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Réforme des retraites

7 février à Metz : « on est plus nombreux qu’au pic de la mobilisation de 2019 »

A Metz, plus de 10 000 manifestants se sont à nouveau rassemblés mardi 8 février. En fin de manifestation, une cinquantaine d’étudiants et quelques travailleurs issus de différents secteurs ont cherché en interpro à se coordonner et à planter les germes d’un plan de bataille pour la reconductible.

Nathan Deas

8 février 2023

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Ce mardi, la mobilisation était une nouvelle fois massive à Metz. Avec près de 10 000 personnes à descendre dans les rues selon la CGT, la mobilisation est légèrement en baisse dans la capitale lorraine, comme partout en France, pour cette troisième journée interprofessionnelle appelée par l’intersyndicale dans le cadre du mouvement contre la réforme des retraites.

La détermination, elle, reste intacte comme en témoigne la diversité des secteurs représentés. Aux côtés des travailleurs de l’énergie de Cattenom ou d’Enedis venus en nombre, on retrouve des salariés de PSA, de l’éducation nationale ou encore de la SNCF. En clôture de manifestation, un cortège unitaire étudiant déambule dans une ambiance combattive. Quelques heures plus tôt, l’université de Lorraine a connu sa plus grosse assemblée générale depuis le début du mouvement.

« Il y a un peu moins de monde que le 31 janvier, mais la mobilisation reste très importante. On est plus nombreux dans la rue à Metz aujourd’hui qu’au pic de la mobilisation de 2019 contre la précédente réforme des retraites du gouvernement Macron. Surtout, la détermination reste intacte. Dans les cortèges, il n’y a aucune démoralisation, mais la conviction que c’est une lutte qui va se faire sur le temps long et que ce qu’il faut préparer c’est le durcissement » nous confie Christian Porta, délégué CGT Neuhauser.

Le son de cloche est identique du côté de Valérie, travailleuse dans l’usine nucléaire de Cattenom. « Aujourd’hui, il y a un tout petit peu moins de grévistes dans notre boîte, par contre on sait qu’il faudra tenir dans la durée et on sera là jusqu’au bout quoi qu’il arrive. Pour l’instant on est courtois, mais le gouvernement ne veut rien entendre, alors on se prépare à faire des blocages plus importants ».

De son côté, Antony, travailleur chez Enedis explique : « on continue de se mobiliser sur toutes les dates appelées par l’intersyndicale, mais on sait que ça ne suffira pas. Dans nos assemblées générales on discute de la reconductible et c’est cette perspective qu’on prépare en nous nous mobilisant ce mardi à nouveau ».

A l’issue de la manifestation, une cinquantaine d’étudiants et de travailleurs de la SNCF, de l’énergie, de l’éducation nationale ou encore de l’hôpital public se retrouvent dans un amphithéâtre de l’université de Lorraine. « Cette deuxième interpro doit nous servir à nous coordonner et à nous rencontrer pour durcir la lutte. On sait très bien que l’intersyndicale n’imposera pas cette perspective et qu’on devra l’imposer par en bas. Pour l’heure on est pas encore extrêmement nombreux, mais les liens que l’on commence à tisser sont importants » introduit Christian Porta.

Alors que l’intersyndicale n’a pas précisé ses intentions quant à la suite du mouvement à la veille des vacances, l’enjeu est de continuer à « imposer le sujet de la grève pendant une période qui pourrait s’annoncer plus calme. Cette période peut nous servir à populariser les caisses de grèves, à nous rencontrer, etc » avance Julie, militante au Poing Levé. « Il faut voir comment on continue de créer des liens. Pour la prochaine manif on pourrait imaginer un cortège commun qui parte de l’université ou qui s’y finisse » abonde un travailleur de l’éducation nationale.

Pour rendre compte de cet objectif, en fin d’assemblée générale, l’organisation d’une soirée de solidarité aux grévistes sur l’université avant les vacances et celle d’un grand meeting de la grève à la rentrée sont décidées. La grève reconductible large n’est peut-être pas encore totalement à l’ordre du jour, une chose est sûre, à Metz comme ailleurs, certains manifestants défendent d’ores et déjà la constitution d’un programme de lutte à la hauteur de la colère.


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