×

Déclaration de la FT-QI

À bas le génocide à Gaza et la répression ! La jeunesse internationaliste appelle à se mobiliser ce 15 mai

Ce 15 mai, à l’occasion de la journée internationale de commémoration de la Nakba, les jeunesses de la Fraction Trotskyste – IVᵉ Internationale appellent à se mobiliser partout dans le monde, contre le génocide à Gaza et la répression des étudiants mobilisés.

Facebook Twitter
Audio
À bas le génocide à Gaza et la répression ! La jeunesse internationaliste appelle à se mobiliser ce 15 mai

Crédit photo : Luigi Morris

Depuis avril dernier, l’armée israélienne se préparait à une invasion de la ville de Rafah, occasionnant une profonde crise humanitaire dans le cadre de son plan génocidaire contre le peuple palestinien. Alors que l’invasion de la ville commence, des centaines d’universités se mobilisent à travers le monde. Aux États-Unis, en Angleterre, en France, dans l’État Espagnol, au Brésil, en Allemagne, en Suisse, au Bangladesh, en Australie, aux Pays-Bas et en Cisjordanie occupée, le mouvement étudiant international se mobilise en solidarité avec la Palestine et contre le génocide perpétré par l’État d’apartheid israélien.

La mobilisation anti-impérialiste de la jeunesse étudiante ces dernières semaines à Columbia et dans plus d’une centaine d’universités américaines est un exemple de la radicalité et de la combativité dont la jeunesse doit faire preuve pour mettre un terme au génocide et construire un mouvement de solidarité en défense de l’autodétermination du peuple palestinien. Ces derniers ont montré la voie à des milliers de jeunes qui, à travers le monde, occupent leurs universités, organisent des campements, des actions et des rassemblements pour dénoncer la complicité de leurs États et de leurs directions universitaires dans le génocide mené à Gaza. Nous soutenons, impulsons et accompagnons l’ensemble des initiatives qui permettent de dénoncer le génocide en cours à Gaza, la politique de l’État israélien ainsi que la complicité des États impérialistes et de leurs alliés.

Face à la dénonciation du génocide, une répression très importante s’est abattue dans les universités. Aux États-Unis, en France et en Allemagne, la police a été déployée dans les universités pour violenter, arrêter et réprimer les campements et les occupations. Celle-ci a parfois été aidée par les attaques des groupes sionistes, comme ça a été le cas à l’UCLA, qui a été attaquée pendant plusieurs heures. Dans des campus comme Columbia, à la Sorbonne, à Sciences Po Paris, à Mexico, à l’Université libre de Berlin, ou à Amsterdam, la police a réprimé violemment et arrêté des centaines d’étudiants. Certaines universités sont allées jusqu’à procéder à des sanctions administratives contre des étudiants, voire à des suspensions et des expulsions. Les directions d’universités agissent en parfaite complicité avec les États. Elles convoquent, répriment et licencient des chercheurs, des enseignants, à l’instar de Nancy Fraser, dont la nomination a été suspendue par l’Université de Cologne début avril. Il s’agit d’une répression scandaleuse qui veut étouffer la possibilité de toute critique de l’État israélien et faire taire le renouveau d’un mouvement étudiant anti-impérialiste.

En associant toute critique de l’État Israélien à une forme d’antisémitisme, les gouvernements et les directions universitaires insultent les milliers de jeunes juifs qui aujourd’hui s’organisent pour refuser la récupération de leur oppression par l’État israélien et le gouvernement de Netanyahou. Avec la répression du mouvement pro-palestinien, les médias capitalistes agitent une campagne islamophobe qui vise à associer tous les étudiants musulmans et palestiniens à de potentiels antisémites.

Nous refusons de normaliser cette offensive sur nos universités, qui représente une offensive autoritaire grave contre le mouvement étudiant. Les jeunesses étudiantes et travailleuses doivent être en première ligne de l’unité contre la répression à travers le monde afin de demander un retrait de l’ensemble des sanctions et des peines imposées aux étudiants, et une réintégration de l’ensemble des étudiants réprimés par leurs universités. Sans la moindre confiance à l’égard des directions universitaires, nous luttons pour l’organisation d’un mouvement étudiant en toute indépendance des universités, de l’État et des institutions internationales. Nous voyons la force de la classe ouvrière dans le monde entier, des travailleuses et des travailleurs, au travers des grèves, des blocages et des sabotages, comme un outil pour paralyser l’envoi d’armes à Israël et le soutien politique que son État reçoit, comme l’ont fait les dockers de Tacoma aux États-Unis et comme on l’a vu dans de nombreux pays. Des grèves générales politiques des syndicats, peuvent paralyser toute l’économie capitaliste et arrêter la machine de guerre. Il est donc nécessaire que nous, jeunes étudiants et travailleurs, soutenions les grèves internationales à venir et luttions pour un mouvement antimilitariste commun.

Nous devons montrer une solidarité face à la répression. À New York, des professeurs de l’université de la CUNY se sont mobilisés contre la répression des étudiants et personnels. Dans de nombreuses universités comme à Oxford, Columbia, Berlin ou Toulouse, les enseignants ont rejoint la dénonciation de la répression et ont demandé l’arrêt des offensives des directions universitaires contre leur liberté académique et contre la criminalisation de leurs étudiants et collègues. Ces exemples montrent la voie à suivre pour lutter contre la criminalisation du mouvement de solidarité. Cette répression qui touche aujourd’hui les soutiens à la Palestine est une attaque contre l’ensemble du mouvement ouvrier et contre nos libertés démocratiques, avec la restriction de la liberté de réunion et d’expression et des licenciements pour des motifs politiques. Ces mesures sont également utilisées contre le mouvement ouvrier, comme en France où des militants syndicaux comme Jean-Paul Delescaut ont été condamnés pour avoir dénoncé les crimes de guerre de l’État israélien et avoir exprimé leur solidarité avec la Palestine. Plus que jamais, il est nécessaire que les directions syndicales enseignantes et plus généralement l’ensemble des organisations ouvrières appellent à stopper la répression et la criminalisation du mouvement étudiant.

Ce ne sont ni le droit international ni l’ONU qui vont mettre un terme au génocide à Gaza et aux tendances à la guerre. Les institutions internationales ont participé à la création et au soutien politique à l’État israélien, et ont par la suite justifié de nombreuses ingérences impérialistes au Moyen-Orient pour perpétuer le pillage, jusqu’à intervenir militairement pour défendre les intérêts économiques et géopolitiques impérialistes, comme en Syrie ou en Iraq, opérations pour lesquelles Israël sert de base arrière. La lutte de la jeunesse contre les massacres impérialistes et la solidarité avec les peuples colonisés dans la période de lutte des classes ayant suivi Mai 68 a ouvert la voie à de grandes alliances ouvrières-étudiantes dans l’une des plus grandes vagues révolutionnaires de l’histoire.

Nous luttons pour nous réapproprier cette histoire et cette tradition de lutte du mouvement étudiant, basée sur l’auto-organisation et la possibilité de construire un mouvement massif contre la répression et la défense d’une perspective internationaliste, en alliance avec le mouvement ouvrier, afin d’infliger une défaite aux puissances impérialistes et à leurs complices ! Les campements et autres actions organisées à travers le monde doivent être des points d’appuis pour généraliser le mouvement, lui faire gagner en force et en massivité et l’organiser à travers des assemblées générales et des comités de solidarité et d’action, où l’ensemble des étudiants puissent décider des suites du mouvement. Face aux menaces des directions universitaires et des gouvernements, la participation et la délibération collective sont d’autant plus nécessaires, afin que l’on puisse débattre des différentes stratégies nous permettant de faire front. Pour notre jeunesse, la lutte massive et décidée en alliance avec le mouvement ouvrier est nécessaire pour faire face aux massacres des États Impérialistes contre Gaza ainsi que l’oppression et la subordination à laquelle ils soumettent de nombreux autres pays.

76 ans après la première Nakba, la lutte du peuple palestinien continue contre la colonisation. Nous défendons le droit à l’autodétermination nationale du peuple palestinien en toute indépendance de la stratégie, du programme et des méthodes du Hamas qui vont à l’encontre de l’auto-organisation du peuple palestinien et de la classe ouvrière arabe contre l’oppression impérialiste. Nous luttons pour une Palestine ouvrière et socialiste, dans le cadre d’une fédération socialiste au Moyen-Orient. Seul un État qui cherche à mettre fin à l’oppression, l’exploitation et la réaction impérialiste peut garantir la récupération du territoire de la Palestine historique, le droit au retour des réfugiés palestiniens et une coexistence démocratique et pacifique entre Arabes et Juifs. Les gouvernements bourgeois arabes d’hier et d’aujourd’hui ont montré leur incapacité à mener à bien ces tâches. Aujourd’hui, une partie des bourgeoisies arabes joue un rôle actif dans la défense de l’État israélien et dans l’oppression du peuple palestinien, à l’instar de la dictature militaire d’al-Sissi en Égypte, du régime d’Assad en Syrie et du roi Abdallah II en Jordanie. Elles ne sont pas des alliés pour la libération du peuple palestinien. Cela implique de mettre fin à l’ensemble des processus de normalisation économique et politique et des relations des régimes arabes avec Israël, comme l’exigent les masses arabes au Maroc et en Égypte.

Au même titre, tout en nous opposant aux sanctions occidentales contre l’Iran et à toute ingérence impérialiste, nous rejetons le régime autocratique et théocratique iranien. Celui-ci est profondément réactionnaire et opprime tout particulièrement les femmes avec lesquelles nous nous sommes solidarisés quand elles se sont révoltées suite au meurtre de Mahsa Amini, tout comme quand il cherche à faire de la religion un outil pour maintenir la discipline interne, réprimer les grèves et les manifestations. De plus, il n’a fait qu’instrumentaliser la cause palestinienne pour satisfaire ses intérêts régionaux. Il n’est donct en aucun cas un allié des masses palestiniennes. Nous considérons que les mobilisations qui ont lieu dans les pays arabes depuis octobre dernier sont un point d’appui pour reconstruire la perspective d’une intervention de la jeunesse et du mouvement ouvrier arabe, en renouant avec les traditions de lutte des vagues révolutionnaires des années 70 et du Printemps arabe.

Ce 15 mai, nous serons présents pour exiger la fin du génocide à Gaza et la rupture des accords et des partenariats des universités avec les institutions, universités et entreprises israéliennes, et celles qui financent le génocide. Nous dénonçons la complicité des gouvernements impérialistes dans le massacre en cours et demandons la fin des livraisons d’armes à l’État colonial d’Israël.

Le spectre de la vague révolutionnaire initiée par Mai 68 refait surface. Le mouvement étudiant avait contribué à dénoncer les crimes de l’impérialisme au Vietnam, en Algérie et dans le monde et avait fait trembler la bourgeoisie en ouvrant la voie à l’une des plus grandes vagues révolutionnaires de l’histoire. Aujourd’hui encore, le capitalisme nous promet une nouvelle vague de militarisation et de montée des tensions qui ne peut nous apporter que la mort et la misère. La construction d’un mouvement international de la jeunesse anti-impérialiste est plus que jamais nécessaire. Le génocide qui est mené à Gaza est la face la plus visible et violente de la réalité d’un système capitaliste qui pousse à la guerre et à la misère. Le mouvement international de solidarité avec la Palestine peut devenir un fer de lance pour un questionnement plus profond de l’ensemble du système capitaliste et de l’impérialisme qui soumet les pays dépendants et semi-coloniaux à la militarisation, à ses politiques anti-migratoires et à la spoliation de ses richesses à travers les dettes extérieures et l’extractivisme des ressources et matières premières.

Nous devons étendre ce mouvement de solidarité lancé par les étudiants aux États-Unis et en Europe à l’ensemble du monde ; il faut par exemple que les étudiants chiliens réhaussent la voix comme ils l’avaient fait quand ils sautaient les tourniquets du métro contre 30 ans de politiques néolibérales, ou que les étudiants en Argentine se saisissent de cette mobilisation alors qu’ils se défendent actuellement pour l’accès à l’université publique face à l’ultra-droite prosioniste de Javier Milei. Dans beaucoup d’autres pays, la solidarité internationale avec la Palestine est une lutte contre les gouvernements en place, tout comme cette lutte doit être menée contre les pays impérialistes qui en s’appuyant sur le FMI soumettent les populations à la pauvreté et à la précarisation.

Dans l’ensemble des pays où nous intervenons, la jeunesse de la Fraction Trotskyste s’oppose au tournant militariste et chauviniste qu’essaient d’imposer les bourgeoisies impérialistes et leurs alliés. Nous luttons pour construire une perspective internationaliste et révolutionnaire, dans le cadre d’un changement radical et profond de la société et d’une rupture avec le capitalisme. Nous invitons tous les jeunes qui souhaitent construire un mouvement socialiste, révolutionnaire et internationaliste à nous rejoindre contre la brutalité du système capitaliste.

LISTE DES SIGNATAIRES

Le Poing Levé - France
Contracorriente - État espagnol
Faisca revolucionaria - Brésil
Waffen der Kritik - Allemagne
Juventud Anticapitalista - Mexique
Vencer - Chili
En Clave Roja - Argentine
Juventud de la OSR - Costa Rica
Combate rojo juventud - Bolivie
Juventud de la LTS - Venezuela

Revolutionäre Internationalistische Organisation (RIO) - Allemagne
Partido de los Trabajadores Socialistas (PTS) - Argentine
Movimento Revolucionário de Trabalhadores (MRT) - Brésil
Liga Obrera Revolucionaria (LOR-CI) - Bolivie
Partido de Trabajadores Revolucionarios (PTR) - Chili
Organización Socialista Revolucionaria (OSR) - Costa Rica
Corriente Revolucionaria de Trabajadoras y Trabajadores (CRT) - Etat Espagnol
Left Voice (LV) - Etats-Unis
Révolution Permanente (RP) - France
Frazione Internazionalista Rivoluzionaria (FIR) - Italie
Movimiento de los Trabajadores Socialistas (MTS) - Mexique
Corriente Socialista de las y los Trabajadores (CST) - Pérou
Corriente de Trabajadores Socialistas (CTS) - Uruguay
Liga de Trabajadores por el Socialismo (LTS) - Venezuela


Facebook Twitter
Génocide à Gaza : Biden prêt à sanctionner la Cour pénale internationale pour protéger Netanyahou

Génocide à Gaza : Biden prêt à sanctionner la Cour pénale internationale pour protéger Netanyahou

Kanaky : la vie chère imposée par les grands groupes attise les révoltes

Kanaky : la vie chère imposée par les grands groupes attise les révoltes

Ilan Pappé : « pourquoi j'ai été arrêté et interrogé sur Israël et Gaza dans un aéroport américain »

Ilan Pappé : « pourquoi j’ai été arrêté et interrogé sur Israël et Gaza dans un aéroport américain »

L'offensive russe en Ukraine et le spectre d'une situation « pré-1914 »

L’offensive russe en Ukraine et le spectre d’une situation « pré-1914 »

Californie : 48 000 travailleurs de l'Université votent la grève pour le droit à soutenir la Palestine !

Californie : 48 000 travailleurs de l’Université votent la grève pour le droit à soutenir la Palestine !

La Norvège, l'Espagne et l'Irlande reconnaissent l'État palestinien : nouveau revers pour Israël

La Norvège, l’Espagne et l’Irlande reconnaissent l’État palestinien : nouveau revers pour Israël

Famine organisée : Les colons israéliens multiplient les attaques de convois humanitaires destinés à Gaza

Famine organisée : Les colons israéliens multiplient les attaques de convois humanitaires destinés à Gaza

« Mission de dialogue » : Macron en Kanaky pour légitimer la répression et poursuivre le passage en force

« Mission de dialogue » : Macron en Kanaky pour légitimer la répression et poursuivre le passage en force