodj, la station de radio l’Echo de Moscou ou encore le journal Novaïa Gazetaont vu leur accès bloqué sur demande du bureau du procureur, les conduisant à suspendre leur activité devant le risque de répression. Depuis, la liste des médias interdit s’allonge et la nouvelle loi constitue un pas en avant dans la mise au pas de la presse russe.
 

 
Par ailleurs, depuis la promulgation de cette nouvelle loi, les médias étrangers semblent également tomber sous les coups de la censure, selon le New York Times : « Il n’était pas immédiatement évident de savoir si la loi s’appliquerait aux personnes se trouvant en Russie – tels que les correspondants étrangers – qui produisent du contenu dans une autre langue que le russe. Mais un législateur de haut rang a déclaré que les citoyens de n’importe quel pays pourraient être poursuivis en vertu de cette loi ».
 
Sur Twitter, Benoît Viktine, correspondant à Moscou du Monde a ainsi annoncé cessé de publier des informations sur Twitter « en raison des lois adoptées par la Russie dans le cadre de son "opération spéciale" en Ukraine. » La BBC a en conséquence stoppé ses activités en Russie, tout comme le Deutsche Welle et la RAI, tandis que CNN a décidé de couper son signal en Russie. D’autant que le Kremlin a depuis déclaré bloquer l’accès aux médias en langue russe produits hors du pays, comme le précise l’article du New York Times.
 

 
Les réseaux sociaux ont également fait les frais du durcissement autoritaire du régime. Ainsi l’accès à plusieurs réseaux sociaux occidentaux a été bloqué, c’est notamment le cas de Facebook, bloqué depuis vendredi par le régulateur russe des médias, et de Twitter dont l’accès a été restreint.
 

Une guerre pour l’information

 
La guerre en Ukraine voit ainsi Poutine durcir un peu plus un régime déjà autoritaire. Dans le même temps, les pays impérialistes et l’OTAN mènent leur propre censure avec l’interdiction de Russia Today et Sputnik par l’UE dans le cadre d’une escalade de sanctions qui frapperont en premier lieu la population russe, comme l’a assumé lui-même Bruno Le Maire.
 
Alors que la guerre en Ukraine et la résistance du peuple ukrainien à l’agression russe s’inscriventt dans le cadre d’une lutte entre les intérêts du gouvernement russe et ceux de l’impérialisme occidental, il est nécessaire non seulement de s’opposer à la guerre, mais aussi de soutenir la population russe contre Poutine et le tournant bonapartiste qu’il incarne. En ce sens des milliers de manifestants se sont mobilisés dans plus de 65 villes en Russie ce week-end pour s’opposer à la guerre.
 
Loin des instrumentalisations impérialistes qui font de toute la population russe un ennemi, alimentant un sentiment anti-russe, nous apportons tout notre soutien au peuple russe, victime de l’invasion menée par Poutine, mais aussi de l’escalade militaire et des sanctions imposées par l’impérialisme occidental. Seule une mobilisation populaire et ouvrière, révolutionnaire, permettra d’en finir avec Poutine et son régime autoritaire.



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