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Politique

Grève 24 janvier

Bordeaux. "On veut des augmentations de salaires !" 4000 travailleurs et jeunes ont battu le pavé

Ce jeudi 27 janvier un peu partout en France des manifestations ont eu lieu à la suite à l’appel à la grève de l’intersyndical CGT-FO-FSU pour les services publics et des salaires dignes. Nous étions présents à Bordeaux pour suivre les 4.000 manifestants qui ont déambulé de la Place de la République vers la place de la Bourse.

jeudi 27 janvier

Crédit photo : BourgeonPhoto

C’était annoncé, cette journée du 27 janvier a été un moment de convergence entre les différents secteurs du public et du privé en lutte pour le service public et les salaires. Cheminots, postiers, enseignants, soignants ou encore lycéens et étudiants étaient présents ce jeudi à Bordeaux.

Entre 3500 et 4000 personnes selon la CGT étaient présentes au rendez-vous. L’occasion de témoigner d’un ras-le-bol qui s’était exprimé dans les dernières semaines notamment dans l’éducation nationale mais aussi dans quelques grèves qui ont eu lieu à l’hôpital. Pierre, travailleur au service des urgences du CHU de Bordeaux, et membre du comité des urgences à Bordeaux, raconte : "à l’hôpital on est passés du stade où on soignait mal au stade où on ne soigne plus. Certains de nos patients sont morts à l’hôpital par manque de soins. Des soignants se suicident, sont en dépression. Les difficultés de l’urgence sont celles de l’ensemble de l’hôpital, avec notre collectif nous souhaitons qu’avec l’ensemble des syndicats, des structures, nous appelons à une mobilisation de l’ensemble de l’hôpital. C’est plus facile d’aller taper sur les classes populaires et d’en faire un programme politique que de traiter des problèmes hospitaliers qui sont lié à la casse du service public depuis plus de 20 ans."

Dans l’éducation, plusieurs cortèges de différents établissements étaient présents en plus des cortèges syndicaux habituels : enseignants du lycée Magendie, de Vaclav Havel… L’occasion de scander une colère qui ne fait que coaguler, notamment depuis les révélations scandaleuses de Blanquer qui prépare ses protocoles depuis Ibiza...pendant que les enseignants et le personnel sont épuisés d’improviser face à une rentrée chaotique sous le signe des nouveaux variants. Ulysse, lycéen et militant au Poing Levé Lycées et à Révolution Permanente, a exprimé un message de soutien : "on est là en tant que lycéens pour montrer tout notre ras le bol du mépris du gouvernement et la casse du service public. On est là également pour dénoncer toute la répression qu’ont subie les lycéens qui se sont mobilisés ce matin dans de nombreuses villes." Pour Sabine, que nous avons interrogé pour Révolution Permanente, enseignante dans un lycée à Blayes, c’est la goutte de trop : "Depuis 2010 notre point d’indice a pas bougé, nous voulons une revalorisation de nos salaires. Notre pouvoir d’achat diminue de jour en jour."

Un constat partagé par Yann, facteur en Gironde, qui a témoigné pour Révolution Permanente : "La Poste détruit notre métier, on n’a pas de moyens, on n’a pas d’effectif, on a des salaires de misère, on plafonne au SMIC. On veut des augmentations de salaires ! Le mouvement doit s’amplifier car le ras le bol il est dans beaucoup de professions. Notre souci aujourd’hui c’est de remplir notre frigo, de mettre de l’essence dans la voiture, les thèmes qui sont mis en avant pour les présidentielles ne sont pas les thèmes qui nous préoccupent.". Un important cortège de postiers était d’ailleurs présent à la manifestation, l’occasion également de porter des revendications claires contre la répression syndicale que subissent plusieurs syndicalistes aujourd’hui.

Mais en plus des forces politiques habituellement présentes comme Lutte Ouvrière ou le PCF, Révolution Permanente a fait une apparition remarquée se plaçant Cours d’Albret sous son barnum, l’occasion de véritablement s’installer comme force dans le paysage politique local. De nombreux jeunes étaient présents pour faire connaître la campagne et le programme d’Anasse Kazib, cheminot et candidat à la présidentielle, qui souhaite porter ces luttes et cette colère à l’occasion de 2022. Après le succès du meeting à Sciences Po Bordeaux qui avait réuni plus de 400 personnes, le candidat est de retour à Bordeaux le vendredi 4 février au quartier Grand Parc pour discuter sur les questions précarité, chômage et répression dans les quartiers populaires.

Au delà de cette apparition, les militants de Révolution Permanente et les jeunes du collectif anticapitaliste et révolutionnaire Le Poing Levé se sont rassemblés autour d’une banderole qui dénonce les dernières annonces de Macron qui souhaite augmenter les frais d’inscription dans l’enseignement supérieur. Une promesse d’attaque importante qui s’inscrit dans la casse de l’université publique depuis des années, en proie à la sélection sociale et au manque de moyens. Mais au-delà de l’enseignement supérieur, c’est l’ensemble des services publics qui sont aujourd’hui remis en cause, de l’éducation à la santé, l’austérité menée ces dernières décennies par les gouvernements successifs les mettent à genoux.

Mais pour défendre ces services afin qu’ils restent publics, gratuits pour toutes et tous, et lutter contre les attaques patronales et pour augmenter les salaires alors que le coût de la vie ne cesse d’augmenter, cette date du 27 janvier ne suffira pas. En effet, appelée par l’intersyndicale à échelle nationale, cette date de mobilisation sans lendemain aurait mobilisé moins que le 5 octobre dernier selon la CGT. Mais la question n’est pas l’absence de "vapeur", de colère, puisque celle-ci est bien là, et a eu l’occasion de s’exprimer dans des grèves isolées ou par secteur. Aujourd’hui l’urgence est à la construction d’un véritable plan de bataille qui puisse préparer la riposte, pour pouvoir rendre un à un chaque coup de ceux d’en haut.



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