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La victoire est possible !

7 mars : l’intersyndicale reste sur 24h de grève, il faut un appel clair à la reconductible !

Réunie ce mardi 21 février, l’intersyndicale a réaffirmé sa volonté de « mettre le pays à l’arrêt » le 7 mars. Pourtant, les directions syndicales refusent toujours d'appeler à la grève reconductible à partir de cette date, seule façon de gagner face à Macron.

Joël Malo

22 février 2023

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Au soir du 11 février, la quatrième date de mobilisation nationale contre la réforme des retraites, l’intersyndicale a appelé à une prochaine journée de grève interprofessionnelle le 7 mars. À cette occasion, et face à un gouvernement qui ne bouge pas d’un iota, l’intersyndicale a haussé le ton dans son communiqué appelant à « mettre le pays à l’arrêt ». Une déclaration où de nombreux travailleurs ont vu une réponse à leur volonté de faire battre le gouvernement en retraite et de concentrer les forces en préparant une grève dure et qui dure, une grève reconductible.

L’intersyndicale réaffirme son plan pour une grève de 24h le 7 mars

La réunion de ce mardi 21 février a confirmé, s’il le fallait, que l’intention de l’intersyndicale est loin d’être celle-là. Le communiqué qui en est sorti vient en effet confirmer que si les chefs des confédérations continuent d’évoquer le durcissement du mouvement, en réalité les modalités d’action restent les mêmes : une journée isolée le 7 mars et un appel à paralyser le pays… pendant 24 heures.

En effet, si l’intersyndicale, évoque dans son texte les mobilisations du 8 et 9 mars, ces dates sont loin d’être présentées comme un moyen de poursuivre et d’amplifier la grève contre Macron. Ainsi, le 8 mars, journée internationale de lutte et de grève pour les droits des femmes, est présenté comme l’occasion de « rendre visibles les conséquences » du projet de réforme pour les femmes. De son côté, le 9, date à laquelle plusieurs organisations lycéennes et étudiantes ont appelé à la mobilisation, est réduit à une journée ne concernant que les organisations de jeunesse pour… « améliorer le système de bourses d’études ». Une journée que l’intersyndicale se contentera de soutenir.

Dans les deux cas, pas d’appel à la grève, ni à poursuivre la mobilisation sur ces dates que l’intersyndicale dépolitise largement ! Un discours qui résonne avec les déclarations des dirigeants syndicaux ces dernières semaines. Laurent Berger affirmait ainsi le 11 février : « On n’est pas dans la logique de la grève reconductible (…) ce n’est pas un appel à la grève générale ». Depuis, celui-ci a précisé que « la grève du 7 mars ne sera pas une prolongation du bordel qui s’est passé à l’Assemblée nationale, dans les rues ». De son côté, Philippe Martinez botte en touche et renvoie aux fédérations pour décider de la reconduction.

Dans le même temps, l’intersyndicale entend poursuivre sa logique de pression sur les parlementaires, comme l’a affirmé Laurent Berger pour qui la journée du 7 mars a pour but de faire pression sur les sénateurs.

7, 8, 9 mars : une occasion en or pour lancer la grève reconductible !

Pourtant, cette semaine pourrait se montrer particulièrement propice à un embrasement de la colère contre la réforme des retraites. Le 8 mars pourrait être un tremplin pour le mouvement gréviste et les mobilisations, alors que les travailleuses se trouvent en première ligne de l’attaque de Macron. Ensuite, le 9 mars, date à laquelle plusieurs organisations lycéennes et étudiantes ont appelé à la mobilisation, pourrait offrir une occasion au mouvement naissant dans les lycées et les facs de se cristalliser.

Ainsi, construire une grève le 8 mars, mettrait en avant la puissance des femmes travailleuses qui font tourner notre société, tandis que les motivations des jeunes qui font face à la répression policière en bloquant leurs établissements sont loin de se résumer à la seule question des bourses ! C’est bien contre la réforme des retraites, pour la retraite à 60 ans, contre la précarité dans la jeunesse et au travail, contre tout ce que représente Macron que la colère est si profonde.

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L’opportunité de lancer la reconductible est donc évidente. D’autant que des appels en ce sens ont émergé dans plusieurs secteurs pour faire du 7 mars le premier jour d’une grève reconductible. C’est le cas à la RATP (à l’appel d’une intersyndicale CGT, UNSA, FO, CFE-CGC), à la SNCF (à l’appel de la CGT et de Sud-Rail) et, sous l’impulsion des fédérations CGT du secteur, dans les raffineries, les ports et docks, l’énergie, chez les éboueurs ainsi que dans les industries de verrerie et de céramique. Ces appels ont suscité un certain enthousiasme et sont des points d’appui pour installer et construire la grève reconductible dans d’autres secteurs.

Alors que les sondages montrent une disposition au combat et la conscience de nombreux travailleurs de la nécessité d’un blocage du pays pour gagner face à Macron, l’intersyndicale doit rompre avec sa stratégie de pression et appeler clairement à la grève reconductible ! La stratégie de pression sur l’Assemblée à coups de journées isolées, même massives, a déjà montré ses limites. Pour gagner, il faut durcir le mouvement et mettre toutes ses forces dans la préparation d’une mobilisation dure, aux côtés des travailleurs qui se préparent à reconduire le 7.

À lire : Le 7 mars doit être le point de départ d’un mouvement reconductible et politique dans les facs

Salaires, reconductible et organisation à la base : une nécessité pour durcir le mouvement

La préparation d’une grève reconductible apparaît d’autant plus centrale que la situation générale est en train de se durcir. Le gouvernement montre sa détermination en poursuivant ses manœuvres anti-démocratiques au Parlement, à coup de 47-1, et si besoin plus tard de 49-3, tandis que le problème de l’inflation va se poser de manière encore plus forte au cours du mois de mars, alors que les prix de l’alimentaire vont être revus à la hausse.

Or, un départ en grève reconductible pourrait non seulement permettre de faire reculer le gouvernement sur les retraites, mais constituerait une opportunité de construire une contre-offensive face à tous les problèmes soulevés dans les manifestations et les entreprises : les salaires, la précarité, les mauvaises conditions de vie et de travail. Une optique qui implique d’élargir le socle revendicatif du mouvement, à la hauteur des aspirations profondément politiques qui s’expriment dans la rue depuis le 19 janvier, mais aussi dans les grèves pour les salaires qui continuent à fleurir dans le pays.

Face aux atermoiements de l’intersyndicale, il n’y a cependant pas une minute à perdre. La possibilité de la reconductible dépendra en effet en grande partie d’un effort militant des grévistes. L’organisation à la base, dans chaque entreprise, des travailleurs syndiqués et non-syndiqués doit ainsi se développer au service de cette perspective. Les AGs et Interpros seront clé pour durcir le mouvement à partir du 7 mars, tisser des liens interprofessionnels, aller chercher les secteurs qui ne sont pas encore mobilisés dans les entreprises voisines, organiser des actions pour visibiliser la grève, etc. Autant de tâches brûlantes dans les deux semaines qui nous séparent du 7 mars.


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