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Jeunesse

Pas de quartier pour l'extrême-droite

A Paris, la Cocarde provoque les manifestants : l’extrême-droite hors de nos cortèges !

Les militants de la Cocarde ont tenté de défiler aux côtés des profs et des étudiants ce mardi à Paris. Une provocation de la part de ces militants d'extrême-droite, qui défendent la sélection à l'université ainsi que des thèses racistes et sexistes, avant que les manifestants les expulsent du cortège.

mardi 26 janvier

Crédit photo : Twitter @HippolitePotame

Facs fermées, licenciements, précarité, isolement, concurrence et évaluation permanente au milieu d’une pandémie : la jeunesse est dans une situation de grande détresse. Ces dernières semaines, les tentatives de suicide d’étudiants se sont multipliés et témoignent de l’effroyable situation de très nombreux étudiants.

Ces derniers jours, la Cocarde, une organisation d’extrême droite, a multiplié sur les réseaux sociaux les appels à une convergence de l’ensemble des organisations de la jeunesse. Dans un communiqué de presse publié sur ses réseaux sociaux, La Cocarde Etudiante écrivait ainsi le 21 janvier :« si chaque organisation étudiante est comme elle prétend, sincèrement soucieuse du sort des étudiants, alors il nous faut savoir mettre temporairement de côté nos différents aussi profonds soient-ils, et engager au plus vite une coordination entre nos mouvements », et interpellait sur Twitter les organisations étudiantes : « l’Unef, La Fage, Solidaires, L’Uni, Le Poing Levé, FSE et autres, la balle est dans votre camp ».

A la manifestation parisienne appelée par l’ensemble des organisations de jeunesse, dans cette droite lignée les militants de la Cocarde ont animé un cortège avant de se faire expulser par des manifestants et des antifas.

Si la situation de détresse dans la jeunesse est telle qu’elle a de quoi encourager à l’alliance des différentes organisations de jeunesse, cette préoccupation ne saurait pousser à des amitiés avec un groupuscule d’extrême-droite comme la Cocarde. C’est ce que sont venus rappeler des manifestants : l’extrême droite n’a pas sa place dans les cortèges de la jeunesse. Parce que derrière l’instrumentalisation des intérêts étudiants, et le prétendu souci « du sort des étudiants », les militants de la Cocarde se battent au quotidien pour une université et une société antonymes aux aspirations et combats portés dans les manifestations.

La Cocarde affirme vouloir, dans la période, imposer la réouverture en urgence des universités. Une réouverture qu’elle ne souhaite lier à aucune augmentation de moyen, allant jusqu’à moquer les besoins en psy exprimés par de nombreux étudiants. Derrière les discours de façade, l’organisation d’extrême droite s’est toujours faite le relais des politiques néolibérales appliquées à l’université. Ce que la pandémie de Covid-19 a mis sous le feu des projecteurs, c’est le manque structurel de moyens à l’université qui indexe la réouverture des universités à des embauches massives et à des investissements massifs. La réalité dramatique de l’université est la conclusion de réformes libérales imposées à l’université ces dernières décennies, qu’a systématiquement défendu la Cocarde.

Aussi, alors que le suicide d’une étudiante suite à ses résultats de partiels a brutalement révélé le caractère délétère voire criminel de la sélection, la Cocarde a toujours été défenseur de la sélection à l’université. De plus, si la Cocarde revendique en urgence la réouverture des facs, la politique qu’elle défend au quotidien est celle de la fermeture des portes de nos campus à de nombreux étudiants parmi les plus précaires, notamment les étudiants travailleurs, et en premier lieu aux étudiants étrangers ou à la communauté LGBTI. De fait, La Cocarde a fait du combat contre la recherche sur le genre un de ses principaux axes de ses campagnes électorales étudiantes et est adepte de la « théorie du grand remplacement », une croyance portée par la mouvance raciste selon laquelle il y aurait un remplacement ethnique des français de souche par des populations en provenance des pays d’Afrique.

Enfin si la Cocarde prétend aujourd’hui tendre la main aux organisations de jeunesse, ces mêmes militants d’extrême droite ont pour coutume d’inonder les messageries et publications de militants étudiants de menaces et appels à la haine, et de multiplier les intimidations physiques contre les étudiants mobilisés.

L’expulsion des militants d’extrême droite à la manifestation parisienne de ce mardi exprime ce refus porté par l’immense majorité des étudiants de marcher main dans la main avec l’extrême droite. Parce que derrière l’instrumentalisation de la détresse étudiante, la Cocarde reste un groupuscule raciste, homophobe et défend des politiques contraires aux intérêts de la jeunesse. Plus que jamais l’extrême droite n’a pas sa place dans nos cortèges.




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