^

Monde

Ecologie

Canicules extrêmes, fonte des glaces : un nouveau rapport du GIEC sonne l’alarme

C’est sur une conclusion bien plus radicale qu’à l’habitude que se conclut ce rapport du GIEC obtenu par l’AFP, qui ne sera publié en intégralité qu’en 2022. La nécessité d’un changement total du système est clairement exposée par les scientifiques, mais ce dernier ne peut être attendu de la part de nos dirigeants irresponsables. Reprenons nos affaires en mains !

jeudi 24 juin

Crédits photo : AFP

Alors que l’ont sort petit à petit de la crise sanitaire mais que la crise économique qui s’annonce est de plus en plus menaçante malgré la reprise, que des millions de personnes à travers le monde ont perdu leurs emplois et se confrontent à une précarité de plus en plus grande imposée par un système à bout de souffle, le GIEC vient de publier un nouveau rapport pour nous rappeler que l’imminence d’une crise écologique approche à grand pas, annonçant la probabilité d’un point de non-retour dès 2025 à hauteur de 40 %, selon l’organisation météorologique mondiale.

En 2015, à Paris, se réunissaient un sommet mondial pour discuter des questions écologiques, et actaient d’une résolution modeste de ne pas dépasser les +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, et si possible à ne pas dépasser les +1,5°C. Mais le nouveau rapport du GIEC vient durcir ces prévisions, et annoncent que dépasser seulement les +1,5°C pourrait entraîner « progressivement des conséquences graves pendant des siècles, et parfois irréversibles ».
 

Des conséquences irréversibles

Depuis le début de l’ère industrielle au 19ème siècle, la température a déjà augmentée en moyenne d’environs 1,1°C et les effets sont déjà graves. Selon le rapport, ces mêmes effets ne feront qu’empirer si des changements drastiques pour la planète ne sont pas imposés d’ici les prochaines années.

Parmi les conséquences nombreuses d’une hausse de la température de +1,5°C, on estime qu’il est déjà trop tard pour les impacts de cette flambée du climat sur certains animaux et plantes « Même à +1,5°C, les conditions de vie vont changer au-delà de la capacité de certains organismes à s’adapter ». On note parmi ces organismes les coraux dont la disparition a déjà commencée du fait des activités humaines écocides. Cette disparition pourrait impacter directement la vie de près d’un demi milliards de personnes, selon le rapport. En effet, des populations vivant sur des zones côtières dépendent fortement d’activités pour vivre comme la pêche. Les coraux sont une composante cruciale qui permettent le maintien de près d’un quart de la vie sous-marine, leur disparition impacterait donc directement la présence des poissons, et donc de ceux qui vivent de leur consommation chaque jour.

Ailleurs sur la planète, en Antarctique, région du globe qui se réchauffe trois fois plus vite que la moyenne, nombreux sont les êtres vivants qui seraient également amenés à disparaître de la surface, mais également des populations ancestrales qui vivaient dans ces régions
 
« Dans tous les systèmes de productions alimentaires, les pertes soudaines s’accroissent » pointe le rapport, désignant le réchauffement comme « principal moteur » de ces pertes. Mais les personnes qui en subiront les conséquences premières, ce seront bien les populations pauvres, et en aucun cas les propriétaires de ces mêmes productions.

Le rapport continue et prévient : « les niveaux actuels d’adaptation seront insuffisants pour répondre aux futurs risques climatiques ». Même si la hausse se maintient à +2°C, 80 millions de personnes supplémentaires auront faim d’ici à 2050 et 130 millions de personnes pourraient tomber dans l’extrême pauvreté d’ici 10ans. 130 millions de personnes auxquelles ont peut rajouter les 150 millions d’autres prévus en 2021 seulement, par le Forum économique mondiale, du fait de la crise du COVID-19, dont les origines sont clairement inhérentes aux modes de productions même du capitalisme.

Les pénuries d’eau, les canicules extrêmes, la multiplication des désastres climatiques de type ouragan, inondations et incendies seront le lot quotidien de centaines de millions de personnes à travers le monde. Les conséquences de ces désastres pour les populations seront d’ailleurs encore plus grandes dans les pays en proie à la prédation impérialiste. Le coût des mesures d’adaptation sera impossibles à financer pour une majeure partie des pays exploités, et leur population, et en premier lieu les plus pauvres, en seront les premières victimes.

Dans la continuité de ses prédictions, le rapport avance que si les +2°C sont atteint, la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique de l’Ouest entraîneront une hausse du niveau de la mer de 13 mètres, pour atteindre alors un point de non-retour. « Chaque fraction de degrés compte » souligne le GIEC, pointant un autre point de rupture au niveau de l’Amazonie qui pourrait bien se transformer en une savane, alors même qu’elle est l’un des principaux poumons de la planète.

Les conclusions du GIEC, et la nécessité d’une révolution.

Habitué aux conclusions plutôt timorées du GIEC, qui n’en est pas à son premier rapport, cette fois-ci il conclut : « Nous avons besoin d’une transformation radicale des processus et des comportements à tous les niveaux : individus, communautés, entreprises, institutions, et gouvernement », « Nous devons redéfinir notre mode de vie et de consommation ». Une conclusions donc bien plus alarmante qu’a son habitude, et qui pose clairement la nécessité d’une refonte totale de notre système. Un système capitaliste qui est basé sur l’exploitation de milliards d’êtres humains au profit d’une minorité, et surtout basé sur l’exploitation illimitée des ressources naturelles. Mais cette refonte du système ne pourra qu’être arrachée des mains des capitalistes qui n’ont aucun intérêt à changer ce système qui leur profite.

Si le GIEC en vient à des conclusions de plus en plus alarmantes et radicales, c’est bien parce que les multiples sommets mondiaux portés sur l’écologie n’ont prouvé que leur insuffisance face à la hauteur du problème, ce qui n’a rien d’étonnant quand on sait que la seule logique qui dicte les actes des dirigeants de ce monde n’est que celle du profit
 
La question ici n’est plus de savoir quel gouvernement mettre à la tête de nos pays, mais bien de changer radicalement de système. On ne peut plus donner la moindre confiance aux dirigeants de ce système qui ne nous donne pour solution que capitalisme vert. La transition écologique ne pourra jamais se faire avec les mesurettes prises par ceux qui sont responsables de cette catastrophe, car la crise qui arrive à grand pas n’est pas le produit de la mentalité de la majorité de la population mondiale ou de modes de consommation individuels, comme ces mêmes dirigeants peuvent bien souvent le laisser transparaître. Non, en effet, cette crise est bien la résultante des politiques menées par une minorité de riches qui possèdent la quasi entièreté des richesses de cette planète et de ses moyens de production.
Face à une menace d’une telle ampleur, il est plus que nécessaire que les exploités reprennent leurs affaires en main. Ce n’est qu’entre les mains des travailleurs que la transition écologique pourra avoir lieu, car ils sont bien les premiers concernés par cette dernière. Comme l’a démontré les mobilisation pour le climat, cette question est très ancrée dans une jeunesse dont l’avenir s’assombrit. Face à un même avenir, il est donc urgent que cette jeunesse se mobilise auprès et avec les travailleurs pour renverser ce système à bout de souffle et qui détruit notre planète.