^

Notre classe

Leurs profits, nos morts

Drame social. Un salarié de Carrefour se suicide sur le parking du magazin à Quetigny

Ce lundi 1er mars au matin, un employé du Carrefour de Quetigny (21) s'est donné la mort dans sa voiture stationnée sur le parking réservée au personnel. Son suicide s'ajoute à la longue liste des violences et des souffrances au travail que subissent les travailleurs et les travailleuses au quotidien.

mercredi 3 mars

Crédit photo : AFP

Ce lundi 1er mars au matin, un employé du Carrefour de Quetigny (21) s’est suicidé dans sa voiture stationnée sur le parking réservé au personnel. Son suicide, qui n’est pas un cas isolée dans cette enseigne de la grande distribution, s’ajoute à la longue liste des violences et des souffrances au travail que subissent les travailleurs et les travailleuses au quotidien, mais qui se sont exacerbées avec la crise sanitaire dans de nombreux secteurs. Le contexte dans lequel a lieu ce suicide fait apparaitre un cynisme brutal, entre chiffre d’affaire en hausse, restructuration, licenciements et aides d’Etat.

En effet, Carrefour vient de publier, le 18 février, son chiffre d’affaires pour l’année Covid avec une hausse de 8% qui le porte à 79 milliards d’euros. Cette augmentation doit tout au "travail essentiel" qu’ont continué à fournir les salariés y compris pendant le confinement. Et, comme pour suivre le refrain macronien, "en même temps", le groupe continu son plan de restructuration lancé en 2019 tout comme il continue à faire pression sur les salaires de ses employés en utilisant l’argument de la crise sanitaire. Le tout en distribuant des dividendes généreux aux actionnaires.

Par provocation, en début d’année, l’enseigne a promis une augmentation de 0,5% à ses salariés et envisage d’utiliser la manne du "plan un jeune, une solution" lancé par Macron en recrutant massivement des jeunes, quitte à licencier certains salariés et à instaurer ainsi, en interne, une concurrence des uns avec les autres. La CGT Carrefour indique que le groupe pourrait à ce jour-là, en France, gagner près de 92 millions d’euros avec les aides du plan jeune

C’est dans un tel contexte, où le mépris s’énonce à voix haute et où les salariés sont menacés à la fois par le plan de restructuration et par le jeu de cette manne promise par Macron pour l’embauche massive de jeunes, qu’un employé a mis fin à ses jours lundi matin. Une victime supplémentaire de la logique brutale du profit qui écrase les vies humaines pour le bien des patrons et des actionnaires. La CGT a prévu un rassemblement à Massy le 5 mars prochain, pour que les salariés relèvent la tête et fassent entendre au PDG que l’activité des magasins ne lui doit rien et que sans les salariés, les patrons ne sont rien.




Mots-clés

Mort au travail   /    Crise sociale   /    Carrefour   /    Notre classe