^

Société

Racisme d’Etat

Bordeaux. Expulsions des squats de la métropole : des dizaines de migrants occupent la bourse du travail

Lundi matin, plusieurs dizaines de réfugiés ont occupé la bourse du travail suite aux expulsions des squats de La Zone du Dehors (Saint-Médard-en-Jalles) et du Gars rage (quartier de Saint-Michel), laissant près de 200 personnes, pour la plupart réfugiées, dont des familles, sans abris. Un rassemblement est appelé demain, mardi 16 juillet à 11h30 devant la préfecture de Bordeaux, afin de dénoncer la répression violente dont ont été victimes les expulsés, et pour demander des conditions d’hébergement pérennes.

lundi 15 juillet

Plusieurs dizaines de personnes occupent ce soir la Bourse du travail à Bordeaux en attente d’une solution d’hébergement. Parmi eux, d’anciens occupants des squats de La Zone du Dehors et du Gars Rage, ainsi que des militants d’associations comme Ovale Citoyen (une association qui vise à combattre l’exclusion à travers la pratique du rugby), Attac, Médecins du Monde, ainsi que de la CGT et de la CNT. Suite à l’investissement des lieux, un important dispositif policier a tenté de les déloger sans y parvenir. Une assemblée générale se tenait ce soir afin de discuter des dispositifs d’hébergement à venir.

Un rassemblement est convoqué demain à 11h30 devant la préfecture de Bordeaux, à l’appel des soutiens des expulsés.

En effet, la préfecture profite du calme de la période estivale pour expulser les squats. Le 9 juillet, ce sont d’abord une soixantaine de personnes qui ont été délogées du Gars Rage de Saint-Michel, géré par Le Squid, se faisant par la même occasion confisquer leurs effets personnels, les provisions de nourriture et pour certains leurs papiers d’identité. Le 11 juillet, ce sont cette fois 120 personnes, parmi lesquelles des familles avec enfants, qui ont été expulsées de la Zone du Dehors de Saint-Médard-en-Jalles, dont certaines sont actuellement menacées d’expulsion du territoire. Ce squat abritait des migrants de nationalités nigérianes, arméniennes, géorgiennes, européennes, entre autres.

Si la préfecture justifie ces expulsions pour motif « d’insalubrité » des lieux, la réalité est que ces expulsions permettent d’alimenter la spéculation immobilière à Bordeaux. Alors que la métropole subit une politique de gentrification à grande vitesse, de nombreux bâtiments, propriétés de promoteurs, continuent inoccupés faisant monter les prix. C’est le cas du Gars Rage, ancienne imprimerie inutilisée. Dans le cas de la Zone du Dehors, aussitôt expulsés, des bulldozers ont rapidement détruit le site afin de permettre la construction d’un nouveau plan immobilier.

Par ailleurs, les expulsions menées à l’encontre des occupants, laissant des dizaines de personnes à la rue, font écho à l’offensive répressive menée contre les migrants à l’échelle nationale, avec pour récent exemple l’énorme violence menées contre des migrants qui occupaient le Panthéon cette semaine à Paris pour demander leur régularisation.




Mots-clés

expulsion   /    Bordeaux   /    Société