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Politique

Islamophobie

Déclarations de Blanquer : deux mères voilées refoulées lors d’une sortie scolaire

Depuis plusieurs semaines le gouvernement a ressorti la rhétorique anti-musulmanes. C'est dans ce contexte qu'un élu RN agressait, il y a quelques jours, une mère voilée lors d'une sortie scolaire. Ce lundi deux femmes se sont vues refuser l’entrée d'une caserne de pompiers dans le cadre d’une sortie scolaire pour la même raison.

mercredi 16 octobre

Crédit photo : Baziz Chibane

Ce lundi 14 octobre à Creil dans l’Oise, les élèves de l’école Louis Pergaud étaient en sortie scolaire. Parmi les accompagnatrices, deux mères portent le voile. Elles se sont vues, au nom d’une instrumentalisation de la laïcité, refuser l’entrée de la caserne des pompiers que les enfants devaient visiter. Les deux femmes choquées et après avoir discuté avec la directrice de l’école, rebroussent chemin avec les enfants.
 
Sortie scolaire, mères voilées pointées du doigt et interdites de participer aux activités de la classe : l’histoire semble familière et pour cause il y a à peine quelques jours, Julien Odoul, élu RN, a agressé une mère qui accompagnait la sortie scolaire de son fils. Mais depuis plusieurs années déjà, les gouvernements successifs ont joué un rôle prépondérant dans la montée de l’islamophobie en France. En faisant en particulier de l’éducation un terrain privilégié pour développer ces idées nauséabondes : en 2004 avec l’interdiction du port du voile dans les écoles publiques ou plus récemment avec Blanquer qui a tenté il y a quelques mois de faire interdire le port du voile aux mères accompagnant les sorties scolaires. Et le gouvernement Macron dans la continuité, a fait des musulman·e·s une des cibles de son offensive réactionnaire qui s’est intensifiée ces dernières semaines avec l’attentat à la préfecture de police avec Macron qui appelle à la délation contre l’hydre islamique ou avec Castaner qui associe le port de la barbe à un signe de radicalisation.
 
Blanquer a été un des acteurs centraux des sorties islamophobes du gouvernement. Au cœur de chacune des « polémiques » autour de la question du voile dans l’éducation, il s’était illustré récemment en se mettant à la tête de la déferlante islamophobe après la publication des affiches de campagne de la FCPE représentant une mère voilée en sortie scolaire. Il n’est évidemment pas en reste cette fois-ci et a déclaré au micro de France Inter que les sorties scolaires étaient un cas « hybrides » entre école et espace public et qu’il était « normal qu’il y ait des positions hybrides » sur le sujet. Une manière de justifier la stigmatisation de ces femmes, en laissant que croire que la loi n’est pas claire sur le sujet et que les personnes qui interdisent l’entrée des casernes aux mères voilées pourraient être dans leur droit. Mais aussi de détourner le regard de la dégradation des conditions d’étude dans les lycées qui ne cesse de s’amplifier sous les coups de butoir de la politique de casse de l’éducation du gouvernement, et qui génère une impopularité de plus en plus forte de Blanquer dans le corps enseignant.
 
Dans ce climat de montée de l’islamophobie la responsabilité du gouvernement est indéniable. Chaque nouvelle déclaration raciste du gouvernement jette de l’huile sur le feu et est suivie d’une montée des actes islamophobes. Ainsi il y a quelques semaines encore les mamans voilées étaient admises sans problème dans la caserne de Creil, comme le souligne Mounia, une de mères qui accompagnaient lundi la classe : « Apparemment, il s’agit du premier incident de ce type à la caserne des pompiers de Creil. Il y a eu d’autres visites avec d’autres classes de maternelle en septembre sans aucune discrimination des mamans voilées. » Cette soudaine exclusion a lieu quelques semaines après le retour en force des attaques anti-musulmans de la part de la classe politique.




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