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Notre classe

La régression sociale ne se négocie pas

Capitulation ! Les directions syndicales, CGT comprise, acceptent de négocier la réforme des retraites

Ce mercredi, les directions syndicales ont confirmé qu’elles prendraient part au processus de « concertations » à venir sur la réforme des retraites. CGT en tête, elles cautionnent donc des négociations conçues pour nous faire accepter de travailler plus. Une capitulation.

mercredi 5 octobre

Crédits photo : Twitter - Philippe Martinez et Olivier Dussopt en mai 2022

Les directions syndicales capitulent en acceptant de négocier la régression sociale

Elles étaient arrivées au ministère du Travail « l’arme au pied » selon Les Echos, on peut considérer ce matin que l’arme est désormais rangée au placard. Ce mercredi, les directions syndicales ont unanimement accepté de participer aux concertations avec le gouvernement sur la future réforme des retraites.

Reçues hier par Olivier Dussopt, pour une première échéance qui devait servir à tâter le terrain sur les concertations conçues pour faire passer la pilule de la contre-réforme, toutes sont ressorties unanimes rapporte Reuters. Du côté de la CFDT, on se dit « rassuré sur le périmètre de la réforme », précisant que « les éléments de langage laissent penser que le gouvernement souhaite une amélioration du système et de son financement ». Du côté de l’UNSA, même son de cloche : « on a senti une volonté de changer les choses ».

De son côté, si la CGT reste « méfiante » elle a annoncé « vouloir rester à la table des discussions pour apporter ses propositions "projet contre projet" » note encore l’agence de presse. Alors que Philippe Martinez avait annoncé le 29 septembre qu’il était prêt à discuter « s’il y a[avait] une véritable volonté d’écoute », la Confédération semble s’être laissée convaincre par le gouvernement.

Une politique qui constitue une capitulation ouverte face à Macron. Car par-delà les « éléments de langage », le Président et sa clique n’ont jamais caché leur objectif avec la réforme des retraites : nous faire travailler plus, plus longtemps, en repoussant l’âge légal ou en augmentant la durée de cotisations. Macron l’a dit, re-dit et répété et les « concertations » ne visent qu’à accompagner une attaque brutale, dont le calendrier est déjà fixé : avant l’été.

Ce n’est pas le mandat qu’on leur a donné : les syndicats à la base doivent dénoncer leurs directions !

Alors que l’heure devrait être à préparer la riposte contre les contre-réformes et pour les salaires, les directions syndicales acceptent donc de négocier la régression sociale. A l’heure où Macron ouvre une large offensive contre le monde du travail et la jeunesse, cette décision constitue un refus du combat et donne l’illusion qu’il serait possible de négocier la réforme des retraites dans un sens « progressiste ».

Une politique qui ne peut que s’opposer à la construction d’une contre-offensive face à Macron sur le terrain de la lutte de classe : au moment même où la lutte des raffineurs de Total et de ExxonMobil pourrait permettre de construire un rapport de forces par la grève, la direction de la CGT se subordonne au cadre de négociation du gouvernement.

Un choix dont elle a conscience qu’il va poser problème, puisqu’elle se couvre maladroitement en expliquant qu’« il faudra construire un rapport de force dans les entreprises pour mettre sous le contrôle des grèves et des manifestations les propositions du gouvernement »… Une contradiction dans les termes.

Face à cette capitulation ouverte, les syndicats à la base, quelles que soient leurs étiquettes, devraient se désolidariser de la position des directions syndicales et la dénoncer ouvertement. Non, le recul de l’âge de départ à la retraite ne se négocie pas et il faut exiger que les dirigeants syndicaux quittent la table des négociations. A l’inverse de leur « dialogue social », il y a urgence à mener la bataille pour une orientation radicalement différente, qui s’appuie sur les grèves reconductibles en cours dans la pétrochimie pour commencer à construire une riposte face au gouvernement et au patronat.

Entre les piquets des grévistes de Total et ExxonMobil et les salons de Matignon, le choix est clair !



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