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Répression

Des syndicalistes de Tisséo convoqués à la gendarmerie. Solidarité face aux intimidations !

Suite à une action au Parc des Expositions, des syndicalistes de Tisséo sont convoqués à la gendarmerie la semaine prochaine. Une nouvelle provocation alors que les salariés de Tisséo luttent pour le maintien de leur salaire face à l’inflation et une direction inflexible.

Joël Malo

9 juin 2023

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Des syndicalistes de Tisséo convoqués à la gendarmerie. Solidarité face aux intimidations !

Crédits photo : Dorian M

Les salariés de Tisséo, l’entreprise de transport public de la métropole toulousaine, sont à leur 9ème jour de grève contre la direction qui veut faire baisser leurs salaires. Alors qu’ils bénéficiaient chaque année d’une mesure partielle d’indexation des salaires sur l’inflation, la « clause de sauvegarde », la direction veut purement et simplement la sucrer aux agents. De la même manière, divers acquis pour les salariés proches de la retraite seront supprimés pour faire des économies. Des mesures qui s’inscrivent dans un plan d’ensemble pour casser les conditions de travail des agents et le service public : recours à la sous-traitance, privatisation rampante…

La droite et la presse patronale locale ne cessent de multiplier les attaques et les diffamations contre les grévistes. Leur plan est simple : retourner les usagers contre les agents. La métropole et la direction de Tisséo ne manquent pas de culot, puisqu’en même temps qu’ils augmentent les prix des titres de transport pour les usagers, ils font reposer tous les maux du service public sur les travailleurs qu’ils n’hésitent pas à faire passer pour des « privilégiés ».

Après les attaques médiatiques, ce sont désormais des menaces répressives qui sont utilisées. A la suite d’une action au Parc des Expositions le 30 mai, les représentants de toutes les organisations syndicales sont convoqués mercredi à la gendarmerie de Beauzelle. La semaine dernière, les salariés avaient en effet légitimement voulu se rendre au « Salon des Mobilités » qui se tenait au Parc des Expositions. Dans ce salon, qui faisait la part belle au patronat et aux politiciens, les salariés n’étaient a priori pas les bienvenus, puisqu’ils ont été molestés par la sécurité privée dès leur arrivée.

Après les menaces d’amende de la direction de Tisséo qui envoie ses huissiers sur les piquets de grève, c’est au tour de la gendarmerie d’essayer d’intimider les grévistes. Une volonté de criminalisation des Tisséo, qui fait écho à la vague de répression que subissent syndicalistes et grévistes ces dernières semaines : de la répression policière des grévistes de Verbaudet aux perquisitions des énergéticiens de Bordeaux en passant par le procès des syndicalistes CFDT d’Amiens, tous ceux qui relèvent la tête contre le gouvernement et le patronat sont sous le coup d’une contre-offensive de l’État.

Face au mépris de la direction, l’intersyndicale de Tisséo place depuis la semaine dernière ses espoirs de résolution du conflit dans une médiation demandé par la préfecture, perçue comme un acteur neutre. Pourtant, ces convocations prouvent que la direction de Tisséo et ses nombreux alliés (l’État, les forces de répression, les élus de la métropole, la presse locale) ne sont pas prêts à lâcher du lest.

Dans ces conditions, une médiation avec la préfecture ne reviendrait qu’à rogner tout ou partie des revendications portées par les grévistes et à les démobiliser. Si le préfet de Haute-Garonne a saisit l’inspection du travail pour obtenir un médiateur, seul le durcissement du rapport de force sera à même de faire plier la direction sur l’ensemble des revendications. Pour cela, il faut chercher à construire la grève reconductible depuis la base et à élargir l’arc de solidarité.

De leur côté, les Tisséo, qui sont appelés à deux nouvelles journées de grève la semaine prochaine, ne peuvent effectivement compter que sur leurs propres forces et sur l’alliance avec les autres travailleurs des transports, en premier lieu des lignes sous-traitées, et sur la solidarité des usagers. Ces convocations de syndicalistes doivent être prise au sérieux et être un motif pour augmenter encore le rapport de force et l’appel à la solidarité.

Rendez vous le mercredi 14 juin à partir de 9H devant la gendarmerie de Beauzelle pour soutenir les syndicalistes convoqués !


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