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Notre classe

Dictature patronale

Après une bousculade, PSA Mulhouse s’acharne et licencie un ouvrier de mécanique

Le couperet est tombé, jeudi 15 octobre. Radouane a reçu sa lettre de licenciement. Le motif ? Une bousculade avec un autre salarié, le 18 septembre, à laquelle les travailleurs avaient eux-mêmes mis fin, pour clore l’incident. Raison suffisante avancée par PSA pour mettre en branle sa machine à licencier. Vincent Duse, PSA Mulhouse, CGT, membre de la direction du NPA

mercredi 21 octobre 2015

Radouane a donc été placé en mise à pied conservatoire. Il y a 15 jours, lors de l’entretien qui pouvait aller jusqu’à le licencier, un rassemblement avait mobilisé une bonne partie de l’atelier ; une manière pour ses collègues de lui montrer qu’ils ne le laissaient pas seul devant la machine à broyer des vies pour augmenter les profits et imposer une politique de terreur dans tout l’atelier et sur l’ensemble du site de Mulhouse.

C’est un homme et toute sa famille que PSA ont condamnés en licenciant Radoaune

Le patronat, et PSA en tête, brisent des vies. En licenciant Radouane, la direction de Mulhouse a détruit non seulement un emploi, mais une famille entière, sa conjointe et ses enfants. Comme tous les ouvriers, notre seul moyen de subsistance, c’est de vendre notre force contre un salaire. Ôter ce moyen de vivre est criminel. Les travailleurs de mécanique sont écœurés par ce licenciement pour trois fois rien, alors que les cadences sont plus élevées que jamais dans les ateliers. Ainsi, PSA s’apprête à frapper fort contre ceux qui voudront se révolter.

A bas la dictature patronale chez PSA comme partout dans le pays

Aujourd’hui le patronat est décomplexé et fort du soutien du gouvernement. Chez PSA, on ne compte plus les victimes : Dominique, de PSA Valenciennes, licencié pour un joint que la boîte allait jeter à la poubelle ; Radouane, pour un banal accrochage, comme il en arrive souvent.
Violence des condition d’exploitation, destinées à produire toujours plus de voitures avec des travailleurs en effectif réduit et toujours plus précaires ; violence contre des salariés laminés par des années de boîte, qui ne peuvent plus tenir aucun poste et qui ne savent pas s’ils ne seront pas mis à la porte car n’étant plus « employables » : voilà la vraie violence. Sans même parler de nos camarades qui ont mis fin à leurs jours, les pressions étant tellement fortes que le seul moyen pour y échapper leur a semblé être la mort.

Notre haine de classe n’est pas soluble dans le dialogue social

Il ne peut pas y avoir de paix entre les classes. Nous avons vu comment nos ennemis traitent les nôtres, à l’image des cinq camarades d’Air France traînés dans la boue par les détenteurs du pouvoir et les médias qui sont à leur bottes. Et il continue à y avoir des inconditionnels du « dialogue social », c’est-à-dire de la collaboration avec le patronat qui valide à chaque fois de nouveaux reculs pour l’ensemble des opprimés.

La meilleure défense, c’est l’attaque.

C’est bien parce que la meilleure défense, c’est de contre-attaquer, que dès le 22 octobre nous serons solidaires des cinq d’Air France. Chez PSA, nous avons toutes les raisons de faire du rassemblement du 22 un tremplin vers une mobilisation encore plus forte. C’est pour Radouane également que nous irons à l’aéroport de Strasbourg à 11h30, pour crier notre colère contre la dictature patronale et les vies broyées.
Dieu pardonne. Pas le prolétariat.




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