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Bordeaux. Le Département recule sur l’expulsion de dizaines de Mineurs non accompagnés

Le 15 janvier, le Département de Gironde a décidé de mettre à la rue des dizaines de mineurs sans-papiers qu’il était censé prendre en charge. Sous pression du Kabako qui a appelé à soutenir les mineurs non accompagnés, le Département a dû reculer, avant de changer d’avis quelques heures plus tard, mis sous pression. Nous dénonçons cette scandaleuse tentative d’expulsion qui continue de précariser les travailleurs et jeunes étrangers.

lundi 18 janvier

Crédits photo : Christophe Archambault / AFP

Dès le 14 janvier, Le collectif du squat Le Kabako alertait d’une nouvelle menace d’expulsion des MNA (Mineurs non-accompagnés) « pris en charge » sur Bordeaux et ses alentours par le Département.

En réalité le Département n’a donné aucune solution à ces jeunes, les contraignant à vivre dans l’instabilité et l’insécurité en attendant l’obtention de leurs papiers pour régulariser leur situation. Or la seule réponse l’Etat français et de ses institutions est d’enfermer les migrants dans des centres de rétention ou leur accorder un lieu où ils peuvent vivre temporairement dans des conditions incertaines. Ce sont des mesures xénophobes et répressives qui discriminent et précarisent systématiquement les travailleurs étrangers avant de les expulser du lieu où on les a placés : ainsi sont jetés des dizaines de jeunes à la rue en plein hiver et ce alors que l’épidémie continue de s’étendre.

Ce qui n’était qu’une menace la veille s’est réalisé, le Département a bien mis à la rue 35 mineurs non accompagnés, celui-ci les considérant comme majeurs alors que la préfecture de son côté refuse de leur donner une solution de logement, considérant qu’ils sont mineurs… Mais finalement le Département a dû revenir sur sa décision suite à l’alerte lancée par Le Kabako, et le rapport de force qui s’en est suivi. Ainsi, le Département a concédé « à titre exceptionnel » que les jeunes concernés réintègrent leur mise à l’abri le soir même. Mais c’est bien par la mobilisation du Kabako et la réactivité de différents acteurs associatifs que le Département est contraint de réintégrer ces jeunes, leur laissant un sursis jusqu’au 31 mars où une expulsion sera de nouveau ordonnée. Si le soutien n’avait pas été organisé, cette jeunesse extrêmement précarisée et sans-abri aurait sans doute fait grandir le nombre de personnes qui vivent dans la rue ; personnes sans-abris que la Mairie et la Préfecture s’efforcent de chasser toujours plus loin du centre-ville. Cette politique est d’autant plus scandaleuse quand on connaît le nombre de logements vacants que pourrait réquisitionner la Mairie et ainsi donner des solutions de logement décent et pérenne.

Ainsi, la Mairie EELV n’est que la « caution de gauche » de la politique xénophobe d’un gouvernement qui ferme ses frontières aux étrangers en agitant un discours réactionnaire contre l’immigration : de la même manière Hurmic laisse expulser les sans-papiers et précarise les travailleurs étrangers.

Face à cette situation désastreuse et l’attitude criminelle des autorités publiques, il est nécessaire d’exiger immédiatement la mise à disposition des 22 262 logements sociaux et la réquisition des 22 000 logements vacants de la Métropole bordelaise pour répondre à la situation des sans-abris, tout en régularisant la situation de l’ensemble des sans-papiers. En ce sens, à l’image du soutien apporté par le Kabako, partis politiques, syndicats, associations et collectifs doivent apporter toute leur solidarité à ces jeunes et à l’ensemble des sans-abris face aux politiques xénophobes de l’Etat français : le NPA - Révolution Permanente dénonce l’expulsion des mineurs non-accompagnés et soutient leur organisation contre la politique du Département et de la Préfecture.




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