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Notre classe

Pour la vaccination massive, contre le pass sanitaire !

Contre le pass sanitaire, pour une vaccination massive : le mouvement ouvrier doit être mobilisé ce mercredi !

Ce mercredi le projet de loi relatif à l'extension du pass sanitaire sera présenté à l'Assemblée Nationale. Face à cette mesure autoritaire de Macron, les organisations du mouvement ouvrier doivent être elles aussi présentes dans la rue, tout en en revendiquant une stratégie sanitaire et une campagne de vaccination à la hauteur, entre les mains des soignants et des classes populaires.

mercredi 21 juillet

Crédits photo : Radio France

Ce mercredi, le projet de loi relatif à l’extension du pass sanitaire sera présenté au Parlement après sa validation, dans les grandes lignes, par le Conseil d’État hier et en conseil des ministres. Ce projet de loi vise à instituer le fameux pass sanitaire, une mesure liberticide qui permettra d’imposer dans une grande partie des activités de la vie courante un flicage sanitaire, ouvrant ainsi d’importantes brèches sur le terrain des droits démocratiques mais également des attaques contre le monde du travail.

Alors que Macron veut passer en force sa loi, des mobilisations sont appelées ce mercredi dans toute la France. A Paris, les Gilets jaunes citoyens appellent ainsi à se rassembler à proximité de l’Assemblée nationale contre le pass sanitaire. A Toulouse, plusieurs collectifs appellent également à la mobilisation, contre le pass sanitaire mais également contre la réforme des retraites et la réforme de l’assurance-chômage. Dans toute la France, de telles mobilisations devraient également avoir lieu.

Des appels à la mobilisation qui s’inscrivent dans la continuité des manifestations qui ont eu lieu les 14 et 17 juillet dernier. Samedi, ce sont ainsi plus de 100 000 personnes qui se sont mobilisées. Un début du mouvement qui n’est pas exempt de confusion et de récupérations réactionnaires, à l’image des comparaisons antisémites avec la Shoah qu’on a pu voir dans certaines manifestations, de la présence de secteurs ouvertement anti-vaccin mais aussi du succès de la marche appelée directement par l’extrême-droite de Florian Philippot à Paris.

Pourtant, ces éléments ne sauraient justifier de rejeter l’ensemble des manifestants qui apparaissent dans leur grande majorité portés par un rejet de l’autoritarisme de Macron, ainsi qu’une défiance vis-à-vis du gouvernement et de sa gestion catastrophique de la crise sanitaire. A l’inverse, il est fondamental que le mouvement ouvrier se positionne par la voie de ses organisations pour lutter contre l’autoritarisme sanitaire de Macron qui ne fait qu’amplifier la défiance de la population vis-à-vis de la vaccination – pourtant un moyen clé pour réduire drastiquement la létalité et les chaînes de transmission du virus. S’opposer aux mesures liberticides du gouvernement est ainsi essentiel pour disputer à l’extrême-droite et aux complotistes les consciences des nombreux primo-manifestants qui ont pris la rue la semaine dernière.

A l’occasion du passage de la loi devant l’Assemblée, et comme le souligne Anasse Kazib dans une vidéo publiée hier, il est ainsi impératif que le mouvement ouvrier et l’ensemble des militants cherchent à organiser la colère. A l’image de ce qu’ont fait localement certaines sections syndicales telles que la CGT du Loiret ou de la CGT du Cher qui se sont mobilisées samedi dernier à Orléans et à Bourges. Plus de deux ans après le mouvement des Gilets jaunes, duquel les directions du mouvement ouvrier sont restées largement extérieur, il est indispensable que le mouvement ouvrier développe une politique hégémonique vis-à-vis de la lutte contre le pass sanitaire, à laquelle participent des secteurs du monde du travail, en ne se contentant pas de dénoncer l’autoritarisme sanitaire de Macron, mais en proposant un plan de bataille sérieux en dialogue avec la politisation croissante de secteurs qui se mobilisent actuellement.

C’est de cette manière qu’il sera possible d’œuvrer à articuler les revendications démocratiques et sanitaires à la lutte contre les attaques anti-sociales de Macron, en particulier contre la réforme des retraites et celle de l’assurance-chômage, tout en s’opposant aux militants d’extrême-droite qui cherchent canaliser la colère sur un terrain ultra-réactionnaire. Là où ces secteurs sont à la manœuvre, les organisations du mouvement ouvrier devraient opposer leurs propres rassemblements, comme ont cherché à le faire une partie des Gilets jaunes franciliens, parmi lesquels Jérôme Rodrigues, qui sont descendu dans les rues samedi dernier en dénonçant l’opération récupération de Florian Philippot le « raciste », « petit-fils spirituel de Jean-Marie Le Pen », et qui appellent, à Paris, à manifester ce mercredi à partir de 16h de Convention à l’Assemblée Nationale, et jeudi à 17h devant le Sénat.

Des mobilisations qu’il faudra rejoindre également pour y porter la nécessité d’une stratégie ouvrière sur le terrain sanitaire, seul moyen de briser la défiance contre la vaccination et de permettre de la mener à son terme pour en finir avec l’épidémie. Développer l’auto-organisation des soignants, revendiquer des commissions indépendantes sur la stratégie sanitaire, imposer la levée des brevets ou encore poser la question de l’expropriation des laboratoires pharmaceutiques sous contrôle des travailleurs et de la population, autant de mesures que le mouvement ouvrier devrait chercher à porter dans le cadre du mouvement naissant contre le pass sanitaire.




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