Entretien Left Voice

Après Trump, où vont les États-Unis ?

Madeleine Freeman, LeftVoice

Après Trump, où vont les États-Unis ?

Madeleine Freeman, LeftVoice

Madeleine Freeman est membre du comité de rédaction du quotidien en ligne Left Voice, section étasunienne du réseau international La Izquerda Diario. Elle répond aux questions de RP Dimanche à propos de la situation politique post-élections. Après Trump, où vont les Etats Unis ?

Peux-tu nous en dire un peu plus sur l’ambiance post-élections aux Etats-Unis ?

Après cinq jours de dépouillement des bulletins de vote et de tensions croissantes dans tout le pays, Joe Biden et Kamala Harris ont finalement remporté l’élection présidentielle, évinçant Donald Trump et Mike Pence après quatre ans de mandat. Partout aux États-Unis, les gens sont descendu dans la rue pour célébrer cette énorme victoire contre la droite. Les médias bourgeois tentent de dépeindre ce résultat comme une victoire décisive pour la « démocratie » aux États-Unis. En effet, même de nombreux membres de la gauche - des secteurs réformistes des démocrates socialistes d’Amérique (DSA) à des secteurs du mouvement Black Lives Matter —revendiquent l’élection de Biden comme une victoire ; ils n’aiment peut-être pas la politique de Biden, mais ils célèbrent la défaite de Trump et se représentent de façon illusoire la présidence démocrate comme un retour à la normale, et comme constituant pour eux, ainsi que pour toute la classe ouvrière, une meilleure base pour lutter pour leurs revendications au cours de la prochaine période.

D’après toi, qu’est ce que signifie cette élection pour la classe ouvrière ?

Comme nous l’avons souvent dit dans les pages de Left Voice, si nous sommes nous aussi heureux de voir Donald Trump démis de ses fonctions, nous savons que la victoire de Biden n’est pas une victoire pour les travailleurs et les opprimés du monde entier. Ce n’est pas une victoire pour le mouvement Black Lives Matter, ni pour la classe ouvrière à l’étranger qui ressentira les effets de l’agression impérialiste américaine. Ce n’est pas une victoire pour les millions de personnes qui subiront les attaques capitalistes au fur et à mesure que la crise économique s’aggravera. Les résultats de cette élection ont montré que la démocratie américaine lutte pour maintenir son équilibre. En fait, cette élection nous a montré les contours d’une profonde crise sociale et politique qui se déroule aux États-Unis, une crise qui trouve son origine dans les suites de la crise financière de 2008 et qui a vu la montée de Donald Trump et du mouvement populaire autour de Bernie Sanders en 2016. Tout indique que l’élection de Joe Biden n’est pas la conclusion de ce processus, mais le début d’un nouveau chapitre d’une longue crise qui continuera à tourmenter le régime actuel et les intérêts bourgeois qu’il protège.

Les résultats des élections étaient très serrés, est ce que c’était une surprise ?

Selon tous les sondages bourgeois, cela devait être une victoire écrasante pour Joe Biden, Kamala Harris et le Parti démocrate. Plus précisément, ce devait être un référendum sur Donald Trump et le rejet de tout ce qu’il représente. La combinaison d’une gestion catastrophique de la pandémie, de la chute libre de l’économie, et de la répression par Trump du mouvement Black Lives Matter était censée offrir à Biden la présidence sur un plateau. En effet, alors que des secteurs du capital s’alignaient derrière Biden dans les semaines précédant l’élection, il semblait certain qu’il gagnerait avec une marge très conséquente. Mais nous avons plutôt assisté à une élection beaucoup plus serrée que prévu, marquée par une participation massive. Biden a peut-être remporté plus de voix qu’Obama en 2008, mais Trump, de son côté, a récolté lui aussi plus de voix qu’il n’en a eu en 2016. Biden ne l’a battu que de quelques points.

Qu’est-ce que cela signifie pour le « Trumpisme » ?

