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Menacé par l'extrême-droite, convoqué par la justice

Anasse Kazib convoqué devant le procureur le 18 mai : nous ne nous laisserons pas intimider !

Ce 18 mai, Anasse Kazib est convoqué devant le procureur. Une procédure liée au rassemblement qui s’était tenu en réponse aux menaces de l’extrême-droite, suite auquel l’Etat a trouvé bon de poursuivre le cheminot et candidat à la présidentielle.

lundi 16 mai

Crédit photo : O Fil des Contrastes

Anasse Kazib convoqué le 18 mai pour un rassemblement de solidarité contre l’extrême-droite

Le 3 mars dernier, des centaines de soutien étaient réunis aux côtés de Anasse Kazib à l’occasion de la convocation du cheminot et candidat à la présidentielle par la police pour des « faits d’organisation d’une manifestation sur la voie publique sans déclaration ». Celle-ci faisait suite au rassemblement qui s’était tenu place du Panthéon quelques semaines plus tôt en solidarité avec Anasse Kazib, dont la conférence à la Sorbonne avait été menacée par l’extrême-droite.

Or, contre toute attente, à l’issue de la convocation, l’Etat avait choisi de maintenir ses poursuites. Aussi, ce mercredi 18 mai, Anasse Kazib est convoqué devant le procureur de la République pour une « composition pénale ». Il s’agit une procédure prévue par l’article 41-2 du code de procédure pénale selon lequel : « Le procureur de la République, tant que l’action publique n’a pas été mise en mouvement, peut proposer, directement ou par l’intermédiaire d’une personne habilitée, une composition pénale à une personne physique qui reconnaît avoir commis un ou plusieurs délits (…) ».

En d’autres termes, un dispositif de « flexibilisation » de la répression qui permet de sanctionner quelqu’un sur la base de sa seule reconnaissance des faits. Un moyen de pression qui prive l’intéressé de la tribune politique constituée par une audience, tout en pouvant malgré tout aboutir à une condamnation. Très concrètement, Anasse Kazib est « soupçonné d’avoir commis ou tenté de commettre l’infraction d’organisation d’une manifestation sur la voie publique sans déclaration ».

Des poursuites très politiques : non à la répression !

Cette procédure constitue une réaction très politique du Parquet à la conférence organisée place du Panthéon le 9 février dernier et au rassemblement de solidarité massif auquel elle avait donné lieu. Face aux menaces de l’extrême-droite, multipliant les collages, insultes racistes et menaces envers le candidat pour tenter de faire annuler sa venue, ce sont en effet près de 500 personnes qui s’étaient réunies place du Panthéon en solidarité.

Un évènement qui n’a pas plu à l’Etat, dont la réponse juridique constitue une répression politique claire. A ce titre, lors de son audition du 3 mars, les policiers ont bien confirmé à Anasse Kazib que les militants d’extrême-droite qui l’avaient menacé n’étaient pas poursuivis. Par ailleurs, le dossier ne tient pas affirme Me Elsa Marcel, l’avocate qui l’accompagne : « c’est très facile de démontrer que prendre la parole et organiser une manifestation n’ont rien à voir. De plus, la composition n’est pas applicable aux délits de nature politique. Anasse Kazib n’a donc rien à faire là ».

Cette ultime tentative d’intimidation sous forme de rappel à l’ordre de la part de l’institution judiciaire rappelle à quel point l’ex-candidat bouleversait le cadre de l’élection présidentielle. Face à cette attaque, il est fondamental de faire preuve de la solidarité la plus large avec Anasse Kazib, comme avec toutes les victimes de la répression d’Etat. Non à la répression ! Militer n’est pas un crime, résister aux attaques de l’extrême-droite non plus !



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