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Jeunesse

« On est pas des étudiants fantômes ! » : au Panthéon, des étudiants dénoncent la politique du gouvernement

Depuis la rentrée de janvier, plusieurs tentatives de suicides et le décès de deux étudiantes ont tristement levé le voile sur le profond mal-être dans la jeunesse, en parallèle de dizaines de milliers de tweets sous les #MentalBreakUP et #EtudiantsFantômes. C’est ainsi que ce lundi, les étudiant-e-s se sont rassemblés devant le Panthéon pour rendre hommage aux victimes de la politique criminelle du gouvernement.

lundi 18 janvier

« Visio, boulot, hosto » le triptyque étudiant-e que propose le gouvernement pour 2021

Entouré-e-s du lycée Henri-IV, de la bibliothèque Sainte-Geneviève et de l’enceinte de la faculté de la Sorbonne, les étudiant-e-s se sont rassemblé-e-s aujourd’hui place du Panthéon pour dénoncer la politique criminelle du gouvernement. Une initiative spontanée en réaction à la vague de suicide qui s’est tragiquement abattue sur la jeunesse, avec quatre tentatives et deux suicides la semaine dernière. Des chiffres tragiques qui expriment ce mal-être profond qui touche massivement la jeunesse.

Après une AG dans la matinée, les étudiant-e-s ont entrepris en début d’après-midi d’écrire sur des pancartes leurs revendications :

Isolement dans des studios exigus, précarité étudiante et pression scolaire sont massivement dénoncés par une jeunesse au bord du burn out. Ainsi, les mots d’ordres que l’on voit apparaitre sur les pancartes, tels que « Marche ou Crève », « Sois jeune et tais-toi », viennent dénoncer cette politique sanitaire du gouvernement et l’avenir de chômage et de précarité proposé à la jeunesse.

Des revendications qui pointent également du doigt ce refus réitéré du gouvernement de proposer des moyens à la hauteur des besoins pour sortir les étudiant-e-s et jeunes travailleur-euse-s de cette précarité généralisée : "on est là pour interpeller #Vidal : on est pas des #etudiantsfantomes ! Aujourd’hui il nous faut un CDI pour tous et un revenu étudiant autre que la bourse, et il va falloir se mobiliser" revendique Hajar, étudiante à Paris 8.

« Visio, [chômage], hosto » contre ce nouveau triptyque quotidien que propose le gouvernement, la seule issue possible se trouve sur le terrain de la mobilisation !

"Ils sont à des années-lumière de ce qu’on vit, dans leurs privilèges et leurs petits sièges tout chaud ; donc pareil, on n’attend plus rien d’eux" affirme Emilie, étudiante en école de cinéma.

Cette initiative spontanée des étudiant-e-s sous le #étudiantsfantomes fait suite à d’autres mobilisations, comme celles contre l’organisation de partiels en présentiel par les présidences d’universités partiels organisées à Paris 4 notamment, en dépit de toute considération du mal-être étudiant résultant non seulement d’un semestre en zoom mais également de problèmes structurels préexistants. La casse de l’université depuis quelques années déjà, la précarité chez les jeunes ou encore la logique de sélection à l’université, n’ont fait que se renforcer avec la crise et nourrissent la pression morale que devait déjà subir les étudiant-e-s.
C’est pourquoi, face au mépris, au spectre d’une vague de suicide et face à l’incertitude de l’avenir, la seule issue possible est une mobilisation organisée et toujours plus forte de la jeunesse. Cette dernière est en effet nécessaire afin de construire une riposte réelle et efficiente et éviter que cette colère ne s’exprime de manière tragique, comme vue dernièrement. C’est cette nécessité de « durcir le ton » face au gouvernement qu’a exprimée Lune, étudiante à Paris 1 et militante au Poing Levé.

« Il va falloir encore AGIR »

En ce début d’année 2021, Macron répond à une étudiante qui dit « avoir l’impression d’être morte » et « ne plus avoir de rêves », qu’« Il va falloir encore tenir ». Un mépris total de la part du président qui n’est pas sans rappeler son « c’est dur d’avoir 20 ans en 2020 » qu’il avait sorti l’année dernière face, déjà, à la détresse étudiante. Entre 2020 et 2021, le gouvernement de toute évidence n’a donc pas renouvelé ces résolutions et compte bien faire payer la crise à la jeunesse.

Face à un gouvernement et des présidents de facs responsables de cette misère économique et sociale dans laquelle est plongée la jeunesse, plus que jamais il nous faut revendiquer un programme d’urgence pour mettre fin à cette précarité généralisée chez les jeunes, et que la crise n’a fait qu’accroitre.

C’est pourquoi, face à cette situation, il est crucial de rouvrir les universités pour mettre fin à l’isolement forcé des étudiants, sur la base de protocoles sanitaires élaborés démocratiquement par les étudiants et le personnel, et grâce à des moyens à la hauteur : embauches massives de personnels enseignants et administratifs, centres de dépistages, réquisitions d’infrastructures.

La détresse des étudiant-e-s, vécue particulièrement en période d’examens, est le signe que le problème se situe aussi au niveau de la sélection et de la pression scolaire. Pour stopper l’hémorragie d’une jeunesse étudiante au bord du burn out, il faut mettre un terme à la sélection en imposant la validation améliorable de l’année pour tous les étudiants. Et, en parallèle, la gratuité des soins psychiatriques doit être exigée afin de répondre urgemment à cette détresse des étudiants et mettre fin à cette vague de suicide.

Enfin, combattre la précarité étudiante est un impératif, revendiquer un revenu étudiant et l’augmentation des aides sociales pour les plus précaires, tout ça financé via un impôt sur le revenu fortement progressif, est une nécessité. Mais toutes ces mesures requises urgemment pour éviter de nouveaux drames dans la jeunesse, ne passeront pas par un gouvernement qui n’investit que dans la police et les grandes entreprises. C’est pourquoi les 20 et 26 janvier, dates de mobilisation dans l’Education nationale et l’ESR, il va falloir contraindre le gouvernement à entendre notre voix, et l’obliger à lâcher l’argent nécessaire à la mise en œuvre de ces mesures d’urgence.




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