Bien que Joe Biden ait été en mesure de remporter plusieurs États qui s’étaient rangés derrière Trump en 2016 et d’en gagner d’autres qui se trouvaient dans le giron républicain avant cela, l’énorme participation en faveur du candidat sortant montre que le trumpisme lui-même ne disparaîtra probablement pas lorsque Trump quittera ses fonctions. Il y a encore des secteurs entiers de la population - des secteurs qui se sont développés au cours de cette élection - qui considèrent Trump comme une alternative viable au néolibéralisme, au statu quo qui a renfloué Wall Street en 2008 et a laissé des millions de personnes faire faillite, perdre leur emploi, leur entreprise et leur maison, et s’endetter massivement. Il y a en outre, dans sa base sociale, le secteur d’extrême droite suprémaciste blanc, qui, comme nous l’avons vu lors du mouvement Black Lives Matter, s’est enhardi au cours de ces quatre dernières années. Quoiqu’ils soient pour l’heure peu nombreux et relativement peu organisés, il est clair qu’ils ne vont pas disparaître. Maintenant que Trump affirme que l’élection lui a été volée, il n’est pas à exclure qu’ils tentent de se mobiliser pour le défendre d’une manière ou d’une autre, comme beaucoup l’ont déjà fait en dehors des bureaux de vote et dans plusieurs villes du pays cette semaine.

Qu’est ce que cela révèle sur l’électorat américain ?

Cela donne l’image d’un électorat polarisé - qui est artificiellement divisé entre deux visions bourgeoises sur la manière de répondre à la crise actuelle : l’establishment néolibéral d’une part et la rhétorique populiste de droite d’autre part. Je dis artificiellement parce que les démocrates et les républicains détiennent le monopole du pouvoir politique aux États-Unis - il y a tout une série de facteurs institutionnels et subjectifs qui font obstacle à l’émergence de ce qu’on appelle les "tiers" dans l’arène électorale. Ainsi, alors que les États-Unis sont, comme tout autre pays, politiquement diversifiés, des millions de personnes aux États-Unis sont obligées de choisir entre deux candidats avec qui ils sont en totale opposition sur les questions qui leur tiennent le plus à cœur.

Et donc, si Joe Biden et le néolibéralisme vieille école ont bel et bien gagné cette fois-ci, ni l’un ni l’autre ne sont accompagnés d’un réel enthousiasme populaire. Bien sûr, il y a des secteurs qui ont des illusions sur la capacité de Biden et Harris à ramener les États-Unis à la normale, ce afin de restaurer la réputation des États-Unis dans le monde après quatre ans marqués par les méthodes de Trump, mais il y en a beaucoup d’autres qui ont voté pour Biden simplement parce qu’il n’est pas Donald Trump. Et cela a bien sûr des implications importantes pour la gauche socialiste aux États-Unis.

Plus particulièrement, le fait que Joe Biden ait pu obtenir la présidence est dû en grande partie à l’influence du mouvement Black Lives Matter, un soulèvement d’une ampleur presque sans précédent aux États-Unis, qui a fait descendre dans la rue pendant des mois des millions de personnes, dont beaucoup font partie d’une génération de jeunes multiraciaux nouvellement radicalisés. Appelant au « définancement » ou même à l’abolition de la police, ces manifestations ont révélé les fissures dans les fondations racistes du capitalisme américain --- et comme vous le savez, elles ont eu des répercussions dans le monde entier. Elles ont montré à une nouvelle génération non seulement que la police ne peut être réformée, mais aussi qu’elle fait partie d’un système beaucoup plus vaste qui est conçu pour opprimer la classe ouvrière.

Il est important de noter que le soulèvement anti-policier a reçu le soutien de la majorité de l’opinion publique. Comme nous aimons à le dire ici, à un moment donné, l’incendie d’un commissariat de police dans le Minnesota a eu un taux d’approbation plus élevé que celui de Donald Trump.

Et ce soutien s’est exprimé dans les résultats des élections. Les enquêtes menées immédiatement après les élections montrent que la question raciale est le deuxième sujet le plus important dans l’esprit des électeurs, après l’économie. Cela montre, d’une part, l’immense force et l’influence du mouvement Black Lives Matter. Mais d’autre part, cela montre que le Parti démocrate - en grande partie grâce à son aile progressiste nouvellement revitalisée - a été capable de coopter ce mouvement et de canaliser son énergie vers des débouchés électoraux.

