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Notre classe

L’ouvrier de PSA Valenciennes accusé d’avoir volé des joints a été licencié

Avec Dominique et tous les autres. Il faut en finir avec la dictature patronale qui règne dans nos usines !

Le verdict vient de tomber, Dominique, l’ouvrier de PSA Valenciennes accusé d’avoir « volé » deux joints dans une benne à déchets de son atelier a été licencié. Il voulait réparer une fuite dans son radiateur à gaz. Un cas de plus dans une longue liste de licenciements abusifs et mises à pied arbitraires menés par le patronat. Il faut réduire les effectifs, et pour cela n’importe quel prétexte semble être bon. Retour sur la véritable dictature patronale qui gouverne nos usines.

vendredi 16 octobre 2015

La liste est longue…

Ludovic Milice, ouvrier à l’usine de Toyota à Onnaing, a été licencié le 17 octobre 2012 pour s’être absenté vingt minutes pendant les vœux du président pour aller aux toilettes. Il lui a été reproché un abandon de poste, alors même que l’usine était en arrêt.

Alexandre Bertin, ouvrier à l’emboutissage sur le site PSA de Poissy, dans les Yvelines a été convoqué par la direction le mardi 9 juin dernier. L’entretien pourrait conduire à un licenciement pour faute grave. Ce qu’on lui reproche ? Alexandre a été contrôlé par les matons qui fliquent les entrées et les sorties des salariés avec une paire de gants de travail usagée, oubliée au fond de son sac-à-dos.

Vendredi 18 septembre, suite à une bousculade entre deux ouvriers du site PSA de Mulhouse pour des raisons de stress et de boulot, les deux salariés sont convoqués, séparément, par leur chef respectif, pour écrire un rapport d’incident. Il est par la suite envoyé à la direction de mécanique qui préconise le licenciement des deux travailleurs.

Vendredi 9 octobre, un ouvrier se défendait au conseil de prud’hommes face à la direction de Leroy-Somer de Rabion, en Charente, spécialisée dans la construction de moteurs. Les causes du licenciement ? Un message posté sur Facebook à la fin de la grève de l’hiver dernier, s’opposant à la vente de l’usine. Le 4 février, l’ouvrier avait posté un ultime coup de gueule : « Un dernier message aux messieurs qui nous regardent pour mieux nous punir et nous faire la morale : le droit de grève est un droit acquis, celui d’être con ne l’est pas. » . Dès le début du mois de mars, l’ouvrier a été convoqué par la direction, qui lui a notifié son licenciement pour faute lourde. 

Dans certains cas, la mobilisation des salariés a obligé la direction à reculer. Lorsqu’un moniteur de l’équipe presse de PSA Saint-Ouen a été mis à pied pour un oubli d’une « procédure de sécurité » consistant à laisser le cadenas visible sur la porte grillagée pour signifier sa présence, c’est toute l’équipe qui s’est mise en grève pour protester contre cette sanction abusive. Les 22 ouvriers, dont 4 moniteurs, ont stoppé le travail pendant près de 2h15 et ont eu gain de cause immédiatement.

Les ouvriers ne sont pas les seuls à être visés

Mais les ouvriers ne sont pas les seules cibles de la dictature patronale. Quiconque ose contester le droit des patrons à disposer des ouvriers comme ils veulent peut se retrouver sur la sellette.

C’est le cas d’Isabelle Kryvenac, plus connue comme « Docteur courage ». Travaillant en tant que médecin du travail sur les sites de Metz-Borny et Trémery, en Moselle, elle s’est retrouvée sous le coup d’une menace de licenciement. Son tort ? Elle refuse de mettre ses compétences au service de la production capitaliste, de collaborer en classant comme « salariés en inaptitude » les travailleurs usés, facilitant ainsi leurs licenciements. Elle refuse de cacher les accidents de travail comme le font, malheureusement, trop de médecins sur le groupe PSA. Elle se bat pour obtenir, comme le prévoit la loi, des postes à capacité restreinte pour ceux qui en ont besoin.

C’est également le cas de Laura Pfeiffer, inspectrice du travail chargée de contrôler l’entreprise Tefal, basée à Rumilly. Son crime ? Avoir rendu public, à l’aide d’un informaticien aujourd’hui licencié, des mails internes à l’entreprise montrant que la direction avait cherché à entraver son travail. La jugeant beaucoup trop regardante quant à un accord caduc sur les 35 heures, la direction de Tefal use de l’artillerie lourde pour se débarrasser de l’inspectrice zélée qui risquait de mettre le feu à la poudrière.

Air France, révélateur de la colère ouvrière

Cette répression sourde pour laquelle le patronat compte bien souvent sur la connivence de l’État et de la Justice a fait surface avec les interpellations de salariés d’Air France accusés d’avoir participé au rassemblement au sein duquel les travailleurs ont exprimé leur colère contre la direction et son plan de 2900 licenciements. Cela est révélateur des raisons de fond du climat de peur que les patrons tentent d’installer dans les usines : réprimer toute velléité de réaction collective face à des attaques contre l’emploi et les conditions de travail.

Ce cas emblématique agit aujourd’hui comme un révélateur d’une colère ouvrière longtemps tue. L’écho des paroles justes de Xavier Mathieu, dans une émission de Canal Plus, le refus de la part de syndicalistes de STX à Saint-Nazaire de serrer la main à François Hollande, le yaourt jeté sur Emmanuel Macron à Lyon, en sont des symptômes.

En finir avec la dictature patronale dans les usines

Il est temps que cette colère soit organisée pour apporter une réponse collective à une situation qui ne peut plus durer. La manifestation appelée par les syndicats d’Air France le 22 octobre pourrait ainsi devenir un premier point de ralliement en ce sens. Pour défendre les cinq d’Air France mais aussi pour contester plus largement le régime dictatorial qui règne dans les usines dans ce pays où les patrons font la loi en toute complicité avec le gouvernement.

Contre les patrons voyous qui persécutent les ouvriers et tous ceux qui osent remettre en cause d’une manière ou d’une autre l’ordre établi de l’exploitation qui, dans leur recherche effrénée de profits, imposent des conditions de travail menant souvent à des suicides et à des accidents mortels, licencient massivement en détruisant des vies tous les jours. Pour que, de cette image des cadres dirigeants d’Air France prenant la fuite avec leurs chemises déchirées symbolise si bien, la peur commence à changer de camp.




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