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Politique

OFFENSIVE SÉCURITAIRE

Castex accusé d’avoir cherché le soutien du maire de Toulouse en lui offrant des policiers

Dans un article du Canard Enchaîné, Jean Castex est accusé d’avoir acheté le soutien du maire LR de Toulouse en vue des présidentielles à coup de financements d’effectifs policiers pour la ville.

lundi 19 avril

Crédits photo : ERIC PIERMONT / AFP

D’après le Canard Enchainé du 14 avril, Jean Castex aurait accordé jusqu’à 200 policiers supplémentaires au maire LR de Toulouse, Jean Luc Moudenc, afin de garantir le soutien de ce dernier à Macron en vue des présidentielles.

C’est sur un document de la mairie de Toulouse d’octobre dernier, « Signature contrat de sécurité intégrée entre la mairie de Toulouse et l’Etat », que le journal base son accusation. Dans la lignée de l’offensive sécuritaire, cet accord prévoit la création d’entre 150 et 200 postes de policiers sur la période 2020-2026 à la charge de l’État et d’au moins 100 postes supplémentaires à la charge de la ville. Mais ce n’est pas tout. L’État fournira en effet 54 véhicules de police neufs, et la ville de Toulouse s’engage à mettre en place d’ici 2023 100 nouvelles caméras de vidéosurveillance.

Pour prendre soin de ces nouvelles forces de répression, l’État et la ville sortent les grands moyens : projet de sécurisation d’un contingent de logements sociaux réservé aux nouveaux policiers nationaux, cartes de transports gratuites, inscription dans les crèches facilitées mais également l’engagement que la ville de Toulouse « accordera une attention particulière aux candidatures de conjoints de policiers » sur les offres d’emplois municipaux. Tout est bon pour choyer la police.

L’accusation de « marchandage politique » a été contestée en bloc par En marche, le ministère de l’intérieur, la mairie de Toulouse ou encore un syndicat de police. Si elle semble gêner autant les concernés, c’est parce que fournir des garanties à Moudenc sur le terrain de la sécurité semble la meilleure manière d’obtenir son soutien.

Le maire surfe en effet sur la rhétorique réactionnaire de l’insécurité en affirmant vouloir « pacifier des lieux touchés par les trafics et la délinquance » et en s’affirmant « contre le désordre ». La mairie se vante ainsi d’avoir « doublé les effectifs de terrain de la police municipale et augmenté fortement la couverture de vidéoprotection , passant de 21 à 430 caméras en 5 ans. ». Ce zèle répressif et sécuritaire a valu à la ville d’être épinglée par diverses associations comme la quadrature du net, ou encore la ligue des droits de l’homme pour de nombreux cas de violences policières ou encore pour ses systèmes de vidéosurveillance intrusifs.

Signé en pleine remontée du Covid-19 (le second confinement a débuté le 29 octobre 2020), ce document atteste au moins d’un fait avec certitude : l’État a de l’argent pour financer la police là où les hôpitaux sont victimes depuis plusieurs années de réformes néolibérales et de coupes budgétaires criminelles ayant directement entraîné leur saturation avec le Covid.




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