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Politique

Détresse psychologique

Chèques psy pour enfants sans moyens supplémentaires : le nouveau coup de com’ de Macron

A l’issue de sa visite dans le service de pédopsychiatrie du CHU de Reims (Marne), Emmanuel Macron a annoncé, mercredi 14 avril, la mise en place d’un forfait de dix séances prépayées chez un psychologue pour les enfants. Un coup de com’ qui peine pourtant à cacher le manque de moyens et d’effectifs de la médecine pédopsychiatrique.

jeudi 15 avril

Crédit Photo : CHRISTIAN HARTMANN / AFP

« Nous avons aujourd’hui un problème de santé qui touche nos enfants et adolescents, qui se rajoute à l’épidémie », a déclaré le chef de l’Etat au cours de sa rencontre avec des soignants du CHU de Reims. Il était accompagné du ministre de la santé, Olivier Véran, et du secrétaire d’Etat en charge de l’enfance, Adrien Taquet. De grandes formules et le déplacement de toute la clique macronienne pour ce qui n’est rien d’autre qu’un énième coup de communication sans débouchées.

Encore une fois, Macron tente de raviver le dialogue avec une frange de la société impactée par sa gestion erratique de la crise. Deux semaines après la fermeture des écoles suite à des mois de discours « d’ouverture à tout prix » saupoudrés à la touche « exception française », l’échec de la politique du gouvernement s’est de nouveau exprimé de manière dramatique. La politique purement répressive de l’exécutif, consistant à anéantir tout espace et moment de loisirs et de vie sociale, sans augmentation des moyens dans les services publics hospitaliers et de l’Education, pèse psychologiquement sur l’ensemble de la population, et notamment sur les enfants. Selon Christèle Gras-le-Guen et Richard Delorme, pédiatre et pédopsychiatre, « les publications scientifiques attestent de conséquences sévères chez les enfants et adolescents, y compris chez les moins de 6 ans. Ils apparaissent même plus vulnérables au stress de la crise que les adultes ».

De plus, l’ouverture des écoles sans protocole sanitaire viable et sans aucun moyen a conduit à des catastrophes à l’image de celle du lycée Delacroix où vingt parent.es d’élèves sont mort.es depuis le début de la crise sanitaire. Le retour en distanciel a été chaotique car non préparé, avec des bugs informatiques et les ENT saturés. Cette situation est intenable psychologiquement et le taux de troubles mentaux a également fortement augmenté chez les enfants et les adolescents.

Face à cette catastrophe, la réponse désormais phare de Macron est le fameux « chèque-psy ». En janvier, Macron avait déjà annoncé la mise en place de 3 chèques psy pour les étudiant.es. Visiblement, cela aurait pu pallier à la précarité, à la faim, au décrochage scolaire et à la dépression. Au-delà de l’inefficacité du dispositif qui nécessite l’aval d’un.e médecin traitant.e qui n’est pas gratuit pour tout le monde, personne n’a vu la couleur de ces chèques. Les universités où il y a déjà un.e psychologue n’appliquent pas la mesure et les étudiant.es sont, comme avant l’annonce, réduit.es à attendre éternellement que leur tour arrive malgré les files d’attentes exponentielles. Les universités qui pourraient bénéficier de ce chèque n’appliquent pas la mesure en attente et en heure. Cette annonce n’était que cosmétique et peinait à cacher les années de casse budgétaires dans l’université et le mépris que le gouvernement a eu envers la jeunesse depuis le début de la pandémie.

Trois mois après, Macron réitère et on se demande si c’est une blague ou non. Cette fois-ci ce serait dix séances qui seraient prépayées. Sachant que rien ne sera effectif, pourquoi ne pas promettre encore plus grand ? [La chef du service de pédopsychiatrie du CHU de Reims a justement interpellé le président : « « Il faudrait doubler, voire tripler les effectifs ». Elle lui a expliqué que les consultations avaient doublé depuis septembre. Il faut maintenant huit mois d’attente pour obtenir un rendez-vous. « On est fatigué, ce n’est jamais fini, on est très sollicité en permanence », a précisé Anne-Catherine Rolland, la chef du service. Tout comme les soignant.es, le secteur de la santé mentale sont sursollicité.es depuis le début de la pandémie et aucun moyen ne leur est alloué pour pallier à la surchage de travail.

Avec plus de 100 000 morts dépassés en France des suites du Covid, nous n’avons rien à attendre de ce gouvernement qui fait passer les profits du patronat avant nos vies tout en nous méprisant et prétendant atténuer les effets de la crise avec des mesures fantômes. Il faut s’auto-organiser par en bas, avec les travailleur.se.s de la santé et les parent.es d’élèves afin de répondre aux besoins psychologiques des enfants et des adolescents, en exigeant des moyens pour les services publics !




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