Car si Joe Biden a fait carrière au Sénat avec des politiques ségrégationnistes, a rédigé une législation qui a mis des millions de Noirs en prison, et a choisi une colistière qui se définit elle-même comme « top cop », lui et le Parti démocrate sont considérés par beaucoup comme un « moindre mal » par rapport à un Donald Trump qui a envoyé la garde nationale pour réprimer les manifestations, a fait appel à sa base d’extrême droite pour maintenir l’ordre bourgeois, et qui a criminalisé les manifestants qui se dressent contre la terreur policière et le racisme anti-noir.

Tu parles d’opinion publique qui soutient le mouvement BLM, penses-tu que le public américain est plus favorables aux idées de gauche qu’avant ? Qu’en est-il des organisations politiques de gauche ?

Le rejet explicite de Trump pour ses politiques xénophobes et de suprématie blanche montre sans doute un certain glissement vers la gauche dans la conscience d’un large secteur de la population qui a massivement soutenu le soulèvement de Black Lives Matter cet été.

Mais d’un autre point de vue, si nous considérons ce soutien à Biden en regardant la gauche organisée aux États-Unis, le constat est tout à fait différent. On peut observer un glissement décisif de cette dernière vers la droite, et une légitimation supplémentaire du Parti démocrate --- et du système politique américain dans son ensemble --- comme moyen pour mettre en oeuvre un changement progressif, de lutte contre la droite, ou même de lutte pour le socialisme. Et c’est à cela que la gauche révolutionnaire est confrontée alors que Joe Biden se prépare à prendre ses fonctions l’année prochaine.

La question de l’indépendance de classe est déjà une bataille difficile pour la gauche américaine, comme nous l’avons vu avec le soutien massif à Bernie Sanders qui s’est présenté sous l’étiquette du Parti démocrate. Mais le soutien à Joe Biden était autre chose. Dès qu’il est devenu le candidat du Parti démocrate, la logique du "moindre mal" a exercé une influence presque incontestée sur la gauche socialiste - qu’il s’agisse d’organisations réformistes ou de groupes centristes qui se disent révolutionnaires.

L’alternative a été présentée sous la forme dramatisée de « Biden ou le fascisme », en affirmant en guise de justification qu’un vote pour Biden n’était en réalité qu’un vote contre Donald Trump --- et ce en dépit du fait que l’homme politique pour lequel ils appelaient les gens à voter est un candidat bourgeois qui n’a absolument rien offert à la gauche, qui est un impérialiste notoire, raciste, sexiste, un ami de Wall Street qui rejette catégoriquement toutes les politiques pour lesquelles beaucoup de gens de gauche ont milité ces dernières années et qui s’aligne sur Trump dans de nombreux domaines bien que sa rhétorique puisse être différente. Il n’y a eu pratiquement aucun appel contre le vote pour Biden, où que ce soit dans la gauche.

Par exemple, les démocrates-socialistes d’Amérique (DSA), une organisation multi-tendances de plus de 70 000 membres, ont en fait jeté tout leur poids derrière Biden. Après avoir passé des années à faire campagne pour Bernie Sanders et à s’insurger contre « l’establishment politique », ils se sont rangés en ordre derrière Biden et le Parti démocrate. Bien qu’en tant qu’organisation ils n’aient jamais « soutenu » officiellement Biden, la plupart de leurs membres ont fait campagne pour Biden, ont voté pour Biden, et tous les candidats qu’ils ont soutenus au sein du Parti démocrate ont soutenu Biden et ont appelé à l’unité contre Trump. Il n’y a pas eu de pression significative au sein de l’organisation pour mettre en place une position d’indépendance de classe.

