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Palestine

À 75 ans de la Nakba, les massacres d’Israël ravivent les affrontements à Gaza

Alors que les Palestiniens commémoraient la date de la Catastrophe (Nakba) commise par l’état colonial d’Israël, ce dernier continue de dévaster la terre et les vies des Palestinien⋅nes. La dernière attaque a commencé mardi 9 mai, lorsqu'Israël a lancé des frappes aériennes surprises visant les maisons de trois commandants supérieurs du Jihad islamique palestinien, une semaine sanglante qui a abouti à 31 morts dont 7 enfants.

Mariam Amel

27 mai

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À 75 ans de la Nakba, les massacres d'Israël ravivent les affrontements à Gaza

Crédits photo : gloucester2gaza

Alors que les Palestiniens commémoraient la semaine dernière les 75 ans de la Nakba, l’armée israélienne continue de dévaster la terre et les vies des Palestinien⋅nes. Mardi 9 mai, l’armée israélienne a mené des frappes surprises visant les maisons de trois commandants supérieurs du Mouvement du Jihad Islamique (MJI), le deuxième groupe le plus puissant après le Hamas dans la bande de Gaza où plusieurs roquettes ont été lancées. Au cours des cinq jours de l’opération militaire, Israël a tué six hauts commandants du MJI et détruit un certain nombre d’installations militaires. Le nombre total des victimes s’élevait à 31 samedi soir, dont 7 enfants.

Une énième attaque à Gaza, une semaine avant la commémoration de la Nakba

Cette attaque s’inscrit dans une longue série d’offensives de la part d’Israël dans la bande de Gaza sous prétexte de la poursuite des factions militaires palestiniennes, sans se soucier des pertes humaines causées par ces attaques. Cette politique brutale appliquée depuis des années montre clairement que la machine de guerre israélienne ne se contente pas uniquement de cibler des objectifs militaires mais surtout de terroriser et de tuer les Palestinien⋅nes.

Par l’intermédiaire de médiateurs égyptiens, Israël a fait savoir qu’elle visait uniquement le MJI, avec lequel les tensions ont éclaté la semaine dernière après le décès de Khader Adnan suite à une grève de la faim alors qu’il était détenu par les forces israéliennes. Ce dernier était une personnalité politique éminente affiliée au MJI. Cette agression à Gaza est intervenue malgré l’accord de cessez-le-feu conclu en août dernier entre Israël et le MJI, médiatisé par l’Égypte et soutenu par le coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Tor Wennesland.

En parallèle et par crainte d’une alliance entre le Hamas et le MJI, Israël avait menacé d’assassiner les dirigeants du Hamas, dans le cas où ces derniers participeraient à la réponse menée par le MJI. Une politique à travers laquelle Israël maintient un climat de discorde et de division pour empêcher les opérations unie entre les différentes factions militaires à Gaza. Pourtant, la salle des opérations conjointes, dont les Brigades d’Al-Qods (frange militaire du MJI) et les phalanges de Al Kassam (frange militaire de Hamas) font partie, avait annoncé que les actions menées contre Israël seraient unies et que les groupes seraient prêts à opérer ensemble.

Médiation égyptienne pour un cessez-le-feu

En réponse à l’assassinat de ses dirigeants mardi dernier, le MJI a annoncé des représailles, qui ont abouti à des tirs de roquettes mercredi 10 mai dans l’après-midi. Cette opération a visé des villes du sud d’Israël et Tel Aviv, à environ 65 kilomètres de Gaza, le MJI a lancé une série de missiles qui ont illuminé le ciel de la ville. Bien que le système de défense aérienne israélien Iron Dome ait réussi à intercepter une partie des roquettes tirées depuis Gaza, l’état d’urgence a été déclaré dans plusieurs villes et des sirènes ont retenti dans plusieurs zones de Tel-Aviv. Un état d’urgence qui a perturbé le trafic aérien à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, entraînant la fermeture de certaines écoles et l’ouverture des refuges pour évacuer les Israéliens.

Le samedi 13 mai à 20 heures 30, et après un échange de missiles très tendu, Israël et le MJI à Gaza ont convenu d’une trêve qui est entrée en vigueur à 22 heures, signalant la fin du pire épisode d’incidents transfrontaliers depuis la guerre de 10 jours en 2021. L’Égypte, qui a négocié le cessez-le-feu, a appelé toutes les parties à adhérer à l’accord.

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Netanyahou revendique une victoire illusoire

Du côté israélien, Netanyahou se félicite du succès de l’opération militaire qui a abouti à l’assassinat de six dirigeants du MJI, saluant la coordination réussie entre l’armée et l’agence de sécurité de Shin Bet. Il considère ainsi que sa capacité à cibler des dirigeants chez eux est une leçon aux factions du Liban, de la Cisjordanie et de Gaza, démontrant qu’Israël a le bras long.

Derrière cette tentative de gonflement de muscles se cache une vieille stratégie bien connue des politiciens israéliens pour créer une unité factice en période de conflits internes. Cette stratégie traduit notamment la crainte de Netanyahou de perdre sa popularité après des mois de protestations massives contre les réformes judiciaires. Une peur d’autant plus forte après le boycott des sessions de la Knesset par Itamar ben Gefir qui poursuit ses menaces d’ignorer les réunions hebdomadaires du cabinet de son parti jusqu’à ce qu’il acquiert une « influence » sur la politique de sécurité nationale.

Pour les Palestiniens, le combat continue…

La montée de l’extrême-droite en Israël et la succession d’attaques contre le peuple palestinien ne briseront pas leur détermination à libérer leur terre. Au contraire, cela témoigne du fait que le conflit interne en Israël a commencé à faire surface. Les illusions dans la « démocratie » israélienne commencent à s’estomper et Netanyahou ne réussira pas cette fois à polir son image en obtenant le soutien extérieur auquel il est habitué. D’autre part, la génération palestinienne émergente refuse de faire des compromis lorsqu’il s’agit de libérer sa terre.

Après le 15 mai qui a marqué la soixante-quinzième commémoration de la Nakba palestinienne, une opération de nettoyage ethnique ayant touché près de 800 000 Palestiniens en 1948, 530 villages détruits, 62 000 maisons démolis, annonçant l’établissement de l’État colonial sioniste sous l’auspice des états impérialistes, le peuple palestinien poursuit sa lutte. Un combat contre les déplacements forcés, le nettoyage ethnique, l’apartheid et toutes les autres formes de crimes contre l’humanité commis par cet État aujourd’hui déstabilisé.

La crise de régime que traverse Israël et la lente normalisation des relations des bourgeoisies arabes avec l’État sioniste rappellent que la libération de la Palestine ne passera que par une véritable unification du mouvement palestinien autour de la lutte pour une libération socialiste et révolutionnaire de ses terres. Il faut se battre pour la dissolution de l’État d’Israël et la mise en place d’un État Palestinien socialiste et révolutionnaire qui refuse toute oppression religieuse ou raciale et où coexisteraient juifs et arabes. Pour que le peuple palestinien vive en paix, il faut démanteler l’Etat raciste et pro-impérialiste israélien.


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