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Jeunesse

offensive contre les lycées

« C’est une répression politique » : exclu pour blocage, un lycéen témoigne

Suite au blocage du lycée Marie Curie à Tarbes lors de la journée de mobilisation nationale du 10 novembre, la direction de l’établissement a décidé de sanctionner deux élèves dont un militant des Jeunesses Communistes, qui témoigne ici.

vendredi 2 décembre 2022

Ce mercredi deux élèves du lycée Marie Curie, à Tarbes, ont été sanctionnés par la direction de leur établissement, les excluant 4 jours pour avoir bloqué leur lycée. Roman qui est l’un d’entre eux, a accepté de répondre à nos questions.

« Nous avons bloqué notre lycée le jeudi 10 novembre dans le cadre de la mobilisation nationale du même jour en opposition à la réforme du bac et Parcoursup, mais aussi en solidarité avec les grèves qui avaient lieu à ce moment-là pour l’augmentation des salaires » raconte-t-il. « C’est suite à ce blocage que j’ai suivi une procédure disciplinaire avec les motifs de blocage de l’établissement, activisme et prosélytisme politique ce qui m’a valu 4 jours d’exclusion dont 3 avec sursis ». La sanction qui touche Roman et son ami est une première selon lui dans son lycée qui voit naître « environ un blocus par an » et qui « n’ont jamais donné suite avec des sanctions ». « C’est le proviseur qui a demandé d’être couvert par le Rectorat et en a profité pour alourdir le plus possible les sanctions ».

De plus si les mesures répressives sont choquantes en tant que tel, c’est aussi l’aspect politique de la répression pleinement reconnu par la direction qui est à relever. Comme nous l’explique Roman « La présence du motif de prosélytisme politique dans ma sanction montre que le caractère politique de cette répression est ouvertement assumé. Le proviseur veut nous empêcher de tracter et de militer devant notre lycée ».

Cet épisode a aussi fait vivement réagir les élèves de l’établissement qui se sont réunis avec différents militants politiques et syndicaux des Hautes-Pyrénés à l’appel de la CGT, du PCF et de la France Insoumise. « Il y a énormément de sympathie de la part des lycéens, des profs qui ne comprennent pas cette décision ce qui a conduit à la manifestation devant mon lycée pour protester contre notre exclusion. La réponse politique est une priorité lorsqu’on se fait réprimer pour des raisons politiques ».

Si bien sûr le cas de Roman est un exemple de phénomène de répression qu’il faut fermement condamner, celui-ci n’est malheureusement pas isolé et s’inscrit dans un contexte d’attaques sans précédent contre la jeunesse lycéenne qui se mobilise. En effet depuis les journées de grèves d’octobre et de novembre qui ont vu apparaître de nombreux blocus lycéens,, une violente répression à l’encontre des élèves ayant bloqué leur établissement est menée par la police à coups de lacrymos et de placages comme au lycée de Goussainville. Mais cette répression s’incarne aussi avec les directions des établissements qui utilisent tous les moyens possibles pour étouffer la colère comme au lycée Ravel où celle-ci a menacé de pénaliser les élèves dans leur bulletin en cas de participation à un blocus.

Dans le même temps c’est le gouvernement qui renforce son arsenal répressif à travers la LOPMI qui prévoit, au milieu d’un tas d’autres mesures sécuritaires et réactionnaires, l’octroi du droit aux policiers de délivrer des amendes pour 3400 types de délits sans passage au tribunal, parmi lesquels le blocage d’un lieu d’étude qui pourrait entraîner une amende atteignant les 1000 euros.. Cette offensive autoritaire témoigne de la volonté du gouvernement de renforcer ses moyens pour réprimer les futures mobilisations qui émergeront en réaction aux contre-réformes qu’il veut faire passer, et dans lesquelles la jeunesse pourrait jouer un rôle important.

Face à la répression qui s’intensifie il est nécessaire de s’organiser et d’apporter toute notre solidarité à ceux et celles qui la subissent comme Roman mais aussi tous les autres élèves réprimés pour avoir bloqué leur lycée. En exigeant l’annulation de l’ensemble de leurs sanctions scolaires et poursuites judiciaires lorsque celles-ci existent. De même, il faut exiger le retrait de toutes les lois sécuritaires comme la LOPMI qui sont des attaques immenses contre le fait de s’organiser et de relever la tête contre un système qui ne nous promet aucun avenir.



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