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Politique

Racisme

Climat islamophobe : Deux femmes voilées poignardées au pied de la tour Eiffel

Dimanche 18 octobre, une enquête a été ouverte pour tentative d’homicide volontaire par le parquet de Paris ; suite à l’agression de deux femmes voilées à l’arme blanche, au pied de la tour Eiffel.

mardi 20 octobre

Crédits photo : STRINGER / AFP

Les deux femmes alors en promenade avec leur famille, s’étaient querellées avec deux autres femmes propriétaires d’un chien non attaché qui effrayait leur enfant. Le ton serait monté à la suite d’une demande d’attacher l’animal. Les propriétaires du chien auraient alors agressé les jeunes femmes au couteau.

Des soupçons sur le caractère islamophobe de l’agression circulent sur les réseaux sociaux du fait que les jeunes femmes agressées étaient voilées. L’une d’entre elles, affirme avoir été victime d’insultes racistes « sale arabe », « on est chez nous » avant de se recevoir des coups de couteaux. Elles ont été transféré à l’hopital et leur vie n’est pas en danger. 

Des sources du parquet de Paris ont affirmé qu’aucun lien entre l’agression et un quelconque caractère religieux n’a été établie pour l’instant. Mais le témoignage des victimes et les questionnements qui en découlent ne surprend pas dans dans un climat de tension sociale forte, où la droite et l’extrême droite se livrent à une surenchère liberticide islamophobe et xénophobe, en particulier après le meurtre atroce de Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine..

Un meurtre qui aconduit Valls et Darmanin à appeler à l’interdiction le CCIF, association qui assiste les musulmans en cas de discrimination, la demande de Marine Le Pen d’un moratoire sur l’immigration et les naturalisations pour dénoncer le « pacte sur la migration et l’asile », ou encore l’expulsion des étrangers ou binationaux fichés S. Un ensemble de réactions qui traverse le champs politiques, tendant à amalgamé aux actes terroristes les plus odieux l’ensemble des musulmans et assimilés comme tels.

Le 8 octobre, après les attentats de la préfecture de police, Emmanuel Macron avait commencé à semer le trouble en prônant une « société de la vigilance » face à « l’hydre islamiste », demandant à chaque citoyen de signaler les comportements suspects. Une des applications concrètes avait été la production de formulaires à l’université de Cergy servant à dénoncer les « signaux faibles » de radicalisation, qui correspondaient à la stigmatisation des actes et pratiques banals d’un musulman pratiquant, appelant les membres de l’université à traquer leurs camarades et collègues. Or l’attention particulière de ces signaux faibles avaient été défendus par Christophe Castaner l’année dernière à la suite des attentats de la préfecture de police.

Cette défiance envers les signes ostentatoire en lien avec la religion musulmane avait conduit aussi à l’agression d’une femme, mère de famille accompagnatrice scolaire, portant le voile au conseil régional de Bourgogne Franche Comté ; violemment prise à partie par des députés d’extrême droite.. La droite et l’extrême, ainsi que le gouvernement jouant sur ses plates bandes crée un climat où le simple fait de porter un voile est assimilé à un acte de provocation, comme en témoigne l’affaire autour de Myriam Pougetoux, représentante de l’UNEF, venue voilée à l’Assemblée Nationale.




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