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« C’est nous le futur » : un rassemblement de solidarité avec Anasse Kazib en forme de bilan d’une campagne inédite

Plus de 300 personnes étaient rassemblées ce mercredi en soutien à Anasse Kazib, convoqué par la police. Une démonstration de solidarité, révélatrice de l’écho rencontré par la campagne du cheminot révolutionnaire.

jeudi 3 mars

Crédits photo : O Phil des contrastes

Face à la répression politique contre Anasse Kazib : une nouvelle démonstration de solidarité

Ce jeudi, Anasse Kazib, était convoqué par la police suite à la mobilisation de solidarité contre l’extrême droite qui s’était tenue le 9 février dernier devant la Sorbonne. Menacée par Génération identitaire, la conférence d’Anasse Kazib s’était finalement tenue devant 500 personnes, réunies au Panthéon, et avait donné lieu à des prises de paroles de soutiens venus faire bloc contre l’extrême-droite.

Une démonstration de solidarité que l’Etat a décidé de sanctionner, en convoquant le cheminot candidat à la présidentielle ce jeudi 3 mars, pour des « faits d’organisation d’une manifestation sur la voie publique sans déclaration ». Devant le commissariat du Vème arrondissement, ce sont finalement 300 personnes et de nombreux militants syndicaux, antiracistes et politiques qui sont venus exprimer leur soutien et dire non aux intimidations.

Parmi eux, Sandrine Rousseau, Omar Slaouti, Fréderic Lordon, Sasha Yaropolskaya, Sandra Lucbert, Adèle Haenel, Assa Traoré, Xavier Mathieu mais aussi le NPA, les Jeunes écologistes IDF, des délégation de salariés de Neuhauser, de Sud PTT92, de la CGT RATP, de la Cgt TUI France, de Sud Rail, le collectif des expulsés d’Ivry, les collectifs Justice et Vérité pour Adama Justice et vérité pour Gaye Camara, Justice pour Claude Jean Pierre, le FUIQP, le STRASS, etc, qui ont toutes et tous exprimé leur soutien. La veille, 43 organisations avaient appelé à ce rassemblement.

Ariane Serge, étudiante à Paris 1, militante à Révolution Permanente et au Poing Levé, également entendue par la police dans cette affaire, a ouvert le bal des prises de parole en revenant sur la situation. Assa Traoré et Farid Bennaï du FUIQP lui emboitent le pas. Pour la première, « le message que le commissariat doit entendre, c’est qu’on sera pour Anasse quoi qu’il arrive. Si la répression est plus forte, on sera 2 fois plus nombreux ! ». Le second explique : « la solidarité est toujours une arme des damnés de la terre. C’est pour ces raisons que le FUIQP se tient derrière Anasse et ses camarades ».

Sandrine Rousseau apporte son soutien entier à Anasse Kazib, tandis que Xavier Mathieu, militant ouvrier, pointe le traitement discriminatoire dont Anasse a fait l’objet tout au long de sa campagne. « « Où avez-vous entendu parler de ce qui se passe ici ? Dans aucun des médias, détenus par des milliardaires, qui ne parlent jamais d’Anasse ». Frédéric Lordon et Sandra Lucbert abondent, décrivant chacun à leur tour l’invisibilisation dont à fait l’objet la campagne d’Anasse Kazib par le pouvoir, signe d’une candidature « révolutionnaire ».