Il est important de noter que cela place ces organisations à la droite de l’avant-garde du mouvement Black Lives Matter, dont l’expérience de l’été dernier, où les manifestants ont été frappés, gazés et arrêtés par la police aux ordres des démocrates comme des républicains, leur a appris à se méfier des deux partis du capital. Plutôt que de pousser ces secteurs à la réflexion sur l’indépendance de classe en leur offrant une alternative, plutôt que d’essayer de lier le mouvement antiraciste au mouvement ouvrier, ces organisations, qui n’avaient pas de racines solides dans le mouvement Black Lives Matter au départ, ont simplement permis au mouvement d’être largement coopté par le parti démocrate et orienté vers les urnes.

Et cela n’a pas plu aux autres secteurs de la population qui ne se font pas non plus d’illusions dans le système bipartite.

Quelle politique défendez-vous dans les colonnes de Left Voice ?

Avec Left Voice, nous avons maintenu tout au long des élections une position d’indépendance de classe, en disant qu’un vote pour l’un ou l’autre des candidats du capital sapait les efforts des socialistes pour devenir une force politique à part entière. Sur notre site internet, dans nos interventions sur le terrain, dans le mouvement Black Lives Matter et dans le secteur des travailleurs de la santé, nous avons lutté avec acharnement contre l’idée que Joe Biden --- un partisan de la guerre en Irak, un vice-président qui a soutenu l’utilisation massive des drones par l’armée au Yemen et au Pakistan, qui s’est rendu responsable de millions d’expulsions d’immigrés, qui a dit qu’il dirait aux flics de tirer dans la jambe et non dans le coeur --- était une sorte d’alternative pour la classe ouvrière et les opprimés. Nous avons argumenté contre l’idée que le Parti démocrate ferait tout pour arrêter la montée de la droite

Au lieu de cela, nous avons plaidé pour que la classe ouvrière et les opprimés forment leurs propres organisations politiques qui pourraient réellement avoir une chance contre les attaques de la droite, l’austérité qui va certainement suivre la crise économique et les attaques impérialistes que les deux partis utiliseront pour opprimer la classe ouvrière dans le monde entier. Nous avons plaidé pour la nécessité d’un mouvement de rue contre la terreur policière afin de se lier au mouvement ouvrier et à la lutte des travailleurs essentiels qui luttent pour des conditions de sécurité décentes pendant la pandémie. Bien que ces positions aient été difficiles à défendre dans une société aussi polarisée par l’élection, nous avons pu discuter contre la logique du moindre mal avec nos lecteurs et notre périphérie, plaider pour la nécessité d’une organisation ouvrière indépendante.

Maintenant que Biden a gagné la présidence, les secteurs de la gauche qui ont dit qu’ils voteraient pour lui le jour du scrutin et qu’ils se battraient contre lui le lendemain seront mis à l’épreuve. La tâche la plus urgente pour la gauche révolutionnaire aux États-Unis est de dissiper toutes les illusions que les gens pourraient avoir au sein du Parti démocrate --- pour les amener à la conclusion que nous devons construire notre propre organisation de combat pour faire face à la prochaine période. Montrer que les seules solutions aux crises auxquelles nous sommes confrontés sont dans les mains d’une classe ouvrière unie qui utilise ses propres méthodes pour lutter pour ses intérêts.

Comment penses-tu que la situation politique va évoluer dans les mois qui viennent ?

Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant que Biden ne prenne ses fonctions, et le temps ne s’arrêtera pas avant janvier. Avec le mouvement BLM qui couve, la résurgence de la pandémie et la crise économique persistante, il est probable que le terrain de la lutte des classes se déplacera dans les prochains mois. La manière dont se déroulera la présidence Biden et les perspectives de la gauche révolutionnaire aux États-Unis en cette période de crise dépendent entièrement du développement de cette lutte des classes et de la crise persistante des partis politiques américains.

En ce moment le mouvement Black Lives Matter est plus en retrait mais n’a pas disparu. Une petite avant-garde est retournée dans les rues au lendemain des élections, remettant en cause le caractère non démocratique du système électoral et continuant à protester contre les tentatives de Trump de contester l’élection.

