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Politique

Xénophobie "à visage humain"

« Animer une salle de jeu pour les enfants en rétention" : l’offre de service civique nauséabonde du gouvernement

Le gouvernement a ouvert une nouvelle mission de service civique « solidaire » pour embaucher des jeunes afin d’animer une salle de jeux pour des jeunes migrants bloqués à la frontière en attente de jugements de leur situation. Une opération scandaleuse et particulièrement cynique, ou la politique xénophobe à "visage humain" du contrôle des frontières.

vendredi 21 janvier

Crédits photo : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Le 20 janvier dernier, une nouvelle mission a été ouverte pour les jeunes en service civique. Intitulée « Animation de la salle de jeux en zone d’attente de Roissy », cette mission aurait pour but de « proposer et mettre en place une salle de jeux pour la rendre conviviale et chaleureuse, d’accueillir tous les mineurs étrangers (accompagné ou isolé) qui se rendent dans la salle de jeux, dans le respect des valeurs de la Croix-Rouge et d’animer des ateliers en fonction des envies et des âges des mineurs présents ».

Cependant, le réel but de cette mission est de faire passer la situation inhumaine dans laquelle se retrouvent les jeunes migrants en attente de leur jugement pour un moment « convivial et chaleureux ». Sous couvert d’une mission aux allures humanitaires, le gouvernement veut se donner un visage moins sécuritaire, plus "humain" face aux conditions de rétention des jeunes migrants.

En attendant un possible avis d’expulsion, les migrants mineurs se voient donc proposer un "divertissement" avant de voir leur cas jugé par le TGI de Bobigny, et ce depuis leur lieu de "rétention" à Roissy où : « Depuis octobre 2017, l’annexe du TGI de Bobigny à Roissy, à côté de la zapi, a finalement ouvert. Les personnes libérées se retrouvent sur le parking de la zone d’attente, situé dans la zone de cargo de l’aéroport. Elles ne disposent plus, comme à Bobigny, de la proximité des transports. un certain nombre des libérés depuis l’annexe du TGI sont pris en charge par leurs familles ou leurs contacts, d’autres encore partent avec leurs avocats, mais de nombreux migrants libérés par les juges, ne connaissent personne en France et ne savent pas où se rendre après leur libération. »

Ainsi, des jeunes sont embauchés et payés avec des salaires de misère pour occuper des jeunes qui seront soit expulsés du territoire français, soit accueillis dans des conditions inhumaines en France. Mais une fois de plus, il faut le rappeler, des mineurs n’ont rien à faire en "rétention", d’autant plus quand ils le sont parce qu’étrangers. Régularisation de tous les sans papiers et ouvertures de frontières.



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