Anasse Kazib conclue : « c’est tout notre camp social qui est convoqué aujourd’hui à travers moi. Si le Parquet convoque un candidat à la présidentielle, le gvt est au courant, ils envoient le signal qu’ils préfèrent Génération Identitaire à ceux qui luttent contre le racisme et le fascisme ». A la sortie du commissariat, le cheminot raconte :« Même le major de Police nous a dit qu’il n’avait jamais vu ça. Jamais aucun candidat n’aura vécu 10% de ce qu’on a vécu pendant ces 6 mois de campagne. »

« Dans cette campagne on a construit un bloc de résistances pour les années à venir »

Anasse Kazib le concède, obtenir les 500 parrainages est désormais un scénario très improbable. Mais complète-t-il : « ils n’ont pas juste empêché ma candidature, ils ont empêché des millions de voix de s’exprimer dans cette présidentielle. Mais ce qu’ils ne pourront pas nous enlever, c’est que dans cette campagne nous avons posé les jalons d’un bloc de résistance et révolutionnaire. Le futur c’est nous ! ». Et de poursuivre : « c’est une fierté de se dire qu’on a autant inquiété le système pour qu’il ne nous donne pas 30min de temps de parole. Ils ont essayé de nous empêcher jusqu’au bout, ça n’a fait que renforcer notre détermination ».

Dans la même perspective, Omar Slaouti défend que « la solidarité qui s’est inscrite lors de cette campagne, elle ne s’arrête pas aux parrainages. Cette campagne c’est l’histoire de demain, c’est un combat à mener ensemble ». Parce comme le note Mahamad Camara, du Collectif Vérité et Justice Pour Gaye : « il va falloir soutenir ceux qui connaissent notre réalité, et Anasse Kazib c’est un ouvrier, il sait ce que c’est que se lever à 3h du matin pour aller travailler ».

« A l’usine il y avait plein de collègues qui ne s’intéressaient pas à la politique mais qui se sont reconnus dans la candidature d’Anasse, dans le projet révolutionnaire de Révolution Permanente, dans la défense du partage du temps de travail, de l’augmentation des salaires, de l’interdiction des licenciements » racontera ensuite Christian Porta militant CGT Neuhauser et Révolution Permanente.

Irène, militante à RP et au Poing Levé, poursuit. « Ils disent que la jeunesse est dépolitisée, alors qu’ils font tout pour nous priver d’un candidat qui nous représente réellement. Nous avons été des centaines de jeunes à nous retrouver dans le projet d’Anasse Kazib, à prendre la route pour aller chercher des parrainages, à militer sur nos facs pour que cette campagne existe. Parce que nous voulons d’un changement de société radical, pour mettre fin à un système qui tue notre avenir et la planète, nous exploite et nous opprime ».

Dans une lettre envoyée à Anasse Kazib et lue par Sandra Lucbert, Adèle Haenel complète. « Il y a un an je ne me serais pas définie comme anti capitaliste. Mais grâce au travail des militants de RP et d’Anasse, les idées ont vraiment fait leurs chemins dans ma tête et dans mon coeur aussi. ». Elle conclue « Merci de nous rendre collectivement plus intelligents. Franchement, vous êtes l’espoir de ce monde ».

Ce que cette campagne aura exprimé, ce dont les dizaines de meetings organisés, les salles combles et les milliers de participants auront été la marque, ainsi que la parole subversive d’un ouvrier, issu de l’immigration, n’auront vraisemblablement pas finalement leur place dans ce concert bourgeois et réactionnaire que constituent les élections présidentielles. Le nombre de soutiens venus exprimer leur solidarité ainsi que le front commun exprimé ce jeudi à nouveau contre l’extrême-droite et la répression d’Etat est une nouvelle démonstration qu’ils auraient dû en être.

Alors que le parquet de Paris a finalement « décidé de convoquer [Anasse] le 18 mai prochain devant le procureur », cette démonstration de solidarité devra être renouvelée. Cette nouvelle tentative de répression politique doit être considérée pour ce qu’elle est, la volonté d’intimider jusqu’au bout et encore une fois un ouvrier issu de l’immigration et avec lui le nouveau projet révolutionnaire porté par Révolution Permanente. Mais comme l’exprimait Anasse, ce jeudi « Cette nouvelle génération ouvrière, elle était dans cette campagne et elle sera là dans les années à venir. Le combat ne fait que commencer. »



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