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Jusqu’au retrait !

Bordeaux. Après un 23 mars historique, faisons de l’Université occupée un QG des luttes

Une nouvelle journée de mobilisation historique s’est déroulée jeudi dans la capitale girondine, où les étudiants sont massivement rentrés dans la contestation. Nous devons nous saisir de cette détermination pour la mettre au service de la généralisation de la grève

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Bordeaux. Après un 23 mars historique, faisons de l'Université occupée un QG des luttes

Crédits photo : Fabien Pallueau

Des flammes hautes de plusieurs mètres, ravageant les portes de l’Hôtel de Ville : dans la nuit de jeudi à vendredi, les images de l’incendie du Palais Rohan ont fait le tour des journaux télévisés et des réseaux sociaux, érigeant le “#Bordeaux” parmi les principales tendances politiques sur Twitter. Un air de Gilets Jaunes ? Dans la capitale girondine comme dans plusieurs villes de France, les forces de l’ordre ont perdu le contrôle lors de cette nouvelle journée de mobilisation jeudi 23 mars.

Le symptôme des tendances au débordement d’un secteur de la jeunesse et des travailleurs en lutte contre la réforme des retraites, depuis l’annonce du passage en force au moyen de l’article 49.3. Cette situation explosive a d’ailleurs contraint l’Elysée à reporter la venue très préparée du Roi d’Angleterre Charles III par craintes de nouvelles actions.

Lire aussi : Visite de Charles III en France reportée : quand les « factieux » terrorisent Macron et la monarchie

La manifestation a battu des records, la jeunesse rentre massivement dans la danse

Jeudi, la mobilisation a battu des records à Bordeaux, l’Intersyndicale annonçant 110 000 personnes, contre 100 000 lors de la très suivie journée du 7 mars. Industrie, santé, éducation, aéronautique, transports… Un cortège compact de dizaines et dizaines de secteurs a afflué dans le centre-ville pendant plusieurs heures. Alors que la tête arrivait à la fin de la manifestation Place de la Victoire, la queue était toujours à l’autre bout du centre-ville, Place de la Bourse.

Parmi les manifestants, la détermination était palpable. “Macron ne veut pas nous entendre mais on est présents, il va falloir qu’il en prenne conscience”, témoignait Isabelle L. technicienne chez Ariane Groupe et syndicaliste CGT. “On est pour durcir la grève : c’est le seul moyen de se faire entendre, jusqu’à ce que le gouvernement flanche”, a-t-elle renchérit au micro de Révolution Permanente.

Dans le cortège, les revendications pour les salaires et les conditions de travail se sont mêlées. Laurianne travailleuse des laboratoires du CHU de Bordeaux, en grève depuis plusieurs jours, expliquait ainsi : “L’Hôpital va mal, les urgences vont fermer. On est en grève car nos salaires sont trop bas, on manque de personnel !”

Mais la manifestation a aussi été marquée par un pôle très animé de centaines de jeunes, réunis le matin même à 500 en assemblée générale inter-facs sur le campus occupé de la Victoire. Depuis le passage en force de la loi, des étudiants, mais aussi des lycéens ont rejoint le mouvement avec beaucoup de détermination, étant à l’initiative de manifestations nocturnes quasi quotidiennes.

Lire aussi : 23 mars : une réponse puissante au 49-3 et à la stratégie perdante de l’intersyndicale

Une délégation d’énergéticiens en soutien des étudiants réprimés

Souhaitant couper court à cet enthousiasme, les forces de l’ordre ont rapidement réprimé le cortège composé de jeunes et de syndicalistes à son arrivée Place de la Victoire, empêchant toute tentative de poursuivre la manifestation. La place a rapidement été inondée par les gaz lacrymogènes, envoyés à proximité du parvis de l’Université mobilisée afin d’intimider les étudiants.

Malgré cette offensive, des étudiants gazés ont pu se réfugier dans l’Université, où s’est tenue une assemblée générale en compagnie d’une délégation d’énergéticiens venus en soutien. Devant un parterre de jeunes, l’un d’entre eux s’est exprimé : “Nous luttons pour défendre notre démocratie face au passage en force du gouvernement. Je trouve qu’il y a comme un air de Mai 68 : ceux-là seraient fiers de nous voir aujourd’hui !” Plus tôt dans la manifestation, la CGT Energie a notamment coupé le courant de l’Hôtel de ville pendant plusieurs heures, symbole de la détermination des salariés.

Faire de l’Université occupée un QG des luttes

Depuis mardi, les étudiants du campus de la Victoire ont “réquisitionné” leur université afin de la mettre au service de la mobilisation. Dans un appel, ils affirment que leur université est “ouverte à l’ensemble du mouvement ouvrier, étudiant ou encore des collectifs qui se mobilisent aujourd’hui contre la réforme mortifère du gouvernement. Dans ce sens nous invitons toutes les personnes qui se sentent mobilisés dans la lutte à nous rejoindre en AG et en manifestation. Elles ont pour objectif de créer du lien entre les différents secteurs et de se coordonner dans l’action, dans le sens de la généralisation de la grève afin de se mobiliser tous ensemble de façon massive.”

Les étudiants se sont ainsi emparés des lieux pour les faire vivre : chaque soir ils tiennent un comité d’occupation à plusieurs centaines afin de discuter collectivement de la gestion du lieu. Des initiatives viennent régulièrement alimenter le programme comme des cours alternatifs, soirées... Une conférence sur la répression avec l’ancien prisonnier politique Jean-Marc Rouillan doit être organisée mardi à la suite de la manifestation. Un meeting inter-luttes est également en cours de préparation ! Alors que de nombreux secteurs sont déterminés à radicaliser le mouvement, faisons de ce campus central de Bordeaux, un QG au service des luttes !

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