Ces manifestations ne sont en aucun cas massives, mais cela montre que les tensions continuent de s’accumuler. Bien que les élections aient relâché une partie de la pression, les défis posés au régime par le mouvement Black Lives Matter n’ont pas été résolus. Il y a donc un espace ouvert pour la gauche révolutionnaire pour militer pour des positions révolutionnaires, pour souligner la nature antidémocratique du régime et pour dissiper toute illusion que le Parti Démocrate sera aux côtés du mouvement antiraciste dans les rues.

Parce que s’il y a un changement dans la composition de la Maison Blanche, ce qui ne changera pas, c’est que l’État continuera à assassiner systématiquement les personnes racisées avec une relative impunité. Et comme aucun des deux partis politiques n’est en mesure de résoudre ce problème, il est probable que la résurgence de la lutte des classes se produira d’abord au sein du mouvement Black Lives Matter.

Évidemment, la pandémie et la crise économique ne disparaîtront pas - les cas et les décès dus aux coronavirus sont en augmentation dans tout le pays - en particulier dans les zones rurales qui sont la base du soutien de Trump et qui n’ont pas été durement touchées par la première vague - et nous sommes confrontés à la menace d’un autre shut down du gouvernement si celui ci n’arrive pas à un compromis pour le Budget fédéral. La situation économique est encore très fluctuante. Bien que Wall Street ait obtenu son président, la majorité des travailleurs et des pauvres continuent de subir les effets de la récession. Biden aura pour tâche de gérer à la fois la pandémie et la crise économique, probablement en essayant de mettre en œuvre l’austérité néolibérale classique qui sera synonyme de désastre pour des millions de pauvres et de travailleurs. Pour l’instant, il n’y a pas beaucoup d’activité de la part des secteurs des travailleurs essentiels qui ont mené la lutte au début de l’année, mais alors que nous entrons dans de nouvelles phases de la pandémie et de la crise économique, il n’est pas exclu que nous assistions à une reprise de la lutte des classes.

Au niveau politique, qu’est-ce qui pourrait émerger dans la période qui vient ?

Sur le terrain politique, bien que le Parti démocrate contrôle désormais la présidence et la Chambre des représentants, le Sénat ira probablement aux Républicains. C’est le meilleur scénario pour les secteurs du capital qui tireront profit de la stabilité d’une présidence Biden et du blocage de toute réforme progressiste par le Sénat contrôlé par les républicains. Dans un sens, cela représente un défi pour les concessions que Biden pourrait être obligé de faire à la classe ouvrière. Mais subjectivement, les attentes des masses sont élevées --- elles n’aiment pas Biden, et les secteurs qui ont été réveillés par la campagne Sanders en 2016 et le mouvement BLM cette année ne montrent aucun signe de retour à la passivité. Ils demandent un changement que l’ordre actuel ne peut pas leur donner --- bien qu’il puisse être contraint d’essayer.

Ce scénario offre à la gauche révolutionnaire un large espace pour intervenir, tant pour se défendre contre la droite que contre l’aggravation de la crise économique. Il sera difficile de lutter à la fois contre le réformisme qui lie son destin au Parti démocrate et qui met toute sa foi dans les élections et contre un secteur qui rejette totalement la politique. Toutefois, au cours de l’année dernière, nous avons assisté à d’immenses changements de conscience --- d’abord avec l’entrée dans l’arène de la lutte de classe des travailleurs essentiels dans les premiers jours de la pandémie, puis avec l’explosion du mouvement Black Lives Matter dans les rues. Si nous savons une chose avec certitude, c’est que le régime bourgeois aura de nombreuses occasions de déraper dans la période à venir. Cela ouvre un nouveau terrain dans lequel la gauche révolutionnaire pourrait émerger comme une tendance réellement capable d’avoir de l’influence dans la lutte de classe qui se matérialise dans la période à venir et d’unir le mouvement antiraciste dans les rues avec la lutte du mouvement ouvrier. Cela ouvre un espace pour lutter pour la perspective de l’indépendance de classe et pour construire des organisations propres qui lutteront contre toute attaque contre la classe ouvrière aux États-Unis et dans le monde entier dans une perspective de lutte pour le socialisme.

Trad. et éd., IR, IK et JB

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