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Politique

Gestions anitaire

Après la pénurie, la gestion des stocks : le fiasco de la stratégie vaccinale du gouvernement continue

D’abord le manque de vaccins, ensuite un surplus de vaccin Astra Zeneca , révèlent une insuffisance logistique absolue de la part du gouvernement Macron, qui depuis plus de trois mois calcule et recalcule le calendrier de vaccination sans avancer un plan efficace pour mettre fin à la crise sanitaire alors que la situation se dégrade de plus en plus dans plusieurs territoires français.

samedi 6 mars

Crédits photo : POOL/AFP/ARCHIVES - THOMAS SAMSON

Il y a encore quelques semaines, le gouvernement avait choisi de jouer l’impuissance face à une pénurie de vaccins qui échappait à son contrôle. Les principaux responsables de la lenteur de la vaccination étaient alors les laboratoires qui n’avaient pas envoyé suffisamment de vaccins. Cependant, le ministère de la Santé a reconnu lundi que seulement 25 % des doses du vaccin AstraZeneca avaient été appliquées. Cela a mis en échec la principale stratégie du gouvernement, après que Macron ait déclaré qu’il allait tout faire pour ne pas reconfiner. Le couvre-feu est non seulement liberticide, mais a déjà été déclaré largement inefficace, et les conséquences qu’il entraîne se font fortement sentir.
 

Re calcul des doses et des vaccins

Début décembre, Castex a promis que 15 millions de personnes seraient vaccinées avant le printemps, soit avant la fin du mois de mars. Cette estimation supposait qu’un million de personnes seraient vaccinées d’ici la fin janvier, et 14 millions en février et mars. Cependant, au 30 décembre, la France n’avait vacciné que 138 personnes, très loin derrière les pays voisins.

Cela a nécessité un nouveau calcul et, lors d’une conférence de presse le 21 janvier, Olivier Veran a abaissé à 9 millions l’objectif à atteindre pour la fin mars. Cette situation a été rapidement corrigée par le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, qui, quelques jours plus tard, a ramené l’objectif à 4 millions dans le mois de mars et 15 millions vers juin 2021.

Mais début février, dans un contexte de totale incertitude due à l’aggravation de la crise sanitaire et à l’explosion des cas, Macron prend la parole et par un discours démagogique, il explique qu’il décide, en quelques mots, de nous donner une chance et de ne pas nous confiner. Cela l’a obligé à donner quelques indices de lutte contre la pandémie, et le président déclare alors que tous les adultes français seront vaccinés d’ici la fin de l’été, c’est-à-dire à la fin du mois d’août.

Loin de la promesse initiale de terminer le mois de mars avec 15 millions de vaccinés, le point épidémiologique du 4 mars 2021 de Santé Publique France montre que 3 133 478 personnes ont reçu une dose de vaccin (4,7 % de la population), et 1 705 966 personnes ont reçu deux doses de vaccin (2,5 %).
 

Des applaudissements et des félicitations aux attaques contre le personnel de santé

Face au recul constant du calendrier de vaccination, et ne pouvant pas utiliser l’argument de la pénurie de vaccins, il a fallu trouver un nouveau responsable de l’échec de la stratégie principale, et le gouvernement n’a pas eu de meilleure idée que de blâmer les soignants, qui non seulement ne se vaccinent pas eux-mêmes, mais seraient responsables du retard dans la vaccination des patients.

Face à cela, le syndicat de médecins généralistes MG France accuse les autorités à travers un communiqué de « tenter de masquer les retards observés dans cette campagne et de chercher un bouc émissaire qui serait responsable de ces retards ». Et ils continuent : « MG France rappelle que c’est avec grande parcimonie que les autorités sanitaires ont accordé un flacon de dix doses au médecin, et à la condition qu’il accepte de s’inscrire une semaine avant dans une pharmacie puis qu’il aille ensuite y chercher le précieux flacon. Certains médecins n’ont pu être servis, d’autres ont vu leur commande décalée, ce qui a nécessité qu’ils annulent les rendez-vous prévus ! (…) Par ailleurs, MG France rappelle aussi que les autorités ont demandé initialement aux médecins de restreindre la cible aux 50-64 ans présentant une co-morbidité, ce qui a nécessité la recherche du public visé, mais également le refus de vacciner les 65-75 ans ou les patients sans co-morbidité. Quatre jours donc après le démarrage sur ces bases, les autorités décident de changer de stratégie et d’élargir cette cible, au mépris du travail de sélection effectué par les généralistes et des patients qu’ils n’ont pas vacciné en raison de la doctrine initiale ».

Mais l’offensive ne s’arrête pas là : le gouvernement se montre indigné que seuls 30 % du personnel de santé aient été vaccinés contre le Covid-19, et envisage de les obliger à recevoir le vaccin, comme l’a indiqué Véran ce 5 janvier chez Bourdin. Cela a suscité l’indignation et le rejet au sein des soignants qui insistent sur le fait que la seule stratégie efficace est l’information, la transparence et la pédagogie.
 

Une communication désastreuse sur le vaccin AstraZeneca

Mais l’une des principales caractéristiques de ce gouvernement est précisément le manque d’information, de transparence et de pédagogie. Comment expliquer que la population française accepte généralement le vaccin Pfizer, mais soit plus réticente au vaccin AstraZeneca, sinon par la terrible désinformation du gouvernement ? 

En effet, ils ont diffusé et installé l’idée qu’il s’agissait d’un vaccin inférieur aux autres, sans pouvoir le prouver scientifiquement. Cela n’a fait qu’accroître la méfiance envers ce vaccin, ce qui empire encore la situation dans un contexte où la crise continue de s’aggraver.

Le retard dans le calendrier de vaccination et le terrible manque d’information concernant les vaccins dans une population déjà méfiante, a des conséquences très graves et difficiles à surmonter dans la course contre le virus, et bien que le gouvernement se soucie de blâmer et de rendre tout le monde responsable, c’est bien sa gestion sanitaire catastrophique qui est en cause.

Alors que la stratégie du « tout vaccin » va de fiasco en fiasco, les hôpitaux sont aujourd’hui, dans les départements les plus touchés, au bord de la saturation, et la dynamique n’est pas bonne. En ce sens, et à contrario de la logique néo-libérale et répressive de la politique sanitaire du gouvernement, c’est bien d’un plan d’urgence dont nous avons besoin, permettant des embauches et des investissements massifs dans la santé publique, l’abolition des brevets et la mise sous contrôle de la firme pharmaceutique pour produire des vaccins en masse, en toute transparence, et ouvrir la voie à une alternative à la situation de crise sanitaire actuelle.




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