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Notre classe

Nous ne paierons pas leur crise

Aéro. Grève majoritaire et reconductible à AHG pour les salaires et la dignité

Depuis ce mardi, l’immense majorité des ouvriers des Ateliers de la Haute-Garonne, sous-traitant aéronautique dans la région toulousaine, sont en grève, pour leurs salaires, leurs conditions de travail et la dignité. Face au mépris patronal, la grève a été reconduite à l’unanimité.

mardi 22 juin

La colère est restée vive depuis le premier confinement, où les travailleurs du secteur aéronautique, principale activité de la région toulousaine, ont subi de plein fouet les conséquences de la crise économique et sanitaire. Déjà au printemps derniers, des droits de retraits massifs – face à l’absence de mesures sanitaires et à l’obligation de fabriquer des pièces pour des avions qui restaient cloués au sol – avaient forcé de nombreux patrons du secteur à fermer leurs usines. Par la suite, plusieurs plans de licenciements et d’APC (Accords de performance collective) chez des sous-traitants d’Airbus avaient abouti à des mouvements de grève épars. Aujourd’hui les suppressions d’emploi et les baisses de salaire se combinent à une augmentation des cadences qui poussent les salariés à travailler plus pour gagner moins.

Aux Ateliers de la Haute-Garonne, ce sont les NAO (négociations annuelles obligatoires) qui ont fait exploser la colère des salariés. Alors qu’on observe une reprise économique partielle, la direction a refusé d’accéder à la revendication d’augmentation salariale portée par les travailleurs, dans le contexte où ces derniers, comme le reste de salariés du secteur, font face à une augmentation des cadences et une dégradation de leurs conditions de travail. Il y a quelques mois déjà, les patrons de l’entreprise avaient dû reculer sur leur projet d’APC face à la velléité de grève des salariés, dans cette entreprise qui n’a pas connu de grève depuis 1973 !

Ce mardi, c’est donc un mouvement de grève historique dans cette boîte qui a été entamé par les travailleurs des Ateliers de la Haute-Garonne, à l’appel de la section CGT, pour une augmentation de salaires, de meilleures conditions de travail et pour leur dignité. Dans ce contexte, loin d’être une grève isolée, ce combat exprime la colère de tout le secteur et la possibilité, même pour ceux qui n’ont jamais fait grève, de relever la tête contre les attaques que le patronat de l’aéronautique essaie de faire passer comme une fatalité lié à la crise.

Avant le lever du soleil, plusieurs grévistes étaient déjà sur place pour rencontrer l’équipe de nuit à leur sortie du travail, avant d’installer le piquet de grève. Au total, ce sont plus de 80 % des travailleurs de la production qui se sont mobilisés pour cette première journée de grève.

Dès 9 heures du matin, plusieurs soutiens sont venus apporter de la force et de la solidarité aux grévistes, notamment des syndicalistes CGT d’autres secteurs à l’instar de Raphaël et Rozenn de la CGT Chronodrive, des étudiants du collectif Le Poing Levé et des militants de Révolution Permanente.

Les salariés mobilisés, syndiqués et non-syndiqués, ont organisé une première assemblée générale en milieu de matinée et ont décidé de mettre en place une caisse de grève, afin de pouvoir amplifier le rapport de force face à une direction qui fait la sourde oreille à leurs revendications. Ce mépris patronal s’est notamment illustré par une instrumentalisation de la pandémie pour tenter d’effrayer les salariés, en invoquant le risque de créer un cluster en se réunissant à l’extérieur de l’usine, alors qu’il y a un an la direction n’avait rien mis en place pour protéger les ouvriers face au risque de contamination.

Dans une vidéo, Gaëtan Gracia, syndicaliste à la CGT AHG et militant à Révolution Permanente, appuie sur l’importance de cette caisse de grève, dans un contexte où pour l’heure, la direction refuse de rencontrer les salariés. C’est également ce qu’a rappelé Rozenn, en lutte contre Chronodrive, lors d’une intervention devant les grévistes : « La caisse de grève et la solidarité sont essentiels, c’est ce qui nous a permis d’organiser la première grève de l’histoire de Chronodrive suite à mon licenciement, il y a quelques semaines. » La cagnotte en ligne des salariés d’AHG a d’ores et déjà récolté plus de 1700€ grâce à la détermination des grévistes et à la solidarité qui s’organise, au cours de cette première journée de bataille.

Autre moyen de pression de la direction : la prime de production qu’ils menacent de supprimer à tous les grévistes, pour chercher à les dissuader de se mobiliser. C’est pourquoi l’assemblée générale des grévistes a voté l’ajout du maintien de cette prime à sa liste de revendications, refusant de se laisser intimider par le chantage patronal. Les revendications ont également été rappelées lors de cette assemblée, et adoptées par l’ensemble des grévistes.

Déterminés face à des patrons qui refusent pour l’heure toute rencontre avec eux, les salariés d’AHG ont décidé de reconduire la grève au lendemain pour augmenter le rapport de force. Pour soutenir ces grévistes combatifs, portant la voix de tout un secteur particulièrement impacté par la crise et qui refuse de baisser la tête, rendez-vous mercredi 23 juin à 9h, au 26 route de Lasbordes, à Flourens. Contribuez et partagez massivement la caisse de grève !




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