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Crise sanitaire

Après une semaine de cours, certains lycées n’ont toujours pas reçu d’auto-tests

En guise de protocole sanitaire Blanquer avait promis... des auto-tests. Un dispositif déjà insuffisant, surtout quand certains lycées manquent toujours d'auto-tests après une semaine et demi de cours.

mercredi 12 mai

Source photo : Ina FASSBENDER / AFP

La mise en place d’un dispositif de détection du Covid-19 dans les établissements scolaires, au travers des auto-tests, était l’une des principales conditions à la reprise des cours selon Jean-Michel Blanquer. Seulement dans les lycées, plus d’une semaine après la rentrée, rien n’est mis en place. Un énième scandale, qui incarne de nouveau le manque de moyens criants dans l’éducation nationale, montrant encore une fois l’intérêt que porte le gouvernement à ce secteur, la santé du personnel, des enfants et de leurs familles.

Depuis le début de cette crise sanitaire, le gouvernement de Macron cristallisé dans le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer, n’aura donc jamais montré la moindre volonté d’assurer un véritable encadrement sanitaire dans les établissements scolaires. Les protocoles proposés frisent toujours le ridicule et aucun moyens n’a jamais été donné pour permettre aux établissements d’appliquer ces faméliques réglementations. Si des mobilisations de professeurs et du personnel ont permis d’obtenir la mise en place de demi-groupes dans les lycées, ou encore la distribution de masques, les protocoles mis en place dans la plupart des établissements ont souvent été limités à l’ouverture des fenêtres.

Le choix de maintenir les établissements ouverts tout au long de l’année scolaire, loin d’être dans l’intérêt des élèves et des professeurs, est guidé par l’intérêt de garder les parents au travail, assumant que le rôle des écoles est celui de garderie du Medef. Le gouvernement, défendant mordicus que les écoles n’ont jamais été des foyers de contamination pendant de longs mois, avait finalement dû se résoudre, sous la pression du corps enseignant, à les fermer pour le troisième confinement en anticipant les vacances scolaires.

Si Jean-Michel Blanquer avait annoncé que la reprise s’accompagnerait d’un nouveau protocole sanitaire, dans les faits, ce dernier se limitait à la promesse de la livraison d’auto-tests pour les élèves et les personnels, et à la fermeture d’une classe à partir d’un cas positif. Seulement, l’annonce « phare » du ministre concernant les autotests, fait l’effet d’un pétard mouillé une semaine après la rentrée des collèges et lycées.

En effet, dans la plupart des collèges et lycées du pays, les livraisons se font au compte-gouttes et les tests dans les établissements sont actuellement des épiphénomènes. On est donc bien loin des 60 millions d’auto-tests promis d’ici l’été, montrant encore une fois le manque de préparation logistique constant du gouvernement, qui après le scandale des masques, des tests et des vaccins, réitère avec les auto-tests. Dans un article des Echos, Alexis Torchet, secrétaire national du syndicat général de l’Education nationale (Sgen) raconte que « « Le nombre global de tests reçus dans les établissements est déficient, à tel point que certains lycées n’en ont encore reçu aucun ».

Aussi, la question logistique quant à l’organisation concrète des séances d’auto-tests est laissée à chaque établissement, faisant que chacun doit se débrouiller avec les moyens disponibles, qui on le sait, ne représentent pas grand-chose dans l’éducation nationale. Ce qu’explique Alexis Torchet, c’est que : « la mise en pratique va s’avérer plus compliquée : il faut libérer de grandes salles aérées, et que suffisamment d’adultes soient disponibles pour les encadrer ». Alors même que la situation est déjà critique en terme d’effectifs comme d’espaces disponibles, il faut désormais que chaque établissement libère des salles dédiées aux tests, avec un contrôle de la température, et du personnel pour encadrer ces tests.

C’est dans ce sens que différentes organisations syndicales (SNPDEN-UNSA, SGEN-CFDT et ID-FO) ont signé un communiqué commun le 5 mai, dans lequel ils alertent vis-à-vis des « manipulations incompatibles avec des organisations de masse et dans des conditions d’hygiène qui interrogent  », et dans lequel ils conseillent de ne réaliser les tests uniquement si « si toutes et uniquement toutes les conditions sont remplies au regard des préconisations sanitaires  ».

Un nouveau scandale gouvernemental, qui après un an de gestion catastrophique de la crise sanitaire, montre de nouveau qu’il est incapable de mettre en place correctement des mesures pour lutter contre la pandémie. Le secteur de l’éducation nationale paye le prix fort de cette gestion erratique, tout en devant continuer à marche forcée « comme s’il de rien était », et exprime depuis plus d’un an sa colère. Une colère qui s’incarne à juste titre dans les mobilisations lycéennes contre le Bac Blanquer, auxquelles doit se lier le reste du secteur, pour imposer des réels moyens pour l’éducation, la santé, et la jeunesse !




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