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Politique

Vaccination pour toutes et tous !

5e vague dans le monde. Face à la stratégie criminelle des puissances impérialistes, il faut lever les brevets !

Si à l’approche des fêtes, la cinquième vague est au plus fort en France, la situation internationale est tout autant critique. Face à l’hypocrisie du président de l’OMS qui oppose les doses de rappel et la vaccination de tous à échelle mondiale, il faut revendiquer la levée des brevets, condition sine qua none pour sortir durablement de la pandémie.

jeudi 23 décembre 2021

Crédit Photo : Nelson Almeida / AFP 

Alors que les fêtes approchent à grand pas, on enregistre 56 883 nouveaux cas quotidiens de Covid-19 en moyenne sur cette dernière semaine en France. Un nombre de contaminations inédit a été atteint ce mercredi 22 avec 84 272 nouveaux cas en seulement 24h, soit 28 % de plus que mercredi 15 décembre ; au Royaume-Uni également, un seuil reccord a été atteint avec 106 000 personnes testées positives en 24h.

Un aperçu de cette cinquième vague qui opère de plus en plus franchement, alors que la variant Omicron, lui, continue de s’installer. Et pendant que Macron appelle à « tester pour se rassurer » à l’approche des fêtes, les centres de tests sont surmenés, n’ont plus de place, et les autotests en rupture de stock dans beaucoup de pharmacies.

Deux phénomènes qui ne se cantonnent évidemment pas aux frontières, car si les scientifiques observent une corrélation entre taux d’hospitalisation et non vaccination, cette dynamique est décuplée à l’international, par le manque de vaccins dans énormément de pays. Et l’augmentation de la propagation et de formes graves donne aussi lieu à des mutants. Comme nous le disions le 2 décembre, « Ce n’est pas un hasard si le variant Omicron a été identifié en Afrique du Sud. […] En Afrique du Sud, 42,9% de la population a reçu un vaccin, laissant une marge suffisante pour que le virus circule en masse, ce qui crée un terrain favorable à l’apparition de nouveaux variants. »

Aujourd’hui, seulement 48,3% de la population mondiale est vaccinée totalement, et 57% a reçu une première dose. Dans les pays pauvres, ce sont seulement 8,1 % de la population qui ont reçu au moins une dose. Et en tout, ce sont 5 377 197 personnes qui sont décédées des suites du Covid-19 depuis le début de la crise à l’échelle mondiale.

Mais les pays impérialistes ainsi que les laboratoires pharmaceutiques ont tous leur responsabilité dans ces décès. Comme nous le disions sur Omicron, «  La réalité, c’est que des pays représentant 16% de la population mondiale se sont accaparés 70% de la production de vaccins contre le Covid en 2021. Une répartition plus équitable des doses de vaccins peut paraître plus logique, mais le capitalisme n’est pas un système logique. La santé étant un marché comme un autre, il est dans l’intérêt des laboratoires ayant mis au point des vaccins de les vendre aux plus offrants : ils ont ainsi privilégié les contrats avec les pays en mesure de payer, et ont gagné des millions de dollars. »

Une stratégie criminelle, qui a valu des millions de morts partout à travers le monde. La comparaison Israël/Palestine illustre bien les inégalités face à la vaccination qui ont lieu à l’international : alors qu’Israël envisage une quatrième dose pour les plus de 60 ans et les soignants, comptant un taux de vaccination avec première dose à 70,2 %, complet de 63,5 %, contre 29,2 % de vaccination complète en Palestine et 42,1 % au 6 décembre.

L’OMS protège les profits des laboratoires contre la levée des brevets

« Des programmes de rappel sans discernement ont toutes les chances de prolonger la pandémie, plutôt que d’y mettre fin, en détournant les doses disponibles vers les pays qui ont déjà des taux de vaccination élevés, offrant ainsi au virus plus de possibilités de se répandre et de muter », a déclaré ce mercredi Dr. Tedros, patron de l’Organisation Mondiale de la Santé. Une déclaration des plus hypocrites quand dans le même temps, l’OMS s’oppose à la levée des brevets sur les vaccins pour maintenir les intérêts des grands groupes pharmaceutiques.

De plus, sa déclaration oppose l’administration de la première dose de vaccin dans les pays pauvres et les doses de rappel dans les pays impérialistes. Une position criminelle, quand on sait que les deux questions sont loins d’être incompatibles, et que les doses de rappel sauvent, elles aussi, des vies.

Début 2021, l’OMS, avec le soutien de l’ONU, lançait le dispositif COVAX « pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la COVID-19 », et ainsi permettre « un accès mondial et équitable aux vaccins ». Une alliance entre l’OMS, Gavi, et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) qui avait vocation à incarner une alternative à la levée des brevets alors qu’il y avait urgence à vacciner massivement, en vue de préserver les intérêts des laboratoires. Mi-août, COVAX n’avait expédié que 205 millions de vaccins sur les 2 milliards initialement annoncés. Un chiffre bien en dessous des attentes, illustrant l’hypocrisie de ce mécanisme, qui n’a fait que permettre de signer des accords contractuels entre les laboratoires et les pays pauvres – évidemment, toujours avantageux pour les industries.

La loi de la jungle ne peut répondre à nos besoins : levons les brevets sur les vaccins et exproprions les laboratoires !

Ainsi, les initiatives telles que COVAX sont des politiques permettant aux puissances impérialistes et aux laboratoires de poursuivre leur quête de profits sur le dos de millions de vie, et ne sont en aucun cas une solution face à la pandémie.

Or, nos vies ne peuvent dépendre de quelques entreprises qui sont loin de mettre notre santé au centre de leur préoccupation, alors même qu’elle est entre leurs mains : aujourd’hui plus que jamais, il est nécessaire de revendiquer l’expropriation des laboratoires pharmaceutique sous contrôle des travailleurs, qui sont les plus amèmes de connaître les nécessité de la population. Aujourd’hui, la nécessité est la vaccination massive pour mettre fin à l’épidémie, et donc l’augmentation de sa production.

Dans le même sens, il faut en finir avec la mise en concurrence des grands groupes pharmaceutiques et de leurs vaccins sur le marché, qui n’ont fait que chercher à s’enrichir sur la pandémie en augmentant leurs prix, négociant avec les Etats, pendant que la population mondiale mourrait de l’épidémie. Ainsi, il faut lever les brevets pour permettre à toutes et tous d’accéder au vaccin, partout à travers le monde, sans subir les stratégies impérialistes des uns ou les stratégies commerciales des autres.

La situation est dramatique, les conséquences sont humaines, car la stratégie capitaliste et impérialiste est criminelle. Cette lutte ne peut dépendre des grandes firmes et des Etats, faisant payer le prix fort aux plus précaires : elle ne sera efficiente, une fois de plus, qu’en étant gérée par la population et les travailleurs eux-mêmes.



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