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Politique

Seconde vague

Covid19. Face à la recrudescence des cas, exigeons la gratuité des masques

En ce mois d'août, l'ensemble des indicateurs pandémiques indiquent une recrudescence des cas de Covid19 en France. Alors que des mesures restrictives sont mises en place localement comme l'obligation de porter de nouveau des masques dans certaines villes comme Nice, Lille ou encore Paris, il est indispensable d'exiger la gratuité totale des masques pour toutes et tous.

lundi 10 août

Depuis le début de la pandémie, le Covid19 a fait au moins 731 500 morts dans le monde, et plus de 19,8 millions de personnes contaminées, selon les dernières statistiques de l’Université John Hopkins. En France, les deux dernières semaines ont été elles aussi marquées par une recrudescence des cas, et l’ensemble des indicateurs pandémiques sont en hausse. Selon les chiffres disponibles au 7 août, 2 288 nouveaux cas en 24 heures ont été recensés en France, portant le total de cas confirmés de contamination depuis le début à 197 921 pour 30 324 décès. 184 clusters sont en cours d’investigation, soit 21 de plus en 24 heures et 5011 hospitalisation sont en cours, soit 136 de plus, là encore en 24 heures. Enfin, ce sont désormais 15 départements qui sont en situation de « vulnérabilité » et 21 où le Coronavirus est « particulièrement actif » dans l’Hexagone.

Autant d’indicateurs qui ne laissent aujourd’hui guère place au doute quant au rebond épidémique et à la fameuse « seconde vague » de la pandémie. Surtout, c’est dans une série de zones globalement épargnées par l’épidémie jusqu’alors que l’on voit les cas de contamination en forte augmentation. Si l’Île de France est un foyer important, l’épidémie progresse fortement dans le Sud-Ouest, particulièrement en Haute Garonne, le Sud-Est ou encore dans la région des Pays de la Loire.

Bien entendu, et comme ce fut le cas lors de la « première vague », la gestion gouvernementale catastrophique de la pandémie reste le principal facteur expliquant cette recrudescence pandémique. En effet, la gestion du « post-confinement » et la relance massive de l’activité économique tous azimuts n’a pu que maintenir la circulation du virus, tout comme l’absence de masques et de tests avait été un facteur déterminant quant à la propagation du Covid19 à partir de mars dernier.

Aujourd’hui, le gouvernement entend repartir sur les mêmes bases. La fermeture de secteurs d’activités « non-essentielles » n’est évidemment pas sur la table, tandis que des mesures restrictives sont (ré) introduites au bon vouloir des mairies et préfets. L’obligation du port du masque dans « certaines rues » et quartiers à Paris ainsi qu’en Seine-Saint-Denis, dans les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et le Val-d’Oise a été rendue effective ce 10 août. Elle cible particulièrement les bords de Seine, les arrondissements les plus au Nord de la capitale (18e, 19e, 20e) et les banlieues où vivent les foyers les plus modestes. Cette obligation s’accompagne d’une amende de 135 euros pour les contrevenants, rappelant toute la période de violence du confinement puis du déconfinement envers les quartiers populaires sous le prétexte sanitaire. 
Ces mesures qui apparaissent comme totalement insuffisantes, voire totalement incompréhensibles, mais qui visent avant tout à non seulement maintenir coûte que coûte les activités touristiques d’une part, et à ne pas engager d’arrêt de production « non-essentielle » qui entamerait les profits des grands patrons et actionnaires d’autre part. Dans ce cadre, c’est le serpent de mer d’un second confinement brutal qui fait son retour. Autant dire qu’après la gestion pandémique catastrophique de la première vague, la gestion de la seconde prend aujourd’hui la même voie.

Alors que le gouvernement ne promet qu’amendes à celles et ceux qui ne respecteront pas le port du masque, la première des exigences est bien de réclamer la gratuité de ces derniers. Il en va de la protection de la santé de l’ensemble de notre camp social, en première ligne de ce virus, alors que ce moyen de protection élémentaire est aujourd’hui hors de prix pour de nombreuses personnes, quand bien même la presse dominante titre à loisir sur la prochaine « baisse des prix » des masques. La généralisation des tests et leur accès libre et gratuit, avec de vastes campagnes permettant d’identifier et de soigner l’ensemble des personnes contaminées, sont également indispensables pour enrayer et éradiquer la progression du virus. Jusqu’à présent, la gestion de cette crise démontre l’incapacité des classes dominantes à satisfaire ces besoins pourtant élémentaires. C’est pourquoi il est indispensable que notre camp social et le mouvement ouvrier dans son ensemble ouvrent la voie à une alternative de la gestion de la crise pandémique. Il en va de la vie de milliers des nôtres.




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