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Notre classe

Un intérimaire de 41 ans se tue en tombant dans de la fonte en fusion

ArcelorMittal. La mort à 1200 degrés

Un travailleur précaire de 41 ans a trouvé la mort en tombant dans de la fonte en fusion sur le site Grand-Synthois de la multinationale de la sidérurgie ArcelorMittal, vers 16 heures, la veille du 14 juillet. D’après le service communication de l'entreprise, les causes réelles de la chute de ce salarié ne sont pas connues, et une enquête a été ouverte. Mais s’agit-il d’un tragique accident de travail, ou plutôt d’un…

jeudi 16 juillet 2015

Assassinat !

Cet accident chez ArcelorMittal n’est pas le premier à avoir coûté la vie à un travailleur. Le 26 décembre dernier, déjà, un travailleur avait trouvé la mort après s’être fait percuter par un chargeur. Il y a trois mois, encore, le 12 avril 2015 un jeune intérimaire trouvait la mort coincé entre deux wagons sur les rails de l’aciérie.

Les accidents dans la sidérurgie ne pardonnent pas. La fonte en fusion qui sort à 1200 degrés ne laisse aucune chance à un être vivant. Sans parler des souffrances dans la mort. Les responsabilités ? Celles du patron, qui précarise le travail de plus en plus, des mesures de sécurité, bien souvent bafouées, au nom de la productivité, avec toujours moins d’effectif pour faire le travail. Les formations sont de plus en plus courtes, y compris dans la sidérurgie, et, souvent, pour se dédouaner, l’entreprise essaie d’incriminer le salarié qui n’aurait pas respecté la sécurité, voire même d’accuser ses collègues. Une chose est sure : dès qu’on rentre à l’usine, on est en danger de mort.

Enquête ?

Alors la justice diligentera une enquête, déléguée à la gendarmerie. On fera des réunions pour faire croire qu’on fera toute la lumière sur l’accident qui a coûté la mort à l’un des nôtre. On assurera que des mesures seront prises, qu’on mettra en place une cellule psychologique pour les salariés, choqués qu’une telle horreur puisse se produire. Mais, en réalité, chaque accident mortel est assassinat avec préméditation contre tous les travailleurs.

Assez de vies broyées

La recherche effrénée de profits porte à des situations à grand risque, comme en attestent les trois décès de travailleurs du site de Grand-Synthois. Dans la sidérurgie comme dans tous les secteurs d’activité, les emplois sont à la baisse et le travail toujours plus difficile à réaliser, l’intensification du travail toujours plus élevée, et les précaires et intérimaires sont en première ligne. La politique chez ArcelorMittal est la même qu’ailleurs : précariser et ne pas embaucher en CDI. Dans des secteurs aussi dangereux que les hauts fourneaux, c’est mettre en danger de mort les travailleurs.

Refuser que les jeunes et les précaires réalisent des tâches à haut risque, sans aucun encadrement et sans être secondés par un collègue ayant davantage d’expérience, c’est cela, aussi, développer la lutte contre la précarité, un vrai fléau contre la vie des salariés, et batailler pour la titularisation de tous les collègues dans les grandes entreprises. On a déjà assez à perdre notre vie à la gagner pour en mourir, par-dessus le marché !




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