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Jeunesse révolutionnaire

300 jeunes au premier week-end national du Poing Levé pour s’organiser contre Macron et le capitalisme !

Plus de 300 jeunes étaient réunis les 3 et 4 juin pour le premier week-end national du Poing Levé. Des militantes et militants de toute la France se sont retrouvés pour échanger sur les bilans de cinq mois de mobilisation contre Macron et sa réforme des retraites, réfléchir aux enseignements du mouvement et s’engager pour construire une organisation de jeunesse révolutionnaire.

Le Poing Levé

8 juin 2023

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300 jeunes au premier week-end national du Poing Levé pour s'organiser contre Macron et le capitalisme !

Après cinq mois de mobilisation massive contre la réforme des retraites, plus de 300 jeunes étaient réunis les 3 et 4 juin pour le premier week-end national du Poing Levé. Après un mouvement historique, dans lequel des milliers de jeunes sont descendus dans la rue contre Macron et l’avenir de précarité qui leur est proposé, ces deux journées ont été l’occasion d’échanger sur la nécessité de construire une organisation de jeunesse révolutionnaire qui se donne pour tâche de mener la contre-offensive contre Macron et son monde. Des délégations de tout le pays étaient présentes, avec des étudiants et lycéens de région parisienne, de Toulouse, Marseille, Bordeaux, Montpellier, Lille, Lyon, Chambéry, Grenoble, Rouen, Rennes, Metz, Strasbourg, Brest, Laval, Nantes, et avec des jeunes travailleurs de l’industrie, de Veolia, de Total ou du traitement des déchets.

Tout au long du week-end de débats et formations, avec deux pléniers sur les bilans du mouvement et sur la construction d’une organisation révolutionnaire, des topos sur des sujets variés, et un meeting animé par des étudiants et des travailleurs, les jeunes présents ont discuté des enseignements à tirer du mouvement.

Construire un collectif de jeunesse pour lutter aux côtés des travailleurs, et dépasser la stratégie de l’intersyndicale

Le plénier sur les bilans de la mobilisation a été l’occasion de revenir sur la stratégie à adopter pour dépasser l’intersyndicale et les possibilités de la période, avec une colère qui reste forte comme l’expriment les nombreuses grèves pour les salaires à Verbaudet, Tisséo, ou Disneyland,

« Macron n’a jamais été autant isolé et la Vème république non plus. Ce mouvement a radicalisé une partie de la population qui a perdu confiance dans les institutions. La séquence politique reste totalement ouverte ! » introduit Ariane Anemoyannis sur la situation politique. Adrien Cornet, raffineur et délégué syndical CGT rebondit sur les bilans stratégiques de la mobilisation : « Face à la stratégie des grèves perlées, depuis le début, on a dit qu’il fallait construire une grève générale, reconductible et surtout en élargissant les mots d’ordre, notamment sur les salaires. C’est ce message qu’on a porté avec le Réseau pour la grève générale. »

Plusieurs jeunes travailleurs, qui ont participé au Réseau pour la grève générale étaient présents lors du week-end. Tout au long du mouvement, les militants du Poing Levé se sont en effet rendus sur les piquets de grèves, les blocages et les manifestations, pour bloquer le pays aux côtés des travailleurs. C’est ce qu’a expliqué Clément, cheminot au technicentre SNCF de Chatillôn, lors du meeting qui s’est déroulé le samedi soir : « Face au 49-3, on a répondu par la grève sauvage, et sur notre piquet des étudiants du Centre d’Arts de Saint-Charles sont venus nous soutenir, ont réalisé des banderoles, ont fait tourner une caisse de grève. Cette alliance avec des étudiants nous a permis de nous approprier notre grève ».

Pendant que les directions syndicales cherchent à enterrer le mouvement et revenir au dialogue social, les intervenants ont donc insisté sur la nécessite de forger une organisation de jeunesse révolutionnaire qui lutte aux côtés des travailleurs pour renverser Macron. Pour cela, il faut faire en sorte que ce mouvement historique serve d’appui pour les luttes futures, ce qui passe par résister face à la répression.

En ce sens, Erell Bleuenn, militante au Poing Levé Toulouse, rappelle l’offensive du gouvernement contre la jeunesse et insiste sur la nécessité d’y opposer une réponse collective : « On s’est tous fait gazer, matraquer dans les manifestations, maintenant le gouvernement veut nous terroriser, plusieurs d’entre nous ont des procès. Mais la répression n’a pas atteint notre détermination. Il faut qu’on apporte une réponse forte à cette offensive ! » De ce point de vue, la militante toulousaine a invité l’assemblée à participer activement à la campagne contre la répression lancée par Le Poing Levé., qui vise à récolter des témoignages, coordonner les réprimés afin d’organiser leur défense collective, et montrer que la jeunesse ne se laissera pas intimider face à l’Etat et la police de Macron. Un enjeu d’autant plus actuel, alors que la répression s’est accélérée dans la semaine qui a suivi le meeting, sur les militants écologistes et antifascistes notamment.

