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Jeunesse

Lycées mobilisés

Au lycée Bréquigny, les lycéens bloquent contre les « tenues républicaines » et les violences policières

A l'occasion de la journée du 8 mars, le collectif Bréquistance organisait un blocage afin de protester contre la « tenue républicaine » imposée par leur administration, ainsi que pour dénoncer la répression qu'avait subie les lycéens cette année et l'année dernière. Lors de ce blocage, un personnel de l'administration s'en est pris violemment à des lycéens organisant le blocage, y compris physiquement.

mercredi 16 mars

Ce mardi 8 mars, les lycéens de Bréquigny étaient mobilisés pour bloquer leur établissement, pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Alors que le blocus se dissipait, des heurts ont éclatés entre les lycéens mobilisés et l’administration du lycée.

Les lycéens se mobilisent contre « les tenues républicaines » et le sexisme dans l’éducation nationale

Nous nous opposons au sexisme institutionnel de l’éducation nationale, avec la défense par son ministre l’année dernière de la « tenue républicaine », sexualisant des lycéen.nes mineures. Ces idées se sont renforcées au lycée Bréquigny depuis l’arrivée du nouveau proviseur, avec une augmentation des remarques sexualisantes et dénigrantes, au nom des fameuses « valeurs républicaines », ce qui est assez ironique pour un lycée dans lequel nous avons vu le 27 février un CRS tirer des grenades lacrymogènes depuis l’intérieur du lycée, sous les drapeaux français, touchant une lycéenne à la tête qui aura 6 points de suture.

Même après une enquête de l’IGPN, l’administration est restée silencieuse face à la blessure grave d’une de nos camarades, niant toutes les violences policières pourtant relayées par une multitude de médias.
Le proviseur a également exprimé sa volonté de « redresser » le lycée Bréquigny, dès le début de l’année, souhaitant renforcer le règlement intérieur concernant les choix vestimentaires des élèves. Nous réclamons la fin de ce système de discrimination profondément patriarcal, qui attaque directement les femmes et personnes perçues comme telles sur leurs libertés individuelles. Nous avons également observé la transphobie et le validisme de l’administration de notre lycée, contre lesquels nous nous mobilisons massivement.

Cette journée de 8 mars était également un moment important pour rappeler et dénoncer les violences sexistes et sexuelles commises par la police devant notre lycée lors de nos mobilisations l’année dernière lors du #BacNoir, lors desquelles une de nos camarades avait été victime d’agissements sexistes de la police et finira en garde à vue pour avoir osé se défendre lors qu’un policier l’avait violentée, tandis qu’une autre camarade également mineure subira une agression sexuelle et des menaces de viols de la part des policiers présents. L’administration ne s’est absolument jamais exprimée à ce sujet, malgré un procès, des dépôts de plainte et un traumatisme général et individuel.

La police, instrument de la violence étatique, blesse gravement, matraque, gaze et agresse sexuellement en tout impunité devant un établissement scolaire, avec une absence totale de réaction des institutions, malgré le déchaînement de la colère de communautés entières de lycéen.nes, de militants et des médiaux locaux et nationaux.

À Bréquigny et ailleurs, l’État n’a plus aucun scrupule à blesser des jeunes qui osent se dresser contre l’absurde Bac Blanquer et qui sont terrifiés à l’idée de passer des épreuves auxquels ils ne sont absolument pas préparés. Tout cela se fait dans un silence total et complet de l’administration, qui est toujours restée aveugle, niant en bloc les violences policières maintenant devenues systématiques devant notre établissement.

Cela s’est bien vu lors des mobilisations du 27 janvier et du 3 février, contre la réforme Blanquer, le protocole sanitaire désastreux et pour la suppression de Parcoursup, où la répression policière a atteint un autre niveau que l’année dernière, avec un usage répété des gaz lacrymogènes, des charges extrêmement violentes, par exemple lorsque que le cortège rejoignait la manifestation intersyndicale le février, nous lycéens avons vécu une charge d’une violence inédite par des agents de la BAC, avec des élèves qui se sont fait passer à tabac au sol par la police, une interpellation sans aucun motif valable, et des contrôles d’identité et fichages des militants sous la forme d’une humiliation grotesque, avec des lycéens coincés dans des ruelles et alignés contre un mur pour être pris en photo.

Ces violences policières sont les modes d’action aujourd’hui d’un État et de sa police républicaine qui ont perdu en légitimité et en assise à l’échelle nationale, la seule réponse de l’État face à ceux qui osent se dresser contre ses reformes est depuis 2016 et les mouvements des gilets la violence policière qui s’accentue et s’aggrave chaque jour, il en devient presque normal pour nous de se faire matraquer ou de se prendre des coups de poings en plein visage des forces de l’ordre lors d’une mobilisation lycéenne.

Notre situation fait tristement écho aux mobilisations de nos camarades lycéens et étudiants terriblement réprimés en ce moment en Corse, avec une violence monstre, la BAC tirant des LBD sur des enfants de 14 ans, causant de nombreuses blessures à la gorge. Nous exprimons notre soutien sans faille et notre solidarité totale envers nos camarades mobilisés.

Une administration silencieuse et complice

Lors d’une tentative de reblocage d’une des entrées débloquées par l’administration, les lycéens ont subi des attaques physiques et verbales de la part d’un des personnels de l’administration de l’établissement : des lycéens violemment poussés avec des poubelles pleines qui étaient simplement empilées les unes sur les autres, poussés violemment vers la route où des voitures circulant, les mettant en danger, des injures de type « dictateur », de la violence verbale. Ce même homme a lancé une barrière de chantier, utilisée pour bloquer, sur des élèves, les touchant légèrement à la tête.

Après les violences policières dont nous, lycéens de Bréquigny, sommes victimes depuis bientôt deux ans, nous subissons maintenant une autre forme de violence institutionnelle, celle de notre propre administration, censée nous protéger, qui se met également à employer la brutalité. Nous devons absolument faire porter ces récits et ne pas conforter l’administration de Bréquigny dans son mutisme habituel. Ce personnel de l’administration a profité du petit nombre de militants à cet instant pour exercer ses comportements scandaleux, pensant que ses actes n’auraient pas d’impact médiatique en dehors du petit groupe de lycéens présents. Mais nous ne comptons pas nous taire, malgré le silence complaisant du reste de l’administration.

Lors de la mobilisation du 8 mars, il n’y a eu qu’une présence policière de passage, avec une voiture de patrouille qui circulait de temps en temps, l’administration et le rectorat ne pouvant se permettre un autre scandale touchant le deuxième lycée le plus grand de France. Le scandale aujourd’hui c’est ce membre de l’administration qui réprime, en frappant et insultant les élèves. Ne les laissons pas faire. On ne peut rester silencieux face à ces violences institutionnelles qui nous assaillent de tous les côtés, nous lycéens avons un grand pouvoir de mobilisation, saisissons-en nous ! Contre les violences policières et administratives, mobilisation générale !



Mots-clés

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