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Politique

5ème vague

5ème vague : Macron laisse circuler le virus et parie sur nos vies pour satisfaire le MEDEF

Les annonces à l'issue du conseil de défense sanitaire ce lundi confirment que face à la 5ème vague, Macron reste fidèle à sa stratégie : maintenir l'économie vaille que vaille, quitte à parier sur nos vies en laissant circuler le virus, tout en pointant du doigt les non-vaccinés pour mieux s’exonérer de ses responsabilités.

lundi 6 décembre 2021

Le premier ministre Jean Castex et le ministre de la santé Olivier Véran ont tenu une conférence de presse à l’issue du conseil de défense sanitaire ce lundi.

A l’issue du Conseil de défense sanitaire ce lundi, Jean Castex et Olivier Véran n’ont rien annoncé concernant la gratuité des tests pour tous, le dépistage massif dans les écoles et sur les lieux de travail, l’isolement des cas contacts, ou encore des moyens humains et financiers pour l’hôpital public comme les soignants l’ont réclamé dans la rue samedi dernier.

Pourtant, de l’aveu même du premier ministre, « le virus circule vite dans notre pays, avec près de 50 000 cas quotidien ces derniers jours nous sommes à des niveaux supérieurs que lors des précédentes vagues ». Tandis qu’Olivier Véran précise : « un taux d’incidence supérieur à 400 pour 100.000 habitants, ça veut dire une circulation du virus qui est supérieure au niveau du pic atteint lors de la 3ème vague ».

En s’appuyant sur le fait que « sans la vaccination nos hôpitaux seraient déjà à des niveaux de saturation comme lors de la première vague », Jean Castex a tenté de défendre le bilan de la campagne de vaccination mise en place par le gouvernement à coup de mesures liberticides. Mais avec « plus de 2.200 patients actuellement dans les services de soins critiques de nos hôpitaux », soit « un nouveau patient [qui] rentre en réanimation toutes les 10 minutes », le système de santé est mis à rude épreuve. Sans parler de la stratégie du « tracer, alerter, protéger », complètement débordé par l’ampleur de la vague.

Face à cette situation, l’appel aux entreprises à mobiliser le télétravail deux à trois jours par semaine, ainsi que l’annonce de la fermeture des discothèques pendant quatre semaines à partir du vendredi 10 décembre, ressemblent à une tentative d’écoper le Titanic avec un verre d’eau. En effet, quid des transports où les travailleurs s’entassent tous les jours, notamment en Île-de-France où la région a décidé de réduire l’offre de transports au moins jusqu’en 2022 ? De manière générale, le grand principe reste « ne pas restreindre l’activité » explique Jean Castex, en adéquation avec les revendications du MEDEF qui veut à tout prix éviter « les mesures contraignantes ».

Sans parler des écoles, où « les enfants dans les tranches d’âge non-vaccinés sont désormais le principal moteur de la reprise épidémique », dixit Bruno Lina, virologue et membre du conseil scientifique interrogé dans le Journal Du Dimanche. A ce sujet, le gouvernement a annoncé faire passer le protocole sanitaire en milieu scolaire au niveau 3, avec pour principal effet de rendre de nouveau obligatoire le port du masque même dans les cours de récréation. L’objectif reste le même : continuer à maintenir l’école ouverte telle une garderie du MEDEF, pour que les parents continuent à aller travailler.

Cependant face à la contagiosité du variant Delta, l’absence de jauge dans les salles de classe et les cantines fait défaut. D’autre part, « le dépistage systématique hebdomadaire » est recommandé par le virologue. Mais le gouvernement préfère faire tester les élèves d’une classe seulement lorsqu’un cas y a déjà été détecté. Ce qui « ne permet de détecter que le sommet de l’iceberg », puisque « beaucoup d’enfants sans symptômes diffusent le virus ». D’ailleurs, concernant le dépistage, les tests pour les non-vaccinés demeurent non-remboursés par la sécurité sociale, ce qui ajoute une inconnue à une équation au résultat déjà incontrôlable.

En ce qui concerne la vaccination, si Jean Castex affirme que « le combat pour la troisième dose ne doit pas faire oublier la primo-vaccination », le premier ministre s’est contenté d’un « message solennel à nos concitoyens qui ne se sont pas encore engagés dans la vaccination », plutôt qu’à donner les moyens aux médecins traitants et aux professionnels de santé au plus près du terrain de convaincre ces populations souvent précaires et isolés. Enfin pour ce qui est de la troisième dose de rappel, il a assuré que les personnes âgées de 65 ans et plus pourront se faire vacciner « quel que soit le centre de vaccination » et sans rendez-vous, mais sans proposer de solution logistique au grand embouteillage qui touche les centres de vaccination.

En fin de compte, Macron et son gouvernement restent donc fidèles à leur stratégie : maintenir les profits du grand patronat vaille que vaille, quitte à parier sur nos vies en laissant circuler le virus, tout en pointant accessoirement du doigt les non-vaccinés et les responsabilités individuelles pour mieux s’exonérer des siennes. Face à la gestion made in MEDEF de la crise sanitaire, notre camp social doit revendiquer des moyens à la hauteur de la cinquième vague, à commencer par la gratuité des tests pour tous, des moyens humains et financiers pour l’hôpital public, une campagne de vaccination basé sur la pédagogie et non sur la contrainte, ainsi que des protocoles sanitaires conséquents dans les écoles, les transports et les lieux de travail. Un programme qu’il ne sera possible d’imposer que par nos luttes, par l’auto-organisation des travailleurs, des soignants et de la population.




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