Contre l’avenir qu’on nous réserve, un collectif pour lutter contre les oppressions et la crise climatique

Par ailleurs, le mouvement contre la réforme des retraites a posé la question du besoin d’une autre société, loin du projet de Macron de nous faire travailler toujours plus longtemps, dans une planète en proie à la sécheresse et au réchauffement climatique. En ce sens, les luttes contre les oppressions et contre la crise climatique ont été présentes dans le week-end du Poing Levé.

L’ensemble des participants s’est ainsi rendu à la Pride des Banlieues le samedi pour rejoindre le cortège anti-impérialiste et révolutionnaire du collectif féministe Du Pain et Des Roses. Plusieurs centaines de personnes étaient présentes pour un cortège de feu ! La journée de dimanche a été l’occasion d’approfondir cette question, avec un topo sur le Marxisme et les questions LGBT. Des formations ont également eu lieu sur la lutte écologiste après Sainte-Soline, portant sur répression du mouvement climat et la stratégie pour y faire face, et sur la lutte contre l’extrême-droite. A cet égard, une délégation du week-end s’est rendue à la manifestation antifasciste dimanche en hommage aux 10 ans de la mort de Clément Méric, tué par des néonazis, et des militants du Poing Levé étaient présents à la commémoration de son décès lundi 5 mai.

Pour mener ces combats, construire une organisation révolutionnaire

Enfin, le week-end s’est clôturé sur un plénier intitulé « Prendre parti pour la révolution : la jeunesse a besoin d’une organisation ! » Philomène Rozan, étudiante à l’université Paris-Cité, ouvre la discussion : « Beaucoup de monde se pose la question de l’engagement. Au Poing Levé, on considère qu’aujourd’hui, on a besoin d’une organisation révolutionnaire. Le régime est dans une crise profonde. Mais il est aussi en train de se doter de nouveaux outils de répression, comme la loi Immigration ou les attaques sur le droit de grève, car il est en train de se préparer à la lutte de classes. Pour faire émerger une direction révolutionnaire dans un mouvement, on a besoin d’un parti révolutionnaire qui se forge dans la lutte des classes et qui fasse peser dans la réalité la stratégie marxiste. » Alberta Nur, militante à Toulouse, poursuit : « On ne veut pas construire un mouvement étudiant qui suit les directions syndicales ou les parlementaires. On veut un mouvement étudiant capable de changer la donne pour résoudre les problèmes de nos mouvements. »

Alors que la situation politique est loin d’être refermée, avec une colère profonde et un gouvernement qui prépare une série d’attaques antisociales et racistes contre la jeunesse et les travailleurs ce premier week-end national du Poing Levé a été une réussite qui pose les bases pour la construction d’une nouvelle tradition révolutionnaire dans le mouvement étudiant.

A cet égard, Ariane étudiante à Paris 1 concluait le meeting par une invitation à s’engager à nos côtés : « je veux vous inviter à militer au Poing Levé et à Révolution Permanente pour non seulement changer de projet de vie, mais participer à changer de projet de société, pour construire un monde véritablement débarrassé de l’exploitation et de l’oppression, une société sans classe et sans Etat, où les travailleurs produisent selon les besoins de la majorité, où les universités sont mises au service de la résolution des grands problèmes de l’humanité, et où l’abondance n’est pas le privilège de quelques uns mais le quotidien de toutes et tous.

Je veux vous inviter à bifurquer ensemble vers le chemin de tous ces jeunes qui avant nous, en 17, en 36 ou dans les années 70, ont fait le choix s’engager car ils avaient compris que la révolution était nécessaire, possible, et souhaitable, mais parce qu’ils avaient aussi compris que dans un monde de misère et de souffrance, militer pour que tout le monde puisse être libre, c’était finalement ça, le début de la liberté. »

Une tâche que nous comptons bien poursuivre pendant l’été, avec des assemblée de Révolution Permanente qui vont se tenir dans tout le pays au mois de juin, avant une université d’été nationale du 23 au 28 août, qui sera l’occasion de discuter avec des étudiants et travailleurs de partout en France mais aussi d’autres pays, afin d’organiser la riposte. Les prochaines années seront mouvementées, à nous de nous engager pour renverser ce système !


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