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Notre classe

Après l’échec de la journée du 1er octobre

AP-HP. La lutte des hospitaliers parisiens dans une impasse

La journée du 1er octobre a été marquée par des manifestations du personnel de la santé contre la Loi Touraine au moment où celle-ci rentrait en discussion au Sénat. En même temps, les revendications de différents secteurs et métiers se sont exprimées, souvent de façon divisée. Résultat des courses : un bilan assez mitigé qui permet au gouvernement de continuer à avancer dans ses attaques et met en particulier la lutte en cours dans l’Assistance Publique – Hôpitaux Parisiens (AP-HP) dans une impasse.

vendredi 2 octobre 2015

C’était en même temps prévisible. Comme nous l’avions indiqué dans un article du mercredi 30 septembre, le déficit de préparation et même d’information sur cette journée laissait entrevoir un échec.

Tous ensemble … vraiment ?

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Au sein de l’AP-HP, l’unité syndicale a de plus en plus l’air d’être une simple apparence, et la journée du 1er octobre en donne une image assez édifiante. La CFDT, qui a repris les négociations avec Martin Hirsch ne participait tout simplement pas, tout en déclarant faire toujours partie de l’Intersyndicale. La CGT et Sud appelaient à une manifestation le matin dont l’information a très peu circulé.
FO appelait seulement à un rassemblement devant le Sénat à 13h en parlant d’une mobilisation nationale. Cela a été loin d’être le cas puisqu’il n’y a eu aucune montée à Paris et que là où le personnel de la santé est mobilisé (Caen, Marseille), seuls des rassemblements locaux ont eu lieu.

Pour compléter le scénario, environ 1500 infirmiers-anesthésistes venus de partout en France manifestaient eux aussi contre la Loi Santé et pour une prise en compte de leurs années d’étude… mais ailleurs ! Leur manifestation est partie de Montparnasse pour rejoindre le Ministère de la Santé sans jamais croiser celle du personnel de l’AP-HP.

Dans ce contexte, le « Tous ensemble ! » chanté par des représentants des syndicats de l’AP-HP pendant le trajet sonnait un peu… faux ! Le cortège de l’AP-HP, avec quelques 300 personnes, a ainsi été le plus petit depuis le début du mouvement, et le rassemblement devant le Sénat n’a pas rassemblé plus de monde.
Le lendemain, sur les réseaux sociaux, on pouvait lire des commentaires d’hospitaliers très énervés par le fait qu’ils n’avaient même pas su que la manifestation allait avoir lieu.

Négociation accélérée entre Hirsch et la CFDT

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Pendant ce temps, la direction de l’AP-HP et celle de la CFDT se préparent pour le processus de négociation qui démarre dès lundi 5 octobre et qui se veut « rapide ». Au rythme de deux séances par semaine, la CFDT dit espérer « tout boucler avant fin octobre ».

Pour ce qui est des autres organisations syndicales, qui refusent à ce stade de s’asseoir avec Hirsch, la question qui se pose objectivement après l’échec du 1er octobre - alors qu’aucune nouvelle journée d’action n’est annoncée - est : quel plan de lutte pour imposer le retrait du projet de réorganisation du temps de travail dont le rejet fait unanimité chez les hospitaliers ?

Le premier octobre : acte d’enterrement ou point de retournement ?

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Il est désormais clair pour des nombreux personnels mobilisés de l’AP-HP que si rien ne change, leur mouvement, pourtant historique, va vers un échec. Ce serait vraiment dommage après avoir été à deux doigts de faire tomber le président de l’AP-HP aux alentours du mois de juin. D’autant plus qu’une victoire des hospitaliers parisiens serait un énorme encouragement pour tous ceux qui se battent dans les différents secteurs contre les mesures d’austérité appliquées par le gouvernement et le patronat.

Au vue de la situation au sein de l’Intersyndicale, la seule possibilité d’inverser cette tendance semble de plus en plus être une prise en main du mouvement par sa base, en se coordonnant à partir des assemblées d’établissement pour proposer rapidement des nouvelles actions et journées de grève. Une action de convergence avec les autres secteurs en lutte dans le domaine de la Santé et au-delà, de façon à remotiver les collègues qui ont fini par « lâcher l’affaire », faute de perspectives. Mais le temps presse.



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