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Racisme et violences d’Etat

Pas de justice pas de paix

2 morts en 2 jours : la police tue, Macron et Darmanin la couvrent de cadeaux

En deux jours, deux personnes ont été abattues par la police lors de contrôles routiers. Si la police tue et continue de tuer, la multiplication des homicides lors de contrôles de police est le symptôme du renforcement autoritaire et sécuritaire mené par le gouvernement.

jeudi 8 septembre

Crédit photo : AFP

En deux jours, deux personnes ont été abattues par des tirs de police alors qu’elles étaient dans leur véhicule. A Rennes, le 7 septembre, une jeune femme de 22 ans, passagère d’un véhicule est morte après un tir de police. A Nice, ce jeudi 8 septembre, un homme tunisien d’une trentaine d’années est mort après qu’un policier ait tiré à bout portant sur la vitre de son véhicule. Les images qui tournent sur les réseaux sociaux sont sans appel.

Bien sûr, les médias, la presse, les figures politiques de droite et de la macronie se sont empressés de relayer l’argumentaire policier. Ce dernier suit le schéma classique lorsqu’un policier tue : criminalisation à outrance de la victime, invocation de la légitime défense, bref tout pour justifier l’homicide et blanchir le policier mis en cause. Et pour désamorcer un potentiel scandale autour de ces deux morts des mains de la police, politiques et représentants des forces de police ont défilé sur les plateaux TV toute la journée, à l’instar de Frédéric Veaux, directeur général de la police nationale, qui expliquait de façon éhontée sur France Info que « ce n’est jamais la police qui est à l’origine de ce qu’il se passe ».

Depuis le début de l’année 2022, neuf personnes ont été tuées par la police lors d’un contrôle de véhicule. Dans une partie importante des cas, ces homicides touchent des personnes racisées et ont lieu dans des quartiers populaires, comme ce fût le cas le soir de la réélection de Macron où deux jeunes frères noirs étaient abattus dans leur voiture à coups de fusil d’assaut par un policier, ou à Sevran en mars dernier où Jean-Paul était tué dans son véhicule par un tir policier.

Si les exécution policières racistes constituent une longue tradition de l’État français que ce dernier puise dans son passé colonial, selon le média Basta Mag, les homicides policiers justifié par des « refus d’obtempérer » ont été multipliés par cinq depuis 2017. En cause, une législation toujours plus permissive qui élargit le périmètre de « légitime défense » et l’usage des armes à feu par les policiers. Cet élargissement des pouvoirs de police et ces cadeaux aux policiers avaient été mis en place notamment sous le quinquennat Hollande, avec la loi sur la « sécurité publique » qui a confirmé un permis de tuer pour la police.

Cette politique de renforcement des forces de police et de l’élargissement de leurs pouvoirs a continué lors du premier quinquennat Macron avec la loi sécurité globale et se poursuit aujourd’hui. Ce mercredi 7 septembre, Gérald Darmanin, fer de lance des offensives autoritaires et islamophobes, a présenté une nouvelle loi sécuritaire qui prévoit 15 milliards d’euros supplémentaires pour la police, le recrutement de 8500 policiers ainsi que la création de nouvelles unités de forces mobiles.

Dans ce cadre, la police risque bien de continuer à tuer. D’autant plus que le renforcement sécuritaire et policier va est à l’ordre du jour des priorités politiques du gouvernement qui fait face à un contexte de haute instabilité et de potentielles explosions sociales qu’il sera nécessaire de contenir par la force. Dans une récente adresse aux parlementaires macronistes, la première ministre Elisabeth Borne a prévenu ses troupes qu’il faudrait se préparer à « des temps orageux », à « des difficultés » et des « affrontements », et que « des mesures radicales vont être prises ». Tout un programme.

Dans une telle situation, le mouvement ouvrier doit se faire entendre et faire sienne la lutte contre toutes les violences policières. Cela doit commencer par le refus intransigeant des renforcements sécuritaires et policiers, dont les exécutions récentes d’automobilistes sous prétexte de « refus d’obtempérer » en sont l’expression la plus violente et la plus tragique. En outre, il est central que les organisations du mouvement ouvrier prennent à bras le corps cette question et portent un programme contre les violences policières en alliance avec les organisations du mouvement antiraciste et l’ensemble des organisations de la gauche et du mouvement social.



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