^

Racisme et violences d’Etat

Censure

Censure : TF1 fait supprimer une scène d’interpellation policière dans un dessin animé

Diffusé sur TF1, un épisode de la série « Miraculous : Les Aventures de Ladybug et Chat Noir » a été amputé de 3 minutes par la chaîne de télévision lors de sa diffusion. La raison ? Ces 3 minutes dénonçaient l'injustice d'une arrestation policière que la chaîne a tout simplement censurée.

lundi 7 mars

Crédit photo : capture d’écran TF1

Série pour enfant Franco-Coréo-japonaise créé par Thomas Astruc fin 2015, « Miraculous, les aventures de Ladybug et Chat Noir » est une série racontant l’histoire de deux super-héros adolescents, Marinette Dupain-Cheng et Adrien Agreste. Or, dans l’épisode diffusé dimanche, une internaute - @Fenarinarsa - a démontré que près de 3 minutes avaient été censurées.

La scène supprimée le contrôle de la mère du personnage principal alors qu’elle voyage en bus sans titre de transport par 4 CRS. Bien que ne comportant aucune violence physique, cette scène montre l’humiliation que subit le personnage, voyant ses affaires jetées au sol et se faisant menotter en pleine rue. Dans la version anglaise -non censurée- le méchant de la série jubile, et la scène est qualifiée « d’injuste » et d’« abus de pouvoir » de la part de la police.

C’est ainsi parce qu’elle témoigne de la violence quotidienne de l’institution policière et de son caractère profondément raciste – le personnage est en effet d’origine asiatique – que cette scène s’est vue retoquée par TF1. En ce sens, l’auteur Thomas Astruc -bien que déplorant le retrait de cet extrait- a défendu TF1 sur Twitter, expliquant qu’« ils estiment que ça peut poser un problème, que l’histoire pourrait être mal comprise, que les institutions se sentent attaquées ou que cela puisse nuire à la confiance que tout enfant devrait légitimement avoir dans les institutions ».

Une réponse qui en dit long sur le motif de la censure de la chaîne : défendre l’institution policière et invisibiliser les violences policières. Pourtant les scènes d’interpellation violentes dans les transports, allant parfois jusqu’à entraîner la mort, comme ce fut le cas de Saïd M’Hadi dans le métro de Marseille sont nombreuses et le caractère systémique des violences policières est une réalité, mise en lumières crument ces dernières années par le mouvement antiraciste et le mouvement des Gilets Jaunes.

C’est dans ce contexte que la censure de TF1 s’inscrit. En ce sens, celle-ci est est bien à l’image du traitement médiatique général de cette question, systématiquement invisibilisée.



Mots-clés

censure   /    médias   /    Racisme et violences d’Etat   /    Politique