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Politique

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« Bons » et « mauvais » réfugiés : face au scandale, la préfecture de l’Essonne suspend l’expulsion de jeunes migrants

La guerre en Ukraine révèle une fois de plus l’hypocrisie de l’Etat français, qui désormais trie les « bons » et les « mauvais » réfugiés, en créant une distinction entre migrants Ukrainiens blancs et migrants racisés et originaires d’autres continents. Une politique scandaleuse qu’illustre le tri effectué par la préfecture de l’Essonne. Elle prévoyait d’expulser de jeunes étrangers, avant de devoir revenir en arrière après les révélations de Médiapart sur la préférence accordée aux Ukrainiens. Plus que jamais, nous devons défendre l’accueil inconditionnel et sans distinction de toutes et tous les migrants !

samedi 26 mars

[Crédits photo : Un hôtel Formule 1 transformé en centre d’accueil / @Google Street View]

Une enquête de Nejma Brahim, publiée sur Mediapart le 23 mars, révèle que 49 jeunes étrangers devaient être mis à la rue le vendredi 25 mars, alors qu’ils logeaient dans un hôtel de Formule 1 transformé en site d’hébergement d’urgence. Ces jeunes, originaires de Guinée, du Mali, ou encore d’Afghanistan, étaient présents au centre depuis le 31 janvier seulement, survivant auparavant sous des ponts ou dans des tentes. Pendant deux semaines, des rumeurs avaient circulé sur leur départ forcé, alors que de nombreux cars d’ukrainiens arrivaient au centre d’hébergement. La préfecture de l’Essonne a fini par acter leur départ le 22 mars, ne proposant aucune solution de repli et les rejetant, de facto, à la rue.

Bien que la préfecture de l’Essonne ait nié faire un quelconque tri entre les migrants, les messages échangés entre l’un des jeunes migrants et des militants de l’association Utopia 56 laissent peu de place au doute. C’est bien la guerre en Ukraine qui a été utilisée comme prétexte pour remettre à la rue les migrants hébergés dans l’hôtel Formule 1.

Pour Pierre Mathurin, coordinateur de l’association Utopia 56 à Paris, les intentions de la préfecture étaient ainsi très claires, et sa réactivité toute différente selon l’origine des réfugiés. Il cite ainsi l’exemple de Pantin, où 60 réfugiés Afghans dorment toujours dehors, tandis qu’un hôtel Ibis a été réquisitionné très rapidement pour les réfugiés Ukrainiens.

C’est finalement grâce à l’intervention des associations et sous la pression de l’opinion publique, après la révélation du scandale par Médiapart, que la préfecture de l’Essonne est revenue sur sa décision, en « suspendant » l’expulsion, qui est donc… remise à plus tard.

Ce nouveau scandale, qui s’ajoute à la longue liste des violences et des humiliations que doivent subir les migrants de la part de l’État, illustre le racisme et l’hypocrisie des administrations françaises, qui créent des distinctions entre les réfugiés et font le choix de privilégier les blancs, alors que la guerre frappe de la même façon, peut importe la nationalité, l’origine ou la couleur de peau.

Un deux poids, deux mesures qui concerne y compris la guerre en Ukraine, alors que les ukrainiens non-blancs ou ceux qui résidaient en Ukraine sans en avoir la nationalité sont régulièrement bloqués à la frontière, et sont complètement délaissés à leur arrivée en France.

Contre un État raciste qui crée une division artificielle entre les migrants, nous réclamons, avec Révolution Permanente, la réquisition et l’expropriation de tout bâtiment inoccupé pour accueillir dignement toutes et tous les migrants sans faire aucune distinction, et quelles que soient les raisons qui les ai poussés à quitter leur pays d’origine. Tous les migrants, y compris les Ukrainiens, doivent être accueillis dans les meilleurs conditions possibles ! Soutien à tous les peuples qui fuient la guerre, et solidarité avec les peuples du monde entier !



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