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Politique

A une semaine de l'appel national

Acte 52 à Montpellier : sniper et fusils d’assauts, forte répression de l’appel national des Gilets jaunes

Ce samedi 09 novembre, un appel national invitait les Gilets Jaunes à manifester à Montpellier. A une semaine de l'anniversaire du mouvement, et à trois semaines d'une grève et d'un mouvement social contre la réforme des retraites qui s'annoncent massifs, la réponse du pouvoir est toujours la même : la matraque et les gaz lacrymogènes.

lundi 11 novembre

Crédit photo : ©CN

Une journée sous le signe de la répression

Ce samedi 09 novembre, un appel national invitait les Gilets Jaunes à manifester à Montpellier. Ce sont plus ou moins 1000 personnes qui ont répondu présent et qui ont été confrontées à une très forte répression.
Le nouveau préfet de l’Hérault, Jacques Witowski, a visiblement voulu envoyer un message fort à une semaine de l’anniversaire du mouvement. Alors qu’à sa nomination, fin août dernier, il déclarait « N’attendez pas de laxisme de ma part » en parlant du maintien de l’ordre, un dispositif policier sans précédent a été mis en place ce samedi pour neutraliser l’appel national des Gilets Jaunes.

Dès le début du rassemblement sur la place de la Comédie et les premiers mouvements de foule, la police a repoussé les manifestants sur la rue de Maguelone, artère principale qui relie la gare et la place de la Comédie. Les forces de l’ordre se déploient et nassent le cortège, à grands renforts de gaz lacrymogènes et de charges plus violentes les unes que les autres. De nombreuses personnes se réfugient dans les commerces et les immeubles qui bordent l’avenue, mais la BAC n’hésite pas à les poursuivre ou à les bloquer à l’intérieur de boutiques dont les grilles sont fermées.

De l’extérieur de la nasse, la situation serait ridicule si elle était moins dramatique : les manifestants sont non seulement encadrés de part et d’autre par un nombre impressionnant de cordons de policiers, mais aussi par deux canons à eau, qui se font face à quelques dizaines de mètres.

A l’intérieur, tous les témoignages font état d’une angoisse et d’une violence qui font froid dans le dos. De nombreuses interpellations musclées ont lieu, plus de quinze personnes finiront la journée en garde à vue. Parmi les interpellés, Jules, journaliste au journal montpelliérain Le Poing, qui souligne avec inquiétude les entraves à la liberté de la presse et la liberté de manifester :

Après le fusil à pompe, le sniper

Comme un symbole de cette journée de répression sauvage, un nouveau palier semble avoir été franchi dans l’intimidation exercée par les forces de l’ordre. Montpellier avait déjà été à l’avant-garde de la répression lors de l’acte IX, lorsque les policiers avaient utilisé un fusil à pompe pour tirer des munitions non létales. Cette fois-ci, un CRS s’est distingué en portant ostensiblement un sniper :

Crédits photo : Montpellier Poing Info

La manifestation s’est poursuivie tout l’après-midi, avec des cordons de CRS et de gendarmes mobiles toujours plus nombreux qui encerclaient la place de la Comédie, et qui chargeaient avec les groupes de la BAC tous les débuts de regroupements de manifestants.

A une semaine de l’anniversaire du mouvement, et à trois semaines d’une grève et d’un mouvement social contre la réforme des retraites qui s’annoncent massifs, la réponse du pouvoir est toujours la même : la matraque et les gaz lacrymogènes.




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