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Écologie

Nous ne paierons pas leur crise

Crise énergétique : les patrons détruisent la planète, Macron nous appelle à la « sobriété »

Ce lundi, Macron s’est exprimé sur la situation énergétique. Face à la crise, le Président a expliqué que nous étions « en guerre », appelé la population à des efforts par la « sobriété volontaire » et laissé entendre que les mesures sur l’énergie pourraient être progressivement plus ciblées. La responsabilité des entreprises milliardaires a quant à elle été soigneusement évitée.

lundi 5 septembre

Après le Conseil de défense énergétique de vendredi dernier, qui avait accouché de déclarations optimistes de Agnès Pannier-Runacher, Emmanuel Macron s’est exprimé ce lundi sur la situation énergétique en France. A cette occasion, le Président a continué sa tentative d’« union nationale » autour de la crise, expliquant : « nous sommes en guerre. En guerre énergétique ».

Et comme dans les guerres, c’est à la population que Macron demande des efforts. En ce sens, le Président a commencé sa conférence de presse en rappelant la nécessité d’une « sobriété volontaire » de chacun afin d’« économiser 10 % de ce que nous consommons actuellement » par une « mobilisation active ». Une perspective présentée comme la seule garantie d’éviter le « rationnement » ou la « coupure » d’électricité.

Montrant la déconnexion de son discours, Macron a illustré les efforts demandés en évoquant la nécessité de maintenir le chauffage à 19°C – alors que 12 millions de Français ne peuvent aujourd’hui se chauffer correctement – ou de couper la climatisation, qui ne concerne qu’une minorité de la population… En revanche, la question de la responsabilité des riches et des multinationales n’a évidemment pas été posée

Annonçant la mise en place d’un accord franco-allemand sur l’énergie - « nous allons finaliser dans les prochaines semaines les connexions gazières nécessaires pour pouvoir livrer du gaz à l’Allemagne s’il y avait un besoin de solidarité (…). De la même manière, l’Allemagne s’est engagée à une solidarité électrique à l’égard de la France (…). » - Macron en a même profité pour remiser au placard le débat sur la taxation des « super profits », en défendant une préférence pour un dispositif européen pour mieux enterrer le débat.

Parmi les autres annonces, le Président a expliqué avoir demandé au gouvernement de « parachever des textes législatifs pour permettre d’accélérer la production d’énergies renouvelables et de nucléaire », et s’en est pris au passage au PDG d’EDF, cherchant à faire porter à ce dernier la responsabilité de la situation du parc nucléaire - alors que 12 réacteurs sont à l’arrêts pour des problèmes de corrosion sous contraintes, révélés il y a seulement un an.

Au final, alors que Gabriel Attal avait annoncé hier le prolongement du bouclier tarifaire en 2023, Macron a commencé à distiller en fin de conférence de presse la perspective d’un resserrement des mesures. « La tendance va aller vers le plus grand ciblage de l’accompagnement » a-t-il expliqué, laissant entrevoir une potentielle augmentation importante des prix pour de larges secteurs de la population tout en promettant d’accompagner « les classes moyennes et les ménages les plus modestes. »

La perspective tracée s’inscrit donc dans la continuité des annonces faites ces dernières semaines : une tentative d’unité nationale dans la crise, visant à nous convaincre que chacun va devoir faire des efforts… tout en protégeant en réalité coûte que coûte les privilèges du patronat, responsable au premier chef de la situation. Alors que l’inflation rogne déjà nos salaires, les appels de Macron à nous serrer encore la ceinture doivent alimenter la préparation d’un plan de bataille à la hauteur pour refuser de payer la crise et défendre nos conditions d’